A Marseille, le déplacement du Palais de Justice crispe les problématiques du centre-ville
Rémi Baldy et Laurence Bottero
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... me, c’est toute la problématique de centre-ville de la deuxième ville de France dont il est question, dans un contexte de Plan Marseille en Grand.
Le sujet allait forcément être abordé, le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti a péféré prendre les devants lors de sa visite à Marseille lundi. Avec beaucoup de précaution, il a confirmé que la future cité judiciaire de la Cité phocéenne s'instellerait dans le quartier d'Euromediterranée. Ce projet doit réunir toutes les juridictions dans un même lieu, quand elles sont aujourd'hui pour la plupart éparpillées autour du palais du justice actuel sis en plein centre-ville. Chiffré à 350 millions par l'agence publique pour l'immobilier de la justice (APIJ), ses contours sont encore flous mais il devrait se concrétiser par un immeuble de 40.000 m2.
Une annonce officielle mais sans tambour ni trompette qui a quelque peu irrité une partie du monde économique, dont la Chambre de commerce et d'industrie Aix-Marseille Provence, agacée de ne pas avoir été prévenue de cette annonce estimée "hors-sol" et surtout de l'absence de concertation.
« Nous regrettons d'autant plus cette décision qui ne prend aucunement en considération les conséquences économiques, sociales et symboliques pour notre centre-ville, pour ceux qui y travaillent et pour ceux qui y vivent », estime le chambre consulaire. Avec le barreau de Marseille, qui réunit environ 2.000 avocats, l'UPE13, la CPME13 et l'UMIH13, la CCIAMP milite pour que les activités de justice demeurent en lieu et place. La crainte étant d'assister à un autre déménagement, celui des avocats et des salariés de leurs cabinets, tentée de franchir eux aussi la Canebière et le Vieux-Port pour s'installer dans l'immense quartier d'affaires d'Euromediterranée qui continue sa mutation avec une phase 2 ambitieuse.
Le projet de cité judiciaire étant sur un temps long, l'inauguration est programmée pour 2030 « au mieux », la CCIAMP espère encore empêcher ce déménagement. Et de s'en remettre à Sabrina Agresti-Roubache, secrétaire d'Etat en charge de la Ville mais aussi du Plan Marseille en Grand, le projet de nouvelle cité judiciaire s'inscrivant précisément dans ce Plan d'envergure.
Rémi Baldy et Laurence Bottero