Le Rhône, un fleuve puissant mais en proie au réchauffement climatique
Maëva Gardet-Pizzo
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Les nappes souterraines étaient déjà mal en point après la rude sécheresse de 2022, couplée à un épisode caniculaire qui a battu des records. Le fort déficit de pluviométrie subi partout en France n'arrange pas les choses, avec 90 % de précipitations en moins entre le 21 janvier et le 21 février. Et les quelques pluies annoncées mi-mars ne devraient pas suffire à corriger le problème, seulement limiter un peu la casse.
Le réchauffement climatique est là. Palpable. Sols craquelés, gorges et rivières à sec, robinets coupés... Et même les fleuves sont impactés. En témoignent les images d'une Loire qui, par endroits, ressemble désormais davantage à un ruisseau.
Et le Rhône dans tout cela ? Le fleuve le plus puissant de France, qui accueille sur ses rives un quart de la population et des emplois du bassin Rhône-Méditerranée, générant un quart de la production électrique du pays ? Ce fleuve qui traverse la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur d'Avignon à la Camargue, havre de biodiversité, autour de laquelle il dessine un delta ?
Alimenté par la fonte des neiges et glaciers alpins, « il reste un fleuve puissant », assure Marie-Hélène Gravier, cheffe du service eau et électricité à la DREAL. « Le Rhône est un atout pour son bassin versant », bassin dont la surface s'étend sur 98.400 km². De sorte qu'il « reste une ressource de substitution possible pour les affluents et secteurs en tension ». Néanmoins, il subit inévitablement les effets du réchauffement climatique, comme le montre une étude de l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse en partenariat avec la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes.
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« Sur le bassin, la température de l'air a déjà augmenté de 2°C en moyenne par rapport à la période pré-changement climatique », détaille Laurent Roy, directeur général de l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse. Ce qui, toute chose égale par ailleurs, génère un accroissement de l'évapotranspiration (évaporation de l'eau présente sur la terre et dans les plantes) de 23%, impactant le débit du fleuve.
Maëva Gardet-Pizzo