Réforme du droit des sociétés à Monaco : « Craindre l'échec, c'est choisir l'immobilisme »
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LA TRIBUNE - Longtemps attendue, l'adoption du premier volet de la loi sur la modernisation des sociétés et des suivants à venir est une avancée significative. Pour autant, de quoi doit se doter la Principauté de Monaco pour permettre la naissance, le développement et la stabilité d'entreprises innovantes ?
FABRICE MARQUET - C'est absolument une excellente nouvelle et une avancée aussi nécessaire qu'attendue. Elle simplifie concrètement la vie des entrepreneurs, modernise notre droit et envoie un signal très positif à tout l'écosystème. C'est la preuve que les choses avancent dans la bonne direction.
Cette loi pose en quelque sorte les fondations de la maison. Maintenant, la question est : comment construire les murs et le toit pour que les familles, ici les entreprises, puissent y grandir en toute sécurité ? Pour qu'une startup devienne une grande entreprise, elle a besoin de se développer. Et cette croissance, surtout pour les sociétés technologiques, nécessite des investissements importants à différentes étapes de maturité.
C'est là que la prochaine étape se dessine. Pour être véritablement compétitif, il est indispensable de bâtir un écosystème de financement complet. Cela passe par des outils complémentaires comme la simplification des processus d'autorisation pour les investisseurs étrangers, la création d'outils de financement en dette pour compléter les levées de fonds en capital, ou encore à des mécanismes comme les stock-options, qui sont un standard international pour attirer et fidéliser les meilleurs talents. Sans cette chaîne complète, nous prenons le risque, comme on l'a malheureusement déjà vu, de voir nos plus belles pépites être contraintes de se délocaliser pour trouver les ressources nécessaires à leur ambition.
En quoi Monaco est - elle à un tournant de son histoire ? Son modèle économique peut-il en tirer profit ?
Je le pense profondément. Monaco est une réussite fantastique, bâtie sur un modèle économique solide qui a fait ses preuves. Mais aucun succès n'est un acquis définitif. Le tournant n'est pas une critique du passé, mais une prise de conscience des réalités du présent : le monde est devenu hyper-compétitif, les cycles technologiques sont de plus en plus courts et les attentes des nouvelles générations d'entrepreneurs et de talents ont changé. S'appuyer sur nos forces traditionnelles est essentiel, mais ne plus chercher à en développer de nouvelles serait risqué.
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