Recadré par Emmanuel Macron, Bruno Le Maire va-t-il voir ses ambitions contrariées ?
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Entre le ministre et le président, une relation complexe.
LTD / Ludovic MARIN / POOL / AFP)
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Entre le ministre et le président, une relation complexe.
LTD / Ludovic MARIN / POOL / AFP)
« Il ne faut pas être bon garçon. Il faut être moins propre sur soi. Moi, je prends mon risque. » Mercredi, Bruno Le Maire déjeune avec une bonne trentaine de députés Renaissance réunis à la questure de l'Assemblée nationale et au sein du club Concorde, positionné à la droite de la majorité. « En politique, on existe quand on est attaqué, donc moi je me porte très bien depuis dix jours », poursuit, bravache, le ministre des Finances. Le matin, à l'occasion du petit déjeuner de la majorité à Matignon, il a déjà tenu à faire bonne figure: « Je ne joue à aucun jeu. Les deux choses qui m'empêchent de dormir en ce moment, c'est l'endettement du pays et son rapport avec les créanciers, ainsi que la guerre. »
À lire également
Les jours précédents, Bruno Le Maire a été au cœur de l'orage. Emmanuel Macron l'a spectaculairement recadré. Lundi, le chef de l'État s'est exceptionnellement invité à la réunion hebdomadaire de coordination, qui réunit les principaux cadres de la majorité, comme l'a rapporté Le Figaro. « J'entends parler de PLFR [projet de loi de finances rectificatives]. Je n'en vois pas l'intérêt », a-t-il asséné, intimant à son camp de clore le débat sur la question des finances publiques, qui l'anime depuis leur brutale dégradation. Tous les présents comprennent qui la colère présidentielle foudroie ainsi. Le matin même, le locataire de Bercy a encore appelé Laurent Marcangeli, le président du groupe Horizons, pour le convaincre de la nécessité de passer par un tel texte en juillet, afin notamment de moins subir le chantage de LR. La veille, son conseiller parlementaire a envoyé un message à une poignée de députés et de collaborateurs pour relayer les arguments du ministre des Finances et les inciter ainsi à faire pression sur l'exécutif, comme l'ont révélé Les Échos: « Nous devons renouer avec ce que nous sommes et partir du réel. Être courageux et audacieux. Faire des économies, les annoncer et aller au Parlement en débattre. » Après le rappel à l'ordre du chef de l'État, Bruno Le Maire rentrera dans le rang : « J'ai proposé quelque chose. Je n'ai pas été suivi. Dont acte. »