Bond spectaculaire des dépenses de santé en 2021

Les dépenses de santé, selon un rapport de la Drees publié ce jeudi, ont atteint 226,7 milliards d'euros l'an dernier, en hausse de 7,9% par rapport à 2020. C'est la plus forte augmentation des dépenses observée depuis 30 ans.
Sur l'ensemble des dépenses santé, la part prise en charge par la Sécurité sociale, déjà historiquement élevée, s'est encore légèrement accrue à 79,8%.
Sur l'ensemble des dépenses santé, la part prise en charge par la Sécurité sociale, déjà historiquement élevée, s'est encore légèrement accrue à 79,8%. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

Si 2020 avait été marquée par une chute d'activité des dépenses de santé, 2021 est, à l'inverse, une année record avec 226,7 milliards d'euros octroyés aux « secteurs de soins ». Pas un secteur, selon la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Dress), n'échappe à la hausse.

La « consommation de soins » hospitaliers a augmenté de 6,2%, s'expliquant par « un rebond important de l'activité, notamment dans le secteur privé » et par « la montée en puissance » des hausses de salaires du « Ségur de la santé ». Et, après un recul conséquent en 2020, les Français ont retrouvé les cabinets des dentistes avec un bond des dépenses de 22,5%.

Les Français été incités à se soigner avec la réforme « 100% santé », qui permet le remboursement intégral de certains soins, comme sur le volet des audio-prothèses, dont la consommation a crû de 60%, sur les prothèses dentaires (près de 40% d'augmentation) ou pour l'optique médicale (+15,8%). Les laboratoires d'analyses biologiques, hors tests PCR, ont également vu leur consommation rebondir (+9,5%), après avoir connu une baisse en 2020. Les tests de dépistage du Covid-19 ont représenté un coût global de 7 milliards d'euros, contre 2,5 milliards en 2020.

La part prise en charge par la Sécurité sociale s'est accrue, le « reste à charge » aussi

Sur l'ensemble de ces dépenses, la part prise en charge par la Sécurité sociale, déjà historiquement élevée, s'est encore légèrement accrue à 79,8%. Les complémentaires santé, dont les remboursements avaient diminué en 2020, ont aussi davantage contribué, à hauteur de 12,9%.

Le « reste à charge » acquitté par les ménages a pourtant lui aussi progressé, à 7%, soit 15,8 milliards d'euros. La France reste toutefois le deuxième pays de l'OCDE, derrière le Luxembourg, où ce taux est le plus faible.

Le pari de la prévention pour freiner les dépenses

Comment freiner les dépenses ? Fin juin, l'Assurance maladie présentait 30 mesures en ce sens. La Cnam plaide pour plus de prévention et de surveillance. Elle met en particulier l'accent sur l'insuffisance cardiaque, avec une campagne d'information grand public sur les « signes d'alerte » prévue fin septembre et la volonté de généraliser la télésurveillance aux 300.000 malades les plus « sévères ». Elle plaide, aussi, pour un suivi à distance pour les diabétiques, afin d'éviter les complications liées à la maladie, via des outils numériques (applis, appareils connectés) ou le service d'accompagnement téléphonique Sophia.

L'Assurance maladie souhaite par ailleurs rattraper le retard accumulé depuis deux ans en matière de dépistage des cancers (côlon, sein, utérus) et de vaccination des adolescents contre le papillomavirus humain (HPV). Si ce pari de la prévention est censé « porter des effets à long terme » (le gain de la campagne antigrippale de 2017-18 est ainsi estimé à près de 50 millions), ces nouvelles approches « par pathologie » ou « populationnelles » ne représentent toutefois qu'une minorité (160 millions d'euros) des économies projetées pour 2023. Le gros morceau (750 millions) cible comme d'habitude les médicaments (moins d'antibiotiques, plus de biosimilaires), les dispositifs médicaux (apnée du sommeil, pansements), les arrêts de travail ou encore les transports sanitaires.

Les hausses des tarifs des mutuelles surveillées par le gouvernement

Dans ce contexte haussier, les mutuelles se préparent à une passe d'armes plus rude qu'à l'accoutumée cet automne, face à un gouvernement qui les appelle à la « modération ». Attendu le 19 septembre à Bercy, avec d'autres représentants du secteur, Eric Chenut, président de la Mutualité française, a déjà affûté ses arguments. « Personne ne s'amuse à augmenter les cotisations de gaieté de cœur ». Même discours pour Matthias Savignac, président de la MGEN : « Le gouvernement aimerait que tout le monde contribue à préserver le pouvoir d'achat des Français. Sauf qu'on n'est pas l'Etat, on ne peut pas faire de déficit. »

Pour une autre dirigeante, « avec des assurés toujours plus vieux, toujours plus de malades chroniques et seulement 2% des ressources affectées à la prévention, on peut prendre le truc dans tous les sens, si on ne change aucun paramètre, les dépenses de santé continueront à augmenter ».

(Avec AFP)

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