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ÉconomieFrance

Bénéficiaires, dépenses publiques... Le RSA en 5 chiffres clés.

Valentine Roux

Publié le 12 mai 2025 à 15:46 - Mis à jour le 12 mai 2025 à 15:47

Fin 2023, près de 1,85 million de Français bénéficient du RSA.

Fin 2023, près de 1,85 million de Français bénéficient du RSA.

Jean-Marc Barrère / Hans Lucas via Reuters Connect

Le Quotidien Numérique

10 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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INFOGRAPHIE. À une semaine du vote pour la présidence des Républicains, les 17 et 18 mai prochains, Laurent Wauquiez propose de limiter le RSA à deux ans. Décryptage de cette aide, souvent critiquée, en 5 chiffres clés.

Dans la dernière ligne droite de la course à la présidence des Républicains (LR), Laurent Wauquiez frappe fort. Interrogé par Le Parisien, dimanche 11 mai, le patron des députés LR souhaite « limiter le RSA à deux ans pour les Français aptes au travail » et lutter contre ce qu'il appelle « l'assistanat ».

La vision défendue par Laurent Wauquiez est claire : garder les aides sociales pour ceux qui en ont vraiment besoin, stopper les abus et revaloriser le travail. « Le RSA doit être une aide temporaire quand on a eu un accident de la vie. Il faut le limiter à deux ans », insiste-t-il.

Qui serait touché par la proposition de Laurent Wauquiez ? Pour mieux comprendre ce dispositif social incontournable, voici un décryptage en cinq chiffres clés.

1,85 million de bénéficiaires

Le revenu de solidarité active (RSA) garantit un minimum de ressources aux personnes sans ou avec très peu de revenus. Fin 2023, près de 1,85 million de Français en bénéficiaient, soit une légère baisse de 2 % par rapport à l'année précédente.

Lancé à titre expérimental en 2007, le RSA a été généralisé en 2009 en métropole, puis étendu en 2011 aux Outre-mer. Il a remplacé le RMI, instauré en 1988. Pourtant, un tiers des foyers éligibles passent encore à côté de cette aide. On estime ainsi que chaque année, 34 % des ayants droit n'en font pas la demande.

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12,3 milliards d'euros de dépense de l'État

En 2021, les dépenses liées aux minima sociaux s'élèvent à 29,9 milliards d'euros. Le RSA en constitue la part la plus importante : à lui seul, il représente 41 % de ces dépenses, pour un coût de 12,3 milliards d'euros, soit 0,5 % du PIB.

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Mais ces minima sociaux sont des leviers essentiels pour réduire la pauvreté. D'après la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), en 2021, 14,5 % de la population en métropole vit sous le seuil de pauvreté, soit 9,1 millions de personnes. Sans les prestations sociales et les impôts directs, ce taux grimpe à 21,4 %, touchant alors 13,5 millions de Français.

646 euros pour une personne seule sans enfant

Le montant du RSA varie selon la composition du foyer. Au 1er avril 2025, un allocataire seul sans enfant peut toucher jusqu'à 646,51 euros par mois. Pour un couple avec deux enfants, ce montant grimpe à 1 357,70 euros mensuels.

Le RSA est accessible à toute personne résidant en France et âgée d'au moins 25 ans. Les moins de 25 ans peuvent aussi y avoir droit dans certains cas, notamment s'ils ont des enfants à charge. Il existe également un RSA « majoré » pour les parents isolés élevant au moins un enfant.

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561 000 familles monoparentales femmes

À la fin de l'année 2022, 690 500 hommes seuls bénéficiaient du RSA. En revanche, parmi les familles touchant le RSA, on comptait seulement 50 300 familles monoparentales avec un parent homme, contre 561 000 familles monoparentales avec un parent femme.

                          Foyers bénéficiaires du RSA selon la situation familiale en 2022

25 % des bénéficiaires du RSA y restent de manière durable

D'après la DREES, environ un quart des bénéficiaires du RSA sortent des minima sociaux d'une année à l'autre. Cependant, beaucoup font des allers-retours. En 2022, parmi les bénéficiaires du RSA âgés de 35 à 64 ans, 41 % ont quitté les minima sociaux au moins une fois au cours des dix dernières années, avant d'y recourir de nouveau.

Par ailleurs, une part importante reste longtemps dépendante de cette aide : 25 % des bénéficiaires du RSA dans cette tranche d'âge ont touché le RSA chaque fin d'année entre 2012 et 2022.

Une inscription systématique à France Travail

Depuis début 2025, avec la mise en œuvre de la loi pour le plein-emploi, « toutes les personnes sans emploi » doivent désormais s'inscrire systématiquement auprès de France Travail. Cela inclut les allocataires du RSA et leurs conjoints, les jeunes suivis par les Missions locales, ainsi que les personnes en situation de handicap accompagnées par Cap Emploi.

La loi renforce également leur accompagnement, avec un contrat d'engagement rénové, comportant de nouveaux droits et obligations. Par exemple, l'obligation de réaliser 15 heures d'activité hebdomadaires (emploi, formation, bénévolat, etc.) pour bénéficier de l'allocation.

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Le non-respect de certaines obligations peut entraîner un signalement au conseil départemental, pouvant aboutir à une suspension temporaire de l'allocation. Cette « suspension remobilisation », dont les modalités devraient être précisées par décret début juin, permettra d'interrompre temporairement le versement du RSA en cas de manquement aux obligations.

Valentine Roux

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