Investissements étrangers : l'attractivité de la France écornée par la pandémie

Le nombre de projets d'investissements étrangers en France a chuté de 17% entre 2019 et 2020 pour passer de 1.468 à 1.215 selon les derniers chiffres de l'agence Business France. Le total des emplois ainsi créés ou maintenus (43.567) est en baisse de 13% par rapport à 2019, mais supérieur de 14% à 2018, ce qui classe 2020 au deuxième rang des meilleures années « depuis dix ans ».
Grégoire Normand

4 mn

(Crédits : Reuters)

L'onde de choc provoquée par l'épidémie continue de se propager. Selon le dernier bilan dévoilé par Business France ce jeudi 25 mars, les projets d'investissements étrangers en France ont chuté de 17% entre 2019 et 2020. L'agence a ainsi recensé 1.215 projets contre 1.468 l'année précédente. A ces chiffres déjà connus s'ajoutent notamment le détail des emplois crées et les pays d'origine. Si le ministre de l'Economie Bruno Le Maire et le ministre en charge du commerce extérieur Franck Riester assurent en préambule du rapport que « ces résultats illustrent la solidité du site France, qui a su rester un choix gagnant pour les entreprises étrangères, en résistant mieux que la plupart de ses partenaires, en Europe et dans le monde », l'économie française demeure lourdement pénalisée par cette terrible année 2020. En effet, la fermeture des frontières, les limitations de déplacement, la saturation des services de santé et le bilan humain catastrophique ont fait plonger les chefs d'entreprise dans un épais brouillard. En outre, la campagne de vaccination souvent jugée laborieuse et l'épuisement psychologique de la population après une année de confinements et restrictions à répétition repoussent sans cesse les espoirs d'une reprise solide des moteurs de l'économie.

La propagation du virus sur l'ensemble de la planète a affecté la plupart des économies à l'échelle du globe. Beaucoup de firmes et multinationales à l'étranger ont décidé d'annuler ou reporter des investissements sur le sol tricolore en espérant des jours meilleurs. Dans le même temps, cette pandémie a nettement fragilisé des entreprises ouvrant l'appétit à des géants mondiaux. La direction générale des entreprises à Bercy a précisé lors de différents points presse récents qu'elle avait augmenté sa vigilance sur les intentions de ces firmes.

Un plongeon de tous les projets d'investissements

Les données de Business France dressent un tableau sombre des projets d'investissements en France. En effet, tous les types de décisions sont en berne par rapport en 2019. Ceux concernant des projets de reprise-extension plongent de 53%. Viennent ensuite les rachats-extension (-19%), les créations (-17%) et les extensions (-17%). « La part des implantations de nouveaux sites en France se maintient à 52% de l'ensemble des investissements, soit 637 décisions. Les extensions représentant 41% de l'ensemble des investissements » indiquent les auteurs du rapport.

Emploi : -13% par rapport à 2019

Sur le front de l'emploi, le bilan illustre clairement l'impact néfaste de la pandémie sur la population active. Business France a ainsi enregistré une chute de 13% des créations d'emplois entre 2019 et 2020 (39.500 contre 34.500). La chute des opportunités d'emplois relatifs à des projets de création est particulièrement spectaculaire (-24% ; 15.300 en 2019 contre 11.700 en 2020).  Si des grands acteurs comme Siemens ont fait des annonces importantes en termes de créations d'emplois (850 notamment dans la mobilité électrique), la liste des plans sociaux et des coupes dans les effectifs ne cesse de s'allonger depuis plus d'un an.

> Lire aussiUn an de crise : le marché du travail submergé par les vagues d'épidémie

L'Union européenne et les Etats-Unis font la course en tête

Les pays de l'Union européenne restent en majorité une grande source d'investissements pour la France selon Business France. Ils sont suivis par la puissance américaine. Dans le détail, les entreprises allemandes représentent 16,5% du total. Viennent ensuite les firmes britanniques (10%), italiennes (8%), néerlandaises (7%) et belges (4%) et espagnoles (4%). Quant aux Etats-Unis, ils représentent 17% sur l'ensemble des décisions enregistrées.

L'entrée en vigueur du Brexit depuis le premier janvier dernier et le prolongement de la crise sanitaire pourraient cependant rebattre les cartes de ce classement. En effet, le renforcement des mesures de contrôle portant sur les échanges entre les pays de l'Union européenne et le Royaume-Uni pourrait avoir des répercussions sur les stratégies des entreprises britanniques. Même si un accord entre les parties prenantes a été signé la veille de Noël 2020 après d'âpres et longues négociations, beaucoup de sociétés doivent faire face à de profondes incertitudes.

Du côté des Etats-Unis, l'arrivée officielle de Joe Biden à la Maison Blanche a marqué une rupture dans les relations transatlantiques et diplomatiques avec son prédécesseur Donald Trump. Le chef d'Etat démocrate a à plusieurs reprises signifié sa volonté de renouer les relations des deux côtés de l'Atlantique. Beaucoup d'économistes et observateurs ont cependant rappelé que la doctrine du président Biden en matière de commerce extérieur et d'échanges n'allait pas fondamentalement changé du jour au lendemain.

Grégoire Normand

4 mn

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Commentaires 11
à écrit le 26/03/2021 à 8:56
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Sans comparaison avec les autres pays du monde cela manque de précision mais peut-être l'avez vous fait.

à écrit le 26/03/2021 à 2:58
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Resultats calamiteux entierement dus aux manquements du freluquet de l'elisier. En 22, votez mieux.

à écrit le 25/03/2021 à 23:08
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Toujours à parler du Brexit : ils ont des assez bons résultats mais vous allez voir cela va changer !

à écrit le 25/03/2021 à 16:59
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baisse de 17% des projets en France, contre -39% en Europe de l'Ouest (-33% dans le monde). bien joué. hausse de 40% de l'investissement dans le secteur Médicaments/Biotechnologie/Equipements médicaux. sympa.

le 25/03/2021 à 18:23
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Ben en voilà des info encourageantes...Preuve que le verre n'est pas tjrs à moitié vide !!

le 25/03/2021 à 18:43
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Merci pour cette précision.

le 25/03/2021 à 18:43
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Merci pour cette précision.

le 26/03/2021 à 3:01
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@ Fred06. Si vous saviez ce qui se dit sur la France dans le milieu des affaires a l'international et plus precisement ici en Coree du Sud, vous changeriez d'opinion.

à écrit le 25/03/2021 à 16:51
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encore une fois la COVID a bon dos.SI LES ETRANGERS ne veulent plus venir en France c'est bien a cause des tracasseries administratives des charges et le fait que l'etat veut se mêler de tout !!!!!! exemple carrefour , les chantiers de st Nazaire...

le 25/03/2021 à 18:20
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La France fait beaucoup mieux que nos voisins.

à écrit le 25/03/2021 à 16:51
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Encore et encore un article de plus pour nous expliquer que l'économie française a été fortement sinistrée "par cette terrible année 2020", qui du reste, ne fut pas si terrible en Asie, à en croire les résultats économiques de ces territoires. Avec ...

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