À Bercy, dernier coup de rabot avant la sortie

Nicolas Prissette
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Bruno Le Maire sur l’héliport de Bercy le 30 mai 2017, quelques jours après sa nomination.
© LTD / JOEL SAGET / AFP

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Il veut quitter Bercy en laissant la maison rangée — quoiqu'en déficit persistant. Après un bail de sept ans (le plus long de la Ve République à ce poste), Bruno Le Maire anticipe son état des lieux de sortie, prenant d'ultimes décisions pour redresser les comptes du pays. Dans une lettre adressée jeudi à ses collègues du gouvernement, le ministre de l'Économie leur a signifié le gel de 5 milliards d'euros de dépenses ministérielles, auquel s'ajoute une coupe de 2 milliards dans les crédits aux collectivités locales. Et il a préparé une taxation des profits des entreprises de l'énergie de 3 milliards d'euros — qui nécessitera, elle, un vote au Parlement.
Une opération de nettoyage in extremis destinée à réduire le déficit à 5,1 % du PIB cette année, après le trou inattendu de 5,5 % l'an dernier. Cet effort estival s'ajoute à la suppression de 10 milliards de crédits actée en février et au relèvement de la taxe sur l'électricité (pour 5 milliards d'euros) à la même période. Du jamais-vu en plein cours d'année.
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Le temps presse. Comme tous les autres ministres, Bruno Le Maire devrait voir son pouvoir d'initiative suspendu dans quelques jours, quand Emmanuel Macron acceptera la démission du gouvernement. Dès lors, en attendant l'arrivée d'un successeur, à une date imprévisible, aucune décision de nature politique ne sera plus autorisée. Se voulant irréprochable, le grand argentier va également laisser un projet de budget 2025 quasi prêt à l'emploi, permettant de faire les 20 milliards d'euros d'économies prévues : « Je travaille sur une copie pour tenir nos objectifs », a-t-il expliqué à la presse. Autrement dit, la cible reste un déficit à 3 % du PIB en 2027.
Nicolas Prissette
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