LA TRIBUNE - Predict Services accompagne depuis presque vingt ans les collectivités territoriales dans l'anticipation et la gestion du risque météorologique. Combien d'entre elles ?
Alix ROUMAGNAC, président de Predict Services - Nous accompagnons 20 000 collectivités, la plupart via des compagnies d'assurances. Et la loi Matras exige que d'ici 2027, les intercommunalités aient, elles aussi, un plan intercommunal de sauvegarde, comme les communes.
Vous venez de publier, pour la première fois, le baromètre des risques climatiques en France et dans le monde, en 2024. Pourquoi ?
Nous le faisons en interne depuis toujours et nous avons décidé de le publier cette année. Avec le recul, cela permet de voir les évolutions, et dans le contexte actuel, faire passer des éléments factuels apporte de la connaissance sur le sujet climatique. En 2024 par exemple, de manière insidieuse, on a entendu qu'il y avait eu beaucoup de pluie, mais l'alternance d'années sèches et d'années humides ne remet pas en cause le dérèglement climatique.
Que faut-il retenir des grandes tendances des événements à risque en France ?
En 2024, contrairement à 2023 et 2022 où on ne parlait que de canicule et de nappes phréatiques basses, on a basculé dans l'autre extrême : elle est devenue l'année la plus
pluvieuse des trente dernières années, selon Météo-France, avec des records de pluviométrie et des inondations un peu partout dans l'Hexagone. On peut évoquer l'ex-ouragan Kirk, des pluies exceptionnelles sur les Cévennes et la vallée du Rhône, ou un épisode méditerranéen dans le Var. Même si la Méditerranée est toujours concernée par la sécheresse. Cela s'est traduit par des excédents significatifs dans le nord et l'est de la France, mais aussi des déficits dans le Roussillon et la Corse. Et bien sûr, en Outre-mer, on retient le passage dévastateur du cyclone Chido à Mayotte [décembre 2024 et janvier 2025, NDLR].