Attentats : le Congrès des maires de France reporté en mai 2016

Conséquence des attentats qui ont ensanglanté Paris, le 98è congrès des Maires de France, prévu dans la capitale du 17 au 19 novembre, est reporté au 31 mai 2016 pour des raisons de sécurité.
Jean-Christophe Chanut

3 mn

11.0000 élus communaux étaient attendus à Paris du 17 au 19 novembre pour le congrès annuel des maires, sur fond de baisse des dotations de l'Etat. Une manifestation difficile à sécuriser
11.0000 élus communaux étaient attendus à Paris du 17 au 19 novembre pour le congrès annuel des maires, sur fond de baisse des dotations de l'Etat. Une manifestation difficile à sécuriser (Crédits : © Eric Gaillard / Reuters)

Conséquence de l'état d'urgence décrété par le Président de la République qui restreint les manifestations publiques, le 98e congrès de l'association des maires de France (AMF), qui devait se tenir du 17 au 19 novembre à Paris, Porte de Versailles (15e arrondissement), a été annulé et reporté au 31 mai "à la demande de l'Etat", à la suite des attentats dans la capitale, a expliqué l'AMF.

Un rassemblement de plus de 11.000 maires difficile à sécuriser

Une décision qui peut se comprendre. Le congrès annuel de l'AMF devait rassembler près de 11.000 élus pendant trois jours porte de Versailles, ce qui en faisait l'une des plus importantes manifestations publiques programmées la semaine prochaine dans la capitale. En outre de nombreux ministres avaient prévu de se rendre à ce rendez-vous traditionnel avec les élus locaux, dont Manuel Valls. D'autres personnalités politiques étaient attendues, comme Anne Hidalgo, maire (PS) de Paris, Alain Juppé maire (LR) de Bordeaux ou Gérard Larcher, président (LR) du Sénat.

Le Parc des expositions de la Porte de Versailles n'est pas un lieu facile à totalement sécuriser en raison de son étendue et de ses nombreuses entrées.

Les maires entendent toutefois "témoigner des valeurs républicaines" et une "réunion exceptionnelle" des élus doit être organisée la semaine prochaine à Paris, a indiqué l'AMF, présidée par François Baroin maire (LR) de Troyes.

Ce 98ème congrès des maires devait essentiellement porter sur la problématique de la baisse des dotations de l'Etat et de ses conséquences sur les investissements des communes drastiquement revus à la baisse.

Une baisse de 30% sur trois ans des dotations aux communes


Les communes reprochent à l'Etat de taper « trop vite et trop fort ». En effet, dans le cadre de son plan de réduction des dépenses publiques de 50 milliards d'euros sur trois ans, afin de - enfin - respecter l'objectif d'un déficit limité à 3% du PIB, Bercy a décidé de mettre les collectivité locales à contribution, par le biais d'une baisse de 10,7 milliards d'euros (toujours sur trois ans) de l'enveloppe globale versée par l'Etat aux collectivités.

Or, en 2014, la dotation globale de fonctionnement avait déjà été amputée de 1,5 milliard d'euros. Et la loi de finances, actuellement examinée par le Parlement, confirme bien que la « tranche » de diminution pour 2016 sera égale à 3,5 milliards d'euros, dont 2 milliards pour les seules communes et intercommunalités. Pour l'AMF, cette baisse des dotations d'environ 30% sur trois ans est totalement injustifiée alors que la dette imputable aux collectivités territoriales ne représente que 9,5% de la dette globale. Et, à l'intérieur de ces 9,5%, seuls 4% seraient de la responsabilité des communes et intercommunalités.

63% des investissements publics locaux

Une catastrophe pour les élus locaux qui rappellent que le bloc communal réalise plus de 63% des investissements publics locaux. Or, la baisse des dotations va peser encore davantage sur ces investissements. Selon l'AMF, en 2014, déjà, la baisse des crédits de l'Etat aurait entraîné une baisse de l'investissement des communes de 12,4% et la perte de 8.000 emplois dans les travaux publics. « Ce sont 60.000 emplois qui sont menacés à terme dans le secteur du BTP », estime François Baroin qui se dit certain que « l'Etat devra faire mouvement, car la situation n'est pas soutenable »

Le Premier ministre Manuel Valls devait intervenir mardi 17 novembre en ouverture du congrès. Il s'attendait à un accueil houleux. Les tristes événements parisiens vont lui donner six mois pour tenter d'apaiser les tensions avec les édiles communaux.

Jean-Christophe Chanut

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