60% des chefs d'entreprise ne se sentent pas assez écoutés par les maires

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(Crédits : Reuters/Stephane Mahe)
Interrogés au mois de mai par OpinionWay pour CCI France/La Tribune/LCI dans le cadre de "La Grande consultation", 43% des chefs d'entreprise estiment que leur parole n'est pas du tout entendue par le maire de la commune où leur entreprise est implantée et 16% affirment que leur parole n'est pas suffisamment entendue.

Selon le dernier baromètre réalisé par OpinionWay pour La Tribune, LCI et CCI France, 59% des chefs d'entreprise interrogés estiment que leur parole n'est pas suffisamment entendue par le maire de la commune où leur entreprise est implantée.

Dans le détail, 43% indiquent que leur parole n'est pas du tout entendue et 16% affirment qu'elle n'est pas suffisamment entendue. À l'opposé, 39% déclarent qu'ils sont suffisamment écoutés par les édiles. La crise des gilets jaunes a récemment remis au centre du débat la question des territoires et le rôle des entreprises de proximité dans la vie économique locale.  À l'approche des élections municipales et à l'occasion du salon des maires, le président de CCI France, Pierre Goguet déclare à La Tribune :

"Ces résultats montrent que les chefs d'entreprise ont envie de faire entendre leur voix sur les problématiques territoriales mais aussi sur les enjeux sociétaux comme on a pu le voir pendant le Grand débat ou pendant le Pacte productif [...] Au moment des élections municipales, on voit bien qu'il y a une fracture entre ceux qui prennent des décisions et ceux qui créent de la richesse [...] Il y a une vraie volonté des chefs d'entreprise de se reconnecter aux problématiques territoriales".

71% des chefs d'entreprise ne souhaitent pas s'engager

Les résultats du baromètre mettent en lumière les relations complexes entre les communes et les directions d'entreprises locales. Ainsi, si une majorité des chefs ne se sentent pas écoutés, 71% d'entre eux ne souhaitent pas s'engager davantage dans la vie de la commune ou leur établissement est implanté. "Toute la difficulté est de multiplier les points de contact entre les élus et les chefs d'entreprise et que ces derniers puissent garder une certaine distance" ajoute le président du réseau consulaire.

Derrière cette moyenne, des disparités subsistent selon les secteurs et la taille des entreprises. Dans l'industrie, 85% ne veulent pas s'engager dans la vie communale. Ils sont 78% dans la construction, 74% dans le commerce et 67% dans les services à exprimer ce type d'opinion. Leur renoncement est également plus prononcé dans les entreprises de plus 10 salariés (76%) que dans les firmes ayant entre 0 et 9 salariés (71%). En revanche, 29% des entrepreneurs souhaitent davantage s'investir dans la vie communale.

3 chefs d'entreprise sur 10 veulent s'impliquer dans une organisation représentative

Interrogés sur les différentes formes d'engagement envisagées, 28% déclarent qu'ils veulent participer à la vie d'une organisation représentative comme une association de commerçants, une chambre consulaire ou une organisation professionnelle. À l'inverse 72% des personnes interrogées affirment tout de même qu'ils ne veulent pas participer à ce type d'initiative.

Un quart des répondants déclarent vouloir faire évoluer les pratiques de leur entreprise pour les connecter aux problématiques du territoire. Concernant la vie démocratique locale, 18% déclarent vouloir assister plus régulièrement au conseil municipal ou au conseil communautaire. Enfin, seulement 7% ont répondu vouloir être candidat sur une liste aux élections municipales de la commune où leur société est basée.

Le tissu économique local, principal déterminant du développement économique

Le choix d'implantation d'une entreprise dépend d'un certain nombre de facteurs pour les dirigeants. Parmi les déterminants testés par l'organisme de sondage, le tissu économique local arrive en première position pour 33% des répondants. Viennent ensuite l'image du territoire (21%,) la fiscalité (18%) ou les services à la personne (17%). À l'inverse, l'offre immobilière (7%), la gouvernance locale (9%) et les compétences disponibles sur le territoire (10%) demeurent moins prépondérantes d'après les résultats collectés par OpinionWay. "Les tensions sur l'emploi concernent tous les secteurs actuellement alors qu'avant, seulement certains secteurs comme l'hôtellerie-restauration étaient concernés. C'est une nouveauté" précise Pierre Goguet.

L'entreprise contribue au maintien des relations sociales pour la moitié des entrepreneurs

Le maintien des relations sociales de proximité est un apport majeur des entreprises à la vie du territoire pour 53% des personnes interrogées. Ce point de vue est particulièrement prononcé pour les commerçants (56%) et les patrons dans les services (56%). Ils sont moins nombreux en proportion à partager cet avis dans l'industrie (18%) et la construction (37%).

8% des patrons interrogés pensent que leur entreprise participe au renforcement de l'attractivité du territoire. 17% déclarent que leur établissement crée de la valeur et de la croissance au niveau local. En revanche, ils ne sont que 4% à indiquer que leur entreprise contribue à la montée en compétences des salariés et 5% déclarent que leur société participe au financement de projets sur le territoire.

L'optimisme des chefs d'entreprise se redresse

Le moral des patrons sur la conjoncture connaît une embellie. L'indicateur qui prend en compte les questions de confiance à l'égard de l'évolution de l'économie et d'appréciation de la situation actuelle a bondi de 18 points entre octobre et novembre passant de 90 à 108. Après avoir connu un point haut en mai dernier à 117, l'optimisme des chefs d'entreprise avait plongé au coeur de l'été avant de se redresser en fin d'année. 54% des patrons interrogés dans le cadre de ce baromètre se déclarent confiants. C'est 14 points de plus que lors de la précédente enquête menée au mois d'octobre. 35% se montrent optimistes (+6 points par rapport à octobre) et 23% se disent inquiets (-9 points).

Concernant les perspectives pour les 12 prochains mois, 77% (+2 points) des dirigeants affirment être confiants pour leur entreprise. Concernant les projections pour l'économie française, ils sont 44% (+9 points) à être optimistes. Enfin, 40% des entrepreneurs interrogés sont confiants pour l'économie mondiale alors qu'ils étaient seulement 26% à être dans cet état d'esprit en octobre dernier.

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DOCUMENT DE RÉFÉRENCE

La Grande consultation des entrepreneurs (vague 45, nov. 2019) - SONDAGE OpinionWay pour CCI France, La Tribune, LCI

COUV Sondage nov.2019 Gde consult entrepreneurs-v45-OpinionWay-pour CCIFrance-LaTribune-LCI

[Cliquez sur la couverture pour ouvrir le document PDF de 28 pages]

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(*) Méthode : étude réalisée auprès d'un échantillon de 606 dirigeants d'entreprise. L'échantillon a été interrogé par téléphone. Les interviews ont été réalisées du mercredi 6 au mercredi 13 novembre 2019. La représentativité de l'échantillon a été assurée par un redressement selon le secteur d'activité et la taille, après stratification par région d'implantation.

PARTICIPER. Vous désirez exprimer votre avis, émettre une idée sur les questions économiques ? Rejoignez la grande communauté des entrepreneurs en participant à la plateforme d'échanges et de débats: www.grandeconsultation.fr

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Commentaires
a écrit le 22/11/2019 à 9:24 :
Les maires prennent trop de droit ils ont trop de pouvoir il peuvent taxée avec les communautés de communes des qu'ils font des routes des ravalement de façade dans le chef lieu canton ils font payer surtous les entreprises.
a écrit le 21/11/2019 à 21:47 :
Après tout ce que nous percevant dans les médias, nous ressentons un "maire bashing" qui veut nous enlever le peu de démocratie que nous avons droit!
a écrit le 21/11/2019 à 11:45 :
80% des employés ne se sentent pas du tout entendu par leur patron.
Sondage ma-boulangere.(étude réalisée auprès d'un échantillon de 65 clients. L'échantillon en a causé au bar des sports.)
Il y a vraiment des sondages qui prennent les gens pour des #geonpi pour parler comme Roux De Besieux.
a écrit le 21/11/2019 à 9:05 :
"71% d'entre eux ne souhaitent pas s'engager davantage dans la vie de la commune ou leur établissement est implanté"

Encore un choix subjectif de titre et de la sémantique engendrée puisque l'on ne voit pas pourquoi les patrons seraient écoutés par les maires s'ils n'ont rien à faire de leurs communes hein...
a écrit le 21/11/2019 à 8:11 :
Le développement d'une entreprise se fait à l'encontre de la sphère publique. Il peut évidemment y avoir de bonnes raisons (régulations, permis divers y compris parmi de construire, différentes législations, organisation du territoire..), mais il y a un moment où tout cela représente une somme de contraintes trop forte. Ensuite, rajoutons tout ce qui est fait pour "aider" les entreprises, mais qui représente une nuée de mouches du coches dont l'intérêt n'est pas assez fort pour compenser la perte d'énergie. Pour faire simple, "donne-moi ton argent pour que je puisse t'aider" n'est pas crédible..
a écrit le 21/11/2019 à 2:10 :
Si le Maire est Fonctionnaire ou assimilé, dans presque tous les cas,
il est incapable ni de connaitre ni de comprendre l'Entreprise.
Réponse de le 21/11/2019 à 17:09 :
faux les professionnels ont leurs instances représentatives qui sont en relations régulières avec la mairie et quelque soit le bord politique elles arrivent toujours par se faire entendre … pour une raison entre autres elles financent , sponsorisent des manifestations culturelles, sportives etc...
a écrit le 20/11/2019 à 19:44 :
le maire ecoute le bon pognon ultraneoccapitaliste de droite qui rentre
le reste ne l'interesse pas
ah, si, ca l'interesse quand y a plus d'ultra neo capitaliste sur sa commune, pour remplir les caisses et donner du boulot aux gens
bon, en general c'est trop tard, alors les maires d'ultra neo gauche expliquent que l'etat doit prendre ses responsabilites et faire revenir les boites chassees au meme titre que la poste, la pharmacie, le toubib pour quil puisse se faire agresser, et le supermarche pour que les gens de gauche puissent y voler decemment, avec morale et bienveillance
a écrit le 20/11/2019 à 17:31 :
Que mettent les chefs d'entreprise derrière le terme "être entendus"?

En plus les 3/4 des chefs d'entreprises indiquent ne pas vouloir s'impliquer dans la vie locale. Dans ces conditions, ils ne faut pas qu'ils s'étonnent d'être transparents.

Les maires sont élus par les citoyens et non pas par le MEDEF, et même sans être anti-business, leur priorité n'est pas le bien être des patrons.

Si les entreprises ne se manifestent que pour demander, qui un aménagement routier, qui des parkings, qui des dérogations, qui des subventions, il est clair qu'ils ne seront pas les bienvenus.
a écrit le 20/11/2019 à 16:53 :
C'est sûr qu'un "boulanger" qui fait du pain comme sur la photo...je ne l'écoute pas. Autant aller acheter du pain chez "Carrouf"!
a écrit le 20/11/2019 à 16:04 :
J'ai comme l'impression que l'on veut faire du "maire bashing" faute de les avoir convaincue de se soumettre au dogme de Bruxelles que veut leur imposer la macronie!
a écrit le 20/11/2019 à 12:55 :
Et pourtant ils ont quantités de subventions par le transfert de la richesse collective vers la richesse individuelle ou d'entreprises privées.

"L'entreprise contribue au maintien des relations sociales pour la moitié des entrepreneurs"

C'est pourquoi il n'y a plus de relations sociales autre que la violence j'imagine?! comme hier soir dans cash investigation, le fric de nos impôts vous sponsorisent (les entreprises) donc c'est quoi l'idée, que le maire deviennent vos clients? qu'ils financent des subventions que l'on donne aux associations caritatives!


"3 chefs d'entreprise sur 10 veulent s'impliquer dans une organisation représentative"

personne n'a jamais empêcher la chose, donc dire est question d'action, et pourtant quand on sait les lobbys qu'il y a dans les chambres représentatives, il ne me semble pas qu'il y ait un chômeur ou un employé député?! non, pourtant ce sont des citoyens qui représentent 70 a 80% des gens, donc les mots doivent avoir un lien avec le réel, c'est mieux !

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