Boom du télétravail : trois employeurs sur dix confrontés au déménagement de leurs salariés

Nombre de DRH sont confrontés à des demandes de salariés qui ont déménagé des grandes villes, ont recours au télétravail et veulent pouvoir adapter en conséquence leur travail, selon le dernier baromètre de l'Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH).
Grégoire Normand

3 mn

(Crédits : Reuters)

La pandémie a bouleversé l'organisation du travail en France. En seulement quelques jours au printemps 2020, des millions de salariés sont passés en travail à distance dans des conditions parfois difficiles quand d'autres ont pu profiter d'un cadre plus favorable. Au moment du retour au bureau pour des milliers de travailleurs, cette organisation risque de s'inscrire dans la durée. Selon le baromètre de l'association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH) dévoilé ce mardi 8 juin, 80% des répondants affirment que la crise a ancré durablement le télétravail dans les entreprises. Longtemps restée en retard dans le domaine, la France a basculé dans une forme de travail hybride pour les salariés qui le peuvent.

Des employeurs mis parfois devant le fait accompli

L'un des principaux enseignements de cette enquête est que trois répondants sur dix  ont été confrontés à des salariés ayant changé de logement, sollicitant l'adaptation de leurs conditions de travail. "Ces répondants nous disent être confrontés à des demandes de salariés qui ont déménagé, vendu leur maison ou qui envisagent de déménager et veulent voir comment ils vont pouvoir travailler, ce qui n'arrivait pas avant", a affirmé la présidente de l'association Audrey Richard lors d'un point presse. Les DRH "sont mis parfois devant le fait accompli", ajoute-t-elle, même si beaucoup de salariés concernés disent pouvoir s'organiser et assumer leurs frais de transport et de logement. Une proportion bien plus importante de candidats en région postule également pour des offres en Ile-de-France a précisé l'association devant les journalistes.

Concernant le retour sur site des salariés à partir de ce mercredi 9 juin, une grande majorité des personnes interrogées indique que le télétravail sera encore bien répandu même si les règles sont assouplies. Ainsi, 44% des répondants affirment que les travailleurs envisagent entre deux (23%) et trois jours (21%) de télétravail par semaine. 13% veulent pratiquer un jour de télétravail chaque semaine, 9% envisagent un télétravail libre et seulement 3% indiquent vouloir faire 100% de télétravail. A l'opposé, seuls 13% des répondants signalent un retour à 100% en présentiel.

Après la rentrée en septembre, le travail sur site pourrait être plus massif. Ainsi, 23% pensent que les employés feront un 100% en présentiel. "L'entreprise doit proposer un nouveau mode de fonctionnement et donc adapter son organisation et son management. C'est un point attendu par les salariés et les candidats" a ajouté la responsable.

Parmi les autres changements importants à noter, l'évolution de la culture managériale est citée par une majorité de personnes (55%). Une proportion comparable (54%) évoque la création ou la mise à jour d'un accord de télétravail. Enfin, 26% ont songé ou ont mis en en oeuvre le réaménagement d'un espace de travail.

Sortie de crise : l'activité partielle et l'exonération de cotisations plébiscitées

La mise sous cloche de l'économie au printemps 2020 a obligé le gouvernement à déployer un arsenal d'aides et de mesures d'urgence pour éviter que l'économie ne s'effondre. Avec la levée progressive des aides jusqu'à la fin du mois de juin, beaucoup d'entreprises et de salariés redoutent une levée trop rapide de ces perfusions. Conscient de toutes ces difficultés, le gouvernement a promis de faire du "sur-mesure" en accompagnant au plus près les secteurs les plus meurtris par la crise. Du côté des ressources humaines, l'activité partielle est plébiscitée par 60% des répondants pour sauvegarder l'emploi. Viennent ensuite l'extension de l'exonération des cotisations sociales à d'autres secteurs (52%), l'activité partielle de longue durée (31%) et les prêts garantis par l'Etat (21%).

Méthode : questionnaire auto-administré en ligne de 23 questions. Date du terrain : du 11 mai au 4 juin. Au total, 270 répondants ont pris part à l'enquête.

Grégoire Normand

3 mn

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Commentaires 11
à écrit le 09/06/2021 à 19:10
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les DRH ils ont fait la pluie et le beau temps .....ils ont bien poussées des ouvriers vers la portes de sortie ...cinq années avant la retraite . beaucoup ont perdu . 15 % sur leurs retraite . attention la roue tourne pour eux aussi . ils ont pas ...

à écrit le 09/06/2021 à 11:05
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C'est une réponse gagnante à l'engorgement et l'asphyxie progressive des métropoles et à la désertification de la ruralité, décrié depuis 30 ans, sauf que ds les zones à attrait touristique, les prix de l'immobilier s'envolent rendant l'accès à la pr...

le 09/06/2021 à 18:12
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deja il faudrait que les zones rurales ait un internet digne de ce nom. Quant a la flambee des prix de l immobilier, si ca penalise en effet les acheteurs qui veulent avoir plus grand (pas que les primo acheteurs) ca favorise les vendeurs (les retra...

à écrit le 09/06/2021 à 9:39
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Le télétravail est un excellent moyen de fidéliser les salariés. Ils seront moins tentés de quitter l'entreprise, même pour une meilleure rémunération, s'ils savent que leur employeur actuel leur permet de vivre où ils souhaitent.

le 09/06/2021 à 17:35
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"Le télétravail est un excellent moyen de fidéliser les salariés." Pas certain que ce soit dans l'air du temps de fidéliser un salarié pour une entreprise .cela coute chère la prime d'ancienneté et cela met une ligne de plus sur une feuille de pai...

le 09/06/2021 à 18:54
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Sans surprise Balladur est UMP et après LR, pour les références. Votons correctement cette fois -ci.

à écrit le 09/06/2021 à 9:04
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La mobilité est un droit civile et sociale mais tout dépend l’intention ! Quand une grosse boîte américaine utilise cette clause pour coincer un salarié de 55 ans pour le muter à 136 Km ! Il y a de quoi se poser des questions sur la protection des s...

à écrit le 09/06/2021 à 8:41
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Des salariés qui ont de bons réseaux et qui font encore monter le prix de l'immobilier en province empêchant toujours plus les travailleurs locaux de pouvoir correctement se loger. Parisiens rentrez chez vous ! Le beurre l'argent du beurre et le c.. ...

le 09/06/2021 à 8:58
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Ne vous inquiétez pas citoyen blasé. Ces gens sont partis dans le dos de leur entreprise en croyant qu'ils allaient garder leurs salaires parisiens et que leur entreprise n'aurait qu'à se débrouiller avec des locaux trop grands et des salariés qui c...

le 09/06/2021 à 9:03
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Parisiens, merci pour les emplois que vous créez en Province, merci pour les taxes que vous payez localement, merci de dynamisez des endroits ou les gens restent sur leurs acquis :)

le 09/06/2021 à 10:13
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"merci pour les emplois que vous créez en Province," LOL ! Chantiers au black, emplois à domicile dont les subventions publiques coutent plus de 5 milliards au pays chaque année, nos coqs et autres animaux en danger, le mauvais goût généralisé, l...

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