Assurance chômage : le gouvernement veut réduire les allocations des cadres

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(Crédits : Reuters/Charles Platiau)
Pour faire des économies, le gouvernement envisagerait de réviser les règles des allocations chômage des cadres supérieurs, révèlent nos confrères des Echos ce lundi 25 février. Deux pistes seraient à l'étude : réduire d'un tiers le plafond des indemnités des cadres ou instaurer la dégressivité.

[Article publié le 25.02.2019 à 9h15, mis à jour à 10h15 avec les déclarations de Laurent Berger et Gilles Le Gendre]

Le gouvernement entend réviser les règles des allocations chômage des cadres supérieurs pour réaliser une part des économies de sa réforme de l'Unédic, révèlent nos confrères des Echos dans leurs éditions de lundiL'exécutif, qui a repris la main sur la réforme de l'Assurance chômage après l'échec des négociations des partenaires sociaux, envisagerait d'instaurer une dose de dégressivité des allocations des cadres, ou bien de plafonner davantage leurs indemnisations, écrit le quotidien économique.

Comme l'a annoncé Muriel Pénicaud dimanche sur LCI, le gouvernement donnera demain des précisions de calendrier et de méthode sur la suite de la réforme de l'assurance chômage.

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Un plafond fixé à 4.800 euros d'allocations par mois ?

La piste d'une dégressivité des allocations avait été soutenue en septembre par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, et le Premier ministre, Edouard Philippe, avant d'être laissée à la discussion des partenaires sociaux - lesquels n'ont pas souhaité l'introduire dans leur projet d'accord.

Les contributions à l'Assurance chômage sont actuellement appliquées aux salaires bruts dans la limite de quatre plafonds de la sécurité sociale (PSS), ce qui limite les indemnités mensuelles pouvant être versées à 7.700 euros environ, expliquent Les Echos.

Selon l'Unédic, abaisser le plafond à trois PSS permettrait d'économiser 137 millions d'euros par an, et à 2,5 PSS, 285 millions d'euros. Mais il faudrait pour ce dernier cas accepter des allocations maximum de 4.800 euros par mois.

La CFDT et la CFE-CGC se retrouvent dans l'opposition

La CFDT et la CFE-CGC, notamment, sont fortement hostiles à cette option maintes fois suggérée dans le passé.

« À chaque fois qu'on baisse l'indemnisation des demandeurs d'emploi, on baisse leur capacité à retrouver du travail », a dit le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger sur France 2. « Il y a un sujet sur les cadres mais l'indemnisation dégressive, je crois que c'est mettre le doigt dans un système qui n'a jamais prouvé son efficacité. »

Prié de dire s'il était malgré tout ouvert à une négociation sur la baisse de l'indemnisation des cadres, il a répondu : « Il n'y a pas de négociation et je crois qu'il faut éviter de stigmatiser telle ou telle population. »

Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, avait estimé pour sa part en septembre que la dégressivité pouvait être une piste, mais qu'elle ne devait pas être "l'alpha et l'oméga" de la réforme.

Les économistes sont sceptiques, l'exécutif est lui-même divisé

Mais pour le chef de file des députés La République en Marche (LaRem), Gilles Le Gendre, il est au contraire "évident" que les cadres supérieurs et dirigeants, dont le taux de chômage est faible et les périodes de recherche d'emploi le plus souvent de courte durée, « sont indemnisés dans des proportions et à des niveaux qui sont supérieurs à tout ce qui est constaté dans tous les autres pays ».

Mais l'exécutif paraît divisé sur l'opportunité d'instaurer une dégressivité des allocations chômage des cadres ou de baisser leur plafond. « Les économistes sont assez unanimes pour dire que ça ne marche pas et que ça a des effets négatifs », reconnaissait il y a quelques jours une source en son sein.

Dans une note publiée par l'institut de Sciences Politiques et l'OFCE, l'économiste Bruno Coquet résumait ainsi l'état de la recherche :

"Les travaux empiriques montrent que la dégressivité ralentirait les sorties du chômage et que cette taxe sur le chômage de longue durée a au mieux de faibles effets agrégés sur les dépenses de l'assurance chômage."

Seule une infime minorité des indemnisés (environ 0,03%, selon l'Unedic) atteignent le plafond actuel de quelque 7.700 euros bruts par mois.

(avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 26/02/2019 à 18:59 :
Si l'indemnité est plafonnée à x euros, il faut que l'assiette des cotisations soit alignée aussi. Mais je pense que ce n'est pas ce qu'ils ont à l'esprit.
a écrit le 26/02/2019 à 8:40 :
Aucune illusion ,les autres categories vont suivrent.Sinon, on peut rappeler qu'en mars 2018, le ministère du Travail avait annoncé de nouvelles sanctions à l'encontre des chômeurs. D'après un décret publié le 30 décembre au Journal officiel, certaines sanctions prévues contre les chômeurs qui ratent un rendez-vous par exemple ont été largement durcies. En effet, si une personne inscrite à Pôle emploi manque un rendez-vous avec un conseiller, selon les premières annonces du ministère du Travail, elle devait alors être sanctionnée de 15 jours de radiation des listes. Finalement,ce sera un mois de radiation, selon le texte du décret. Cette sanction passe à deux mois si deux manquements et quatre mois au "troisième manquement" constaté. Même constat pour les chômeurs qui refusent à deux reprises des offres d'emploi paraissant pourtant raisonnables, le décret stipule que leur allocation sera tout simplement "supprimée". Pourtant, le gouvernement avait lui simplement évoqué des sanctions dites graduelles, à savoir une suspension de l'allocation d'un mois la première fois, de deux mois la deuxième fois et quatre mois la troisième fois. Il était alors précisé que l'allocation commencerait à être amputée à partir du deuxième refus.
Ce contrôle sera effectué par l'intermédiaire d'un "journal de bord" qui sera rempli par les demandeurs d'emploi. Ces derniers renseigneront tous les mois leurs différentes démarches effectuées pour trouver un travail. Dès mi-2019, ce nouveau dispositif sera expérimenté dans deux ou trois régions françaises pendant un an avant un potentiel élargissement à tout le pays.L'année dernière, les agents chargés du contrôle étaient un peu plus de 200 présents sur tout le territoire. Ils sont désormais 600, et devraient passer à 1.000 en 2020.On peut donc, s'apercevoir rapidement d'ou vient la baisse du chômage actuel.
a écrit le 25/02/2019 à 20:34 :
"Un plafond fixé à 4.800 euros" des gens qui dépassent y en a combien par an ? 1000 ?
Ça semble très acceptable au titre de la "justice", mais la seconde partie viendra après, pour tous les autres chômeurs, par "justice", tout à fait logique.
Pourquoi pas tous au SMIC en cas de chômage ? [et des cotisations adaptées à la baisse bien sûr]
On imagine que nombreux sont ceux qui partent en vacances pendant qq mois sachant que les indemnités pactole vont tomber, c'est à voir avec les contrôleurs, y a bien des contrôleurs anti-fraude[abus], non ?? Doit bientôt y en avoir 1 000 pour chercher les chômeurs pas très performants, ils s'occupent aussi des gens à 7800€/mois ?
Dans les pays où l'indemnisation est pus courte, l'argent libéré sert à la FORMATION, on se plaint d'avoir quantité de demandes sans gens en face et des gens dont les métiers ne sont pas demandés.
a écrit le 25/02/2019 à 19:59 :
Voici une solution gagnant - gagnant
La réforme possible à mettre en œuvre :
1) dégressivité au bout de 3 mois
2) un plafonnement à 2500 euros maximum et le reste des 2000 euros l’injecter pour la création d’embauche sous forme de subventions pour créer des emplois.

C’est ça l’économie circulaire ?
a écrit le 25/02/2019 à 19:06 :
le déficit de l'Unedic résultait avant la réforme de l'obligation de financer Pôle Emploi à hauteur de plus de 3,5 milliards d'euro par an et de financer le régime spécial des intermittents du spectacle pour un surcoût de plus d'un milliard d'euro annuel .
aucun financement de l'Unedic de la part des régimes spéciaux et administrations publiques ( la solidarité c'est pour les autres) .
avec la réforme en cours , l 'Unedic continue d'être assujettie au financement de Pôle Emploi et au régime spécial ( privilégié et très coûteux ) d'indemnisation des intermittents du spectacle .
comme prévu , ceux sont les salariés du secteur privé productif et les chômeurs issus de leurs rangs qui verront leurs droits et indemnités fortement rabotés .
les entreprises privées continueront de devoir payer 4,05% ... ou plus si malus , de leur masse salariale pour financer l'Unedic donc autant ou plus qu'avant la réforme .
dans cette nouvelle France en marche , il ne fait pas bon être retraité ou chômeur !
a écrit le 25/02/2019 à 19:02 :
Je suis absolument contre cette mesure absurde. Les cadres ne creusent pas le regime d’assurance chômage. Au contraire.
Faut-il rappeler que grâce à macron les cadres peuvent aujourd’hui être virés sans motif du jour au lendemain avec un mois seulement d’indemnité. Et maintenant il veut sucrer les indemnités chômage des cadres??
Autant quitter la France et travailler à’étranger. Créer de la valeur dans un autre pays qui saura reconnaître les personnes.
a écrit le 25/02/2019 à 16:11 :
et les intermittants du spectacle c'est pour quand ,,,,???
a écrit le 25/02/2019 à 15:05 :
Réduire les droits des cadres sup, pourquoi pas mais alors il faut réduire leur cotisation en conséquence.
Mesure démagogique destinée à satisfaire les gilets jaunes qui ne seront en fait contents que le jour où les cadres seront aussi pauvres qu'eux....
a écrit le 25/02/2019 à 13:29 :
et sur le dos de qui on fait des economies ...🤢...inlassablement l histoire se répète. Toujours la même categorie méthodiquement ciblée...la catégorie qui paie et contribue à hauteur de 70% de l IR et qui côtise de surcroît pour sa propre caisse de retraite...Visiblement ce n est pas assez...Alors quand un état en faillite, n a plus les moyens de financer sa politique sociale de communistes et sa dette abyssale, alors on tape chez qui encore on peut prendre, une catégorie bien docile, gentille et éduquée...mais beaucoup de cadres sup finissent par partir s expatrier...par lassitude. Si ce gouvernement pense que la France est un el dorado et une fin en soi, je crois qu ils se méprend. Au revoir
a écrit le 25/02/2019 à 13:27 :
et sur le dos de qui on fait des economies sur le...🤢...inlassablement l histoire se répète. Toujours la les même categorie méthodiquement ciblée...la catégorie qui paie et contribue à hauteur de 70% de l IR et qui cotise de surcroit pour sa propre caisse de retraite...Visiblement ce n est pas assez...Alors quand un état en faillite, n a plus les moyens de financer sa politique sociale de communistes et sa dette abyssale, alors on tape chez qui encore on peut prendre...mais beaucoup de cadres sup finissent par partir s expatrier...par lassitude. Si ce gouvernement pense que la France est un el dorado et une fin en soi, je crois qu ils se méprend. Au revoir
a écrit le 25/02/2019 à 13:23 :
Macron a raison : il suffit de traverser la rue pour trouver du travail !
Regardez, les ministres se recyclent tout de suite ...
Réponse de le 25/02/2019 à 17:09 :
Ou le conjoint:

Le médecin Yves Levy, époux de la ministre Agnès Buzyn, a été nommé conseiller d’état extraordinaire ce mercredi 10 octobre 2018. Il touchera entre 1.500 et 6.100 euros tous les mois pendant cinq ans, bien qu'il n'ait jamais pratiqué le droit public.Dans le "nouveau monde", un médecin peut s'improviser… expert de la Constitution française !
A ce poste, le médecin de 61 ans touchera pendant cinq ans une somme fixe garantie de 1.558 euros brut mensuels, à laquelle s'ajoutera une part variable pouvant atteindre quelque 4.583 euros brut mensuels en fonction du nombre de réunions auxquelles il participera, selon un arrêté du 27 février 2018. Soit jusqu'à plus de 6.100 euros tous les mois. Ajoutez à cela que ce professeur d'université pourra par ailleurs continuer son activité professionnelle de médecin et d'enseignant, s'il le souhaite.
a écrit le 25/02/2019 à 12:58 :
Les allocations devrait être forfaitaire et les prélèvements proportionnels inclus les fonctionnaires, pour assainir le système par la mutualisation au niveau national!
a écrit le 25/02/2019 à 12:21 :
Logique depuis que les cotisations sociales salariales ont disparu.On est passé d'assurantiel à prestations sociales puisqu'on ne cotise plus à l'assurance chomage en tant que salarié. Donc on subit et on se tait nous les cadres qui faisont tourner la machine impot revenus et assistanant. Merci Qui ?
a écrit le 25/02/2019 à 11:19 :
En plafonnant les allocations à 3 PSS les UNEDIC seront obligés de plafonner les cotisations à 3 PSS au lieu de 4.

Sachant que les cadres sont plus rarement au chômage que les non-cadre et qu'il cotisent beaucoup plus, in fine ce sera un manque à gagner pour l'assurance chômage quand on fera la balance (cotisation Vs allocation).

La plupart des cadres concernés par cette mesure survivront avec 4800 € "seulement", ils ont en général un patrimoine financier à coté assez important. Ce qui interroge c'est cette volonté pathologique chez Pénicaud de "punir" les chômeurs.

En plus c'est une mesure qui va toucher au plus quelques centaines de cadres CSP++ et le bilan n'impactera pas les équilbres globaux du système.
a écrit le 25/02/2019 à 11:02 :
Dégressivité pour les cadres et pas pour les autres salariés, le gouvernement va encore être recalé au conseil constitutionnel. Cette habitude de découper par tranches les catégories de français, détestable. Les vieux contre les jeunes, les retraités entre-eux, les seuils en permanence, tu es pauvre à 1450 e et riche à 1500 , niveau ou on te colle la CSG.
Notre fiscalité et le droit social, sont plus en plus Kafkaïen.
Réponse de le 25/02/2019 à 11:47 :
Globalement ok avec votre commentaire BA. Mais en quoi le Conseil constitutionnel "recalerait" le Gvt ? Il a validé la loi sur le secret des "affaires" (qui portent si bien leur nom) ; de même, le soi-disant "simple" décalage dans le temps (qui durera longtemps) de la suppression de la taxe d'habitation pour les 20% les plus riches (?) ; le dépeçage de la loi Hulot par ses "recommandations" (que le gvt s'est empressé d'appliquer) témoignent d'une grande complicité qui n'a plus grand chose à voir avec le caractère ou non constitutionnel des lois…
cf : https://multinationales.org/IMG/pdf/les_sages_sous_influence_-_rapport_amis_de_la_terre_-_odm.pdf ou encore la nomination d'un votant Macron à la présidentielle, l'ex-condamné en justice Alain Juppé.
a écrit le 25/02/2019 à 9:26 :
C'est assez logique avec l'idée de quitter peu à peu la logique de l'assurance en entrant pleinement dans celle de l'assistance avec l'étatisation et un financement à 100% par la CSG...
a écrit le 25/02/2019 à 9:24 :
il faut aussi reduire les cotisations, alors.... ah ben non, quand on plume les gens, c'est des cotisations justes , vu que ca remplit les poches des syndicalistes misereux qui reversent ca a leurs ouailles....
pourquoi on ne fait pas cotiser les fonctionnaires? ca remplirait les caisses, et ca ne couterait rien a personne
Réponse de le 25/02/2019 à 9:56 :
@churchill
Pas marre d'écrire des conneries?
Réponse de le 25/02/2019 à 20:28 :
'vu que ca remplit les poches des syndicalistes misereux qui reversent ca a leurs ouailles....'
Je suis syndiqué, je ne suis pas miséreux et je ne connais aucun syndicat qui reverse à ses ouailles comme vous dites. mais je vous en prie, éclairez nous de vos lumières....
a écrit le 25/02/2019 à 9:22 :
Alors si on veut être équitable il ne faut leur faire payer aucune cotisation sur la part de leur salaire d'activité qui dépasse 4800€...et ainsi leur laisser le choix de s'assurer à titre privé sur la part non taxée !
Réponse de le 25/02/2019 à 10:28 :
D’accord avec ton point de vue, zigzag!
Sinon ça sera une raison de plus d’aller travailler et vivre ailleurs quand on a une compétence spécifique

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