Hausse des températures, notamment océaniques, multiplication des événements climatiques extrêmes et flambée des coûts associés…face aux nouveaux records battus en 2024, aucune des COP n’a apporté de réponse.C'est un chiffre à forte valeur symbolique : adopté à l'issue de la COP21 de 2015, l'accord de Paris ambitionne de limiter la hausse des températures si possible à +1,5 °C, et, dans tous les cas, « nettement en dessous de +2 °C » par rapport à l'ère pré-industrielle. Or, d'après l'Organisation météorologique mondiale (OMM), sur les neuf premiers mois de l'année 2024, cette hausse s'établit à +1,54 °C au niveau mondial. Les experts soulignent cependant que le fait que le réchauffement dépasse 1,5 °C pendant une ou plusieurs années individuelles ne signifie pas nécessairement que la limite de long terme de +1,5 °C soit hors d'atteinte.
Il n'empêche : la tendance n'est pas à l'enrayement du réchauffement climatique. Comme l'a montré le rapport annuel du Global Carbon Project, les émissions mondiales continuent de progresser. Elles affichent une hausse de +2 °C entre 2023 et 2024, alors qu'une baisse annuelle de -3,9 % serait nécessaire pour atteindre la neutralité carbone en 2050. En cause, essentiellement, les énergies fossiles et la dégradation des puits de carbone naturels et de leur capacité d'absorption. En conséquence, 2024 sera, à n'en pas douter, l'année la plus chaude jamais enregistrée, battant les records enregistrés lors des années précédentes.
Demande record de charbon
Pourtant, les énergies renouvelables volent de record en record. Les nouvelles capacités solaires installées dans le monde ont connu une hausse de 29 % en 2024, après un pic de +87 % l'année précédente. Mais cette performance ne suffit pas à compenser l'emballement de la demande énergétique, qui se traduit par une hausse encore plus importante de la demande en énergies fossiles. Non seulement en gaz naturel, mais aussi, cette année, en charbon, comme l'a révélé le dernier rapport de l'Agence internationale de l'énergie. Quoique particulièrement volatiles et sujettes aux soubresauts géopolitiques, ces énergies fossiles, actuellement bon marché, sont particulièrement prisées de certaines économies émergentes telles que l'Inde.