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ÉconomieUnion européenne

Mobiliser les fonds structurels européens pour la croissance? Evident mais difficile

Romain Renier, à Bruxelles

Publié le 18 mars 2013 à 10:28

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La montée en gamme de la production des pays du sud de la zone euro est le nouveau cheval de bataille du commissaire européen au Commerce extérieur Karel de Gucht. Mais pour cela, il faut investir dans la recherche et développement. Or les capitaux sont difficiles à trouver dans ces pays. La solution passerait par l'utilisation des fonds structurels européens. Mais la partie n'est pas encore gagnée.

« Le commerce extérieur est la solution pour faire face à la crise à laquelle nous sommes confrontés. Il faut donc le faciliter », résume Karel de Gucht, en charge du portefeuille du Commerce extérieur à la Commission européenne. Pour cela, il brandit les accords de libre-échange, censés simplifier les relations commerciales avec six de nos partenaires les plus importants. Selon lui, le commerce avec les pays tiers contribue à hauteur de 0,6 point du Produit intérieur brut (PIB) de l'Union européenne.

Etre compétitif

Mais, pour profiter de ces accords, il faut échanger, et donc être compétitif. Sur ce critère, « il y a d'importantes différences entre les pays dans l'Union européenne », concède le commissaire européen. Pour lui, ces pays moins compétitifs, en déficit commercial tant avec les pays tiers qu'avec ceux de l'Union européenne, ont un problème de compétitivité « structurel ».

La réduction du coût du travail n'est pas la panacée

Selon Karel de Gucht, gagner en compétitivité passe notamment par la réduction du coût du travail. Mais pas uniquement. « La réduction du coût du travail a été très forte, explique le commissaire en prenant les exemples de la Grèce et du Portugal, mais ce n'est pas une solution de long terme. Il faut se poser la question de ce que l'on produit, de la valeur ajoutée. Sans valeur ajoutée pour les produits fabriqués, il faudra réduire encore et encore les salaires, car il est impossible de se battre contre les concurrents compétitifs dans les secteurs à faible valeur ajoutée. »

Le problème est que les entreprises des pays européens concernés ne sont pas en mesure de financer ou de subventionner des programmes de recherche et développement (R&D) nécessaires pour opérer une montée en gamme de leur production. Pas plus que les entreprises elles mêmes, car les banques et les investisseurs sont peu enclins à y prendre des risques, malgré les taux bas pratiqués par la Banque centrale européenne (BCE) et son programme de rachat d'actifs visant à faire reprendre aux investisseurs le goût du risque. Karel de Gucht le concède : « Pour moderniser une économie, il faut des capitaux. »

Les fonds structurels doivent servir à financer l'investissement

Le commissaire, et il n'est pas le seul à penser ainsi à Bruxelles souhaite que les fonds structurels européens soient mobilisés en passant par les Etats. De ce point de vue, le message a été entendu. Vendredi, le Conseil européen a validé cette option. Environ 16 milliards d'euros ont été directement alloués pour la croissance et l'emploi. « Plus de (...) 55.000 PME doivent profiter de ces fonds, mais le travail est toujours en cours », a toutefois tempéré José Manuel Barroso lors de son allocution de vendredi à la sortie du sommet européen. Et pour cause. Car si l'argent est là, encore faut-il qu'il soit effectivement distribué.

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Depuis la mise en place de ces fonds, seuls 40% ont trouvé preneurs « à cause des critères d'octroi trop sévères », expliquait, lors d'une visite à Paris il y a quinze jours, Maros Sefcovic, commissaire aux Relations interinstitutionnelles, également en charge de questions budgétaires. Et ces fonds doivent être utilisés avant 2015, faute de quoi, ils retourneront aux Etats membres financeurs.

Les critères d'octroi des crédits ne sont pas prêts d'être assouplis

Et c'est là que là bât blesse. Car les pays financeurs sont ceux là même qui se méfient de la Grèce, du Portugal et des pays du sud de la zone euro en général. Et les critères d'octroi des crédits ne sont pas prêts d'être assouplis. « Lorsque l'on regarde ce qui a été fait avec cet argent par le passé par les Etats membres qui en ont profité. Il a été gâché », s'agace Karel de Gucht dont les propos reflètent les inquiétudes de l'Allemagne et des principaux financeurs des fonds structurels du nord de l'Europe.

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Une inquiétude qu'avait déjà relayée Maros Sefcovic, lui même favorable à l'octroi des fonds structurels pour financer cette nouvelle politique de croissance souhaitée par Bruxelles. Les idées sont là, mais l'application concrète, elle, se fait toujours attendre.

Romain Renier, à Bruxelles

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