Il suffit de surfer sur Twitter pour prendre le pouls du débat enflammé autour d'une possible annulation des dettes des Etats détenues par la Banque centrale européenne. Dernière joute en date, le 7 juillet dernier, par exemple, l'échange entre l'économiste Jézabel Couppey-Soubeyran - qui défend la possibilité de supprimer une partie des créances détenues par l'institution bancaire européenne - et l'analyste du Crédit Agricole Louis Harreau, opposé à toute suppression des dettes d'État. La querelle numérique se termine sur des positions qui semblent irréconciliables : l'annulation serait "politiquement toxique, économiquement futile et potentiellement extrêmement risquée", affirme l'analyste tandis que l'économiste défend, arguments solides à l'appui, le contraire.
La lettre annuelle du patron de la Banque de France au président de la République, publiée le 9 juillet, devrait raviver les flammes de la controverse. Le gouverneur François Villeroy de Galhau affirme en effet dans cette missive que l'annulation des créances françaises détenues par l'Eurosystème n'est pas "une option" et que l'institution qui gère la zone euro "ne peut ni ne doit faire de miracle monétaire".
Certains font croire que l'annulation de la dette détenue parla Banque de France et l'Eurosystème serait une solution.Il n'en est rien. Une dette ne peut pas être annulée; ellepeut être refinancée à échéance, mais ce n'est jamaisautomatique. Et le prêteur ne refinancera que s'il a confianceen la soutenabilité de cette dette. Un prêteur, privé oupublic, qui ne serait pas remboursé, ne prêtera plus, défend François Villeroy de Galhau.