Des régions françaises plus ou moins attractives aux yeux des investisseurs étrangers

Quelles sont les régions de l'Hexagone qui attirent le plus d'entreprises étrangères ? Selon une étude de l'Insee, tous les territoires ne sont pas logés à la même enseigne en matière d'attractivité, et surtout, de création d'emplois. A Lyon, un emploi sur trois dans l'industrie dépend ainsi d'un groupe étranger. Au niveau national, 13% des emplois salariés dépendent de ces investissements, selon ces données relevées avant la pandémie et le Brexit.

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Dans le Sud de la France et les départements ultra-marins, traditionnellement plus tournés vers les services et le commerce, il y a moins de firmes étrangères.
Dans le Sud de la France et les départements ultra-marins, traditionnellement plus tournés vers les services et le commerce, il y a moins de firmes étrangères. (Crédits : Reuters)

C'est un indicateur que regarde avec attention le gouvernement : la capacité de la France à attirer les investisseurs étrangers. Depuis son arrivée à l'Elysée, c'est aussi un cheval de bataille d'Emmanuel Macron. Le président a cherché à intensifier la présence de groupes internationaux dans l'Hexagone : par des réformes - sur la fiscalité, le code du travail - ou encore des événements, le plus emblématique étant l'organisation, chaque année, du sommet "Choose France" dont l'objectif est de redorer l'image de la France aux yeux des étrangers.

Et pour cause, la présence internationale sur le sol français est loin d'être négligeable. En 2018, dans l'Hexagone, 13% des emplois salariés dépendaient des firmes étrangères, selon l'Insee qui a publié deux études ce mercredi 20 octobre.

Ces emplois se concentrent principalement dans l'industrie et le commerce. Ce sont surtout des multinationales américaines et britanniques ou encore allemandes qui choisissent la France pour s'implanter. A eux seuls, ces trois pays concentrent la moitié des effectifs des multinationales étrangères dans le pays. La Chine, elle, contrôle 20.000 emplois en 2018, et se place comme le premier des pays émergents présent dans l'Hexagone.

A Lyon, un emploi sur trois dépend d'une entreprise étrangère

Reste que les différences territoriales sont importantes. Sans surprise, c'est surtout dans les grandes métropoles que les groupes étrangers sont les plus présents.

Ainsi, Paris et Lyon rassemblent à elles seules un quart de l'emploi contrôlé en France par des multinationales internationales.

Dans la région parisienne, certaines zones d'emploi sont d'ailleurs, particulièrement dépendantes de ces entreprises, note l'Insee. C'est le cas par exemple de Sens, Bernay, Pithiviers ou Creil...

A Lyon, un emploi sur trois dans l'industrie dépend d'un groupe étranger, essentiellement dans l'automobile, la chimie et la fabrication de machines et équipements.

En dehors des métropoles, le Nord-Est, terre traditionnellement industrielle est la première région à accueillir ces investisseurs. Ils se concentrent le long des frontières belge, luxembourgeoise, et allemande. Ils viennent surtout chercher la qualification des travailleurs, et l'accès au marché et aux infrastructures nationaux. Dunkerque, Valenciennes vivent grâce aux industriels comme ArcelorMittal, ou Toyota.

En revanche, dans le Sud de la France et les départements ultra-marins, traditionnellement plus tournés vers les services et le commerce, il y a moins de firmes étrangères.

La zone de Toulouse tire bien son épingle du jeu : 36.000 emplois dépendent d'entreprises étrangères. A Marseille, c'est 25.000 et Bordeaux, 24.000.

La présence française à l'étranger, avant le Covid et le Brexit

Enfin, il est intéressant également de noter que, réciproquement, près de 7 millions de salariés travaillaient, avant la crise, dans des firmes françaises implantées en dehors du territoire national. Il s'agit surtout des grands groupes tricolores. Ils comptent au total 48.200 filiales hors de l'Hexagone.

Les pays où la présence économique de la France est la plus marquée sont les mêmes que ceux dont nous accueillons le plus les filiales : les Etats-Unis, le Royaume Uni, ou en Allemagne.

Comme souvent avec les publications Insee, on peut regretter les décalages temporels. Ces données ont été compilées avant la crise sanitaire et avant le Brexit. Deux évènements susceptibles de rebattre les cartes.

Reste que selon un sondage Ipsos/ Business France mené en septembre dernier, l'Hexagone reste doté d'atouts pour les investisseurs étrangers.

Si la France n'a pas encore retrouvé son attractivité d'avant-crise, elle est en bonne voie pour le faire. En effet, les mesures prises pour faire face à la crise - économique notamment- sont saluées par les responsables d'entreprises internationales. Et les projets d'investissements sur le sol français repartent à la hausse.

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