Pôles de compétitivité : trop frileux, trop chers et pas assez efficaces ?

Propos recueillis par Paul Périé
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Professeur de sciences économiques à Sciences Po Toulouse et directeur du Lereps (Laboratoire d'étude et de recherche sur l'économie, les politiques et les systèmes sociaux), Jérôme Vicente a publié en 2016 Économie des clusters*. L'ouvrage revient sur la naissance du concept de clusters, leurs mécanismes de création, leur dynamique de croissance et leur essor depuis les années 2000. Alors qu'une politique de réforme des pôles de compétitivités est souhaitée par le gouvernement et que la Cour de comptes a rendu un rapport sur le sujet, Jérôme Vicente évoque la politique française en la matière et des pistes possibles d'évolution.
Les clusters sont en quelque sorte l'évolution du concept de districts analysé par l'économiste Alfred Marshall à la fin du XIXe siècle. Mais c'est à la fin des années 1970, avec la crise du fordisme, que renaît cette idée de rassembler des organisations de différentes natures dans un secteur précis pour favoriser l'innovation et la croissance. La Silicon Valley est-elle l'exemple même de la réussite d'une politique de cluster ?
La Silicon Valley n'est en rien le résultat d'une politique, mais il est vrai que c'est pour tous les décideurs publics, en Europe notamment, l'exemple même de la logique qui doit être mise en place pour la réussite d'une politique de cluster. Elle s'est construite autour de la technologie des semi-conducteurs dès les années 1960. Une fois que cette technologie a été mature et que l'Asie a réussi à produire moins cher, la Silicon Valley a fait évoluer son modèle et a développé l'ordinateur. Cela a ensuite été le web et, aujourd'hui, les entreprises de la Silicon Valley se tournent vers les greentechs. Mais tout découle des compétences initiales dans les semi-conducteurs. Comprendre cette dynamique de renouveau permanent sans que pour autant l'existant ne disparaisse, mais au contraire en constitue le socle, est un préalable important pour mieux construire nos politiques d'innovation.
Propos recueillis par Paul Périé
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