La filière amande renaît en Provence
Maëva Gardet-Pizzo
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« On a cultivé des amandes en Provence jusqu'au début du XXème siècle », rappelle Laure Pierrisnard, directrice générale de la confiserie du Roy René. « Aix-en-Provence en était même la capitale. C'est ici que l'on négociait et définissait le cours mondial de l'amande ». Mais après-guerre, la production décline. Moins de main d'œuvre disponible, moins d'hectares cultivés. Puis un gel de 1956 qui marque les esprits. La culture, les savoir-faire et les outils industriels disparaissent peu à peu au profit de la Californie où une production très intensive se met en place, à moindre coût.
Mais au milieu des années 2010, c'est le sursaut. Les enjeux environnementaux infusent les esprits. Dans les équipes du Roy René, l'idée d'une relocalisation de la production d'amandes surgit à partir de 2014, lorsque l'entreprise est rachetée par Olivier Baussan, fondateur du groupe l'Occitane. « Nous avons fait le constat que l'amande est vraiment au cœur de notre recette de calisson puisqu'elle représente un tiers de sa composition ». Calisson qui pèse lui-même environ 85 % des ventes de la confiserie. Or, « si nous n'achetions pas nos amandes en Californie, ce qui serait contraire au cahier des charges de l'IGP Calisson d'Aix, nous nous approvisionnions en Espagne et nous nous sommes dits qu'il serait bien de rapprocher les cultures de notre site de production ». C'est ainsi qu'un plan de relance se met en branle, soutenu par la Chambre d'agriculture et la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Avec, notamment la création d'une interprofession. Objectif : planter 2.000 hectares d'amandiers en Provence.
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En 2024, la moitié de l'objectif a été atteint, annonce la directrice générale. Et la première récolte, réalisée en 2023, a permis de recueillir 1.000 tonnes d'amandes. De quoi sécuriser les approvisionnements locaux de la confiserie qui se fournit auprès d'une trentaine de producteurs. « Nous nous sommes engagés auprès de deux d'entre eux pour un contrat de trois ans. Et nous avons des discussions pour reproduire cette démarche avec d'autres ».
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