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Bruno Le Maire insiste et promet de ramener le déficit budgétaire dans les clous européens en 2027

latribune.fr

Publié le 21 juin 2024 à 09:48 - Mis à jour le 21 juin 2024 à 16:00

Le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, a promis ce vendredi de réduire le déficit budgétaire du pays à 3% du PIB en 2027.

Le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, a promis ce vendredi de réduire le déficit budgétaire du pays à 3% du PIB en 2027.

Sarah Meyssonnier

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Le ministre français de l'Economie promet de réduire le déficit public français à 3% du PIB en 2027 en cas de victoire aux élections. Une déclaration qui intervient alors que l'exécutif a été épinglé par Bruxelles sur ce sujet en début de semaine.

Bruno Le Maire persiste et signe. Le ministre de l'Economie a promis ce vendredi de réduire le déficit budgétaire du pays à 3% du PIB en 2027, en cas de victoire aux élections législatives.

«Il faut rétablir les comptes publics (...). C'est exactement ce que nous faisons et, en fonction des décisions qui seront prises par le peuple français, nous retournerons sous les 3% de déficit en 2027», a-t-il déclaré lors d'une réunion des ministres des Finances de l'UE à Luxembourg.

La tenue des comptes publics est une priorité pour le gouvernement alors que la France s'est faite épingler par Bruxelles sur ce sujet. La Commission européenne a en effet ouvert la voie mercredi à des procédures pour déficits publics excessifs contre sept pays de l'UE, dont la France.

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Ces pays, qui incluent aussi l'Italie et la Belgique, ont dépassé l'an dernier la limite fixée à 3% du Produit intérieur brut (PIB) par le Pacte de stabilité - qui limite aussi la dette à 60% du PIB. Ils devront prendre des mesures correctrices pour respecter à l'avenir les règles budgétaires de l'Union européenne, sous peine de sanctions financières.

Formellement, l'exécutif européen proposera aux Etats membres d'ouvrir les procédures lors d'une prochaine réunion des ministres des Finances de l'UE le 16 juillet. Ces règles ont été mises en sommeil après 2020 à cause de la crise économique liée au Covid puis à la guerre en Ukraine. Elles ont été réformées et réactivées cette année.

La France, dont le déficit public s'est élevé à 5,5% du PIB l'an dernier et dont la dette atteint 110% du PIB, a été la plupart du temps en procédure de déficit excessif depuis la création de l'euro au tournant des années 2000. Elle en était toutefois sortie après être revenue dans les clous sur son déficit en 2017. Pour 2024, le gouvernement a revu sa prévision de déficit à la hausse à 5,1% du PIB.

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Inflation et guerre en Ukraine

Le ministre français a justifié le dérapage des finances par la pandémie en 2020, puis la crise de l'inflation dans le sillage de la guerre en Ukraine à partir de 2022.

«Nous avons beaucoup protégé l'économie française pendant la crise du Covid et pendant l'inflation, et beaucoup protégé les ménages français. Le résultat, c'est que nous sommes le premier pays de la zone euro à avoir retrouvé son niveau d'activité d'avant crise», a-t-il expliqué.

« Evidemment, il a fallu payer le prix pour ça, c'est ce qui explique cette procédure pour déficit excessif. Maintenant nous sommes à un moment où il faut rétablir les comptes publics pour retrouver des marges de manœuvre », a-t-il poursuivi.

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Déjà la veille, Bruno Le Maire avait réitéré l'ambition du gouvernement actuel de ramener le déficit public dans les clous européens. L'exécutif a déjà présenté son plan d'action. Il prévoit un effort budgétaire de 20 milliards d'euros supplémentaires en 2024, puis encore 20 milliards en 2025, excluant toutefois une hausse d'impôts. Une ligne rouge réitérée par le ministre cette semaine.

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Les programmes du RN et du NFP critiqués

Malgré les reproches formulés au gouvernement sur la mauvaise gestion des finances publiques, le gouvernement fait de la stabilité financière un argument de campagne. « Là où les programmes des oppositions sont totalement à contretemps, c'est qu'au moment où il faut rétablir les finances publiques, l'extrême droite comme l'extrême gauche proposent d'augmenter les dépenses publiques », a ainsi déploré Bruno Le Maire.

Il a également attribué la chute des marchés financiers français et la hausse du coût de la dette pour la France aux promesses de dépenses des oppositions de gauche et d'extrême droite. « Vous avez les programmes mis sur la table par d'autres partis et par l'opposition avec des dépenses publiques très importantes. Cela explique la réaction des marchés, les inquiétudes exprimées par le secteur bancaire (...). Ce sont les conséquences directes de programmes économiques et financiers totalement insensés et irresponsables », a-t-il affirmé.

Des prévisions qui manquent de crédibilité

Des allégations auxquelles a répondu la socialiste Valérie Rabault, ancienne vice-présidente de l'Assemblée nationale, dans un entretien au journal Les Echos mardi. Elle a indiqué que la trajectoire budgétaire du NFP prévoit « un déficit de 5,7% du PIB cette année, puis 5,4% en 2025 et 5,1% en 2026 avant d'atterrir à 3,6% en 2029 ».

Ces chiffres sont toutefois contestés par la France insoumise, l'une des composantes principales de l'alliance de gauche. En effet, de son côté, le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a estimé jeudi dans une interview au Figaro que le programme économique du Nouveau Front populaire coûterait 200 milliards d'euros sur cinq ans à la France, mais en rapporterait 230.

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En attendant, le chiffrage de l'ancienne vice-présidente de l'Assemblée nationale s'avère plus en accord avec les prévisions faites par les grandes instances économiques que celui du gouvernement. Ainsi, la Commission européenne et le Fonds monétaire international (FMI) estiment que le déficit français devrait atteindre 5,3% cette année, quand l'exécutif s'attend à 5,1%. Sur le plus long terme, l'objectif du gouvernement de revenir sous les 3% à la fin du quinquennat est largement balayé par le FMI qui table sur 4,5% de déficit en 2027. Sans avoir donné de chiffres, le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) a, de son côté, jugé que les prévisions de l'exécutif manquent de « crédibilité (et de) cohérence ».

(Avec AFP)

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