Affaire Griveaux : la macronie tout au bord de la crise de nerfs
Marc Endeweld
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France: griveaux convaincu d'un rassemblement, villani ira "jusqu'au bout"
Philippe Wojazer
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France: griveaux convaincu d'un rassemblement, villani ira "jusqu'au bout"
Philippe Wojazer
Dans quelques années, quand on se retournera sur le quinquennat Macron, l'affaire Griveaux tiendra assurément une place de choix au côté de la non moins célèbre affaire Benalla. Toutes les deux, malgré leurs différences, ont en commun d'avoir suscité une déflagration au cœur même de la macronie. Toutes les deux ont également provoqué un emballement médiatique, laissant nombre de Français perplexes, entre sidération et amusement. Les futurs historiens pourront y trouver matière sur l'état d'esprit pour le moins embrumé des élites françaises face aux bouleversements du monde. Quelques heures avant le renoncement de Benjamin Griveaux à la course à la mairie de Paris, la macronie bruisse déjà de rumeurs. Entre les ministres, députés, et responsables LREM, les échanges par messageries et SMS fusent, annonçant à l'avance la mise à mort politique de l'intéressé.
Évidemment, les journalistes sont les premiers destinataires de ces messages issus du cœur du pouvoir : « Il va bientôt annoncer sa démission ! », nous déclare au téléphone un pilier de la campagne, le soir précédent l'annonce fatidique. Étrangement, dans l'adversité, les pro-Griveaux, comme les antiGriveaux, se retrouvent dans une unité qu'on pensait perdue au cours de ces municipales. Une unité de façade, bien sûr, laissant poindre, c'est selon, un certain esprit de vengeance - « c'est bien fait pour lui, c'était un mauvais candidat », nous lâche un supporter de Cédric Villani - comme une grande inquiétude : « Et si le président était en fait visé ? » se demande un autre militant. Le mot « déstabilisation » est alors sur toutes les lèvres. Et, comme souvent en macronie, on évoque rapidement l'existence d'un « complot ».
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Rapidement, la personnalité de Piotr Pavlenski, l'activiste russe au cœur du scandale, est au centre de toutes les attentions. La radicalité de ce réfugié politique, opposant à Vladimir Poutine, tranche avec le pacifisme souvent porté en bandoulière par les plus jeunes députés ou élus LREM, cette « bienveillance » revendiquée par le futur président au cours de sa campagne. Son anarchisme brut de décoffrage issu tout droit du XIXe siècle russe les a particulièrement perturbés. Au point que le bruit a rapidement couru que toute cette affaire ne pouvait qu'être téléguidée par les Russes... Pour en rajouter dans la confusion, quelques heures plus tard, à la conférence de Munich sur la sécurité, le président français vise alors clairement la Russie qui, prévient-il, va « continuer à essayer de déstabiliser » les démocraties occidentales. Il est désormais établi que la campagne d'Emmanuel Macron en 2017 a été la cible de hackers russes.
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