Bruxelles pointe les fragilités de l'économie française

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Dans son évaluation annuelle de la situation économique et sociale des Etats-membres publiée mercredi, la Commission réitère sa mise en garde sur le fait que des déséquilibres qui ne sont pas traités par les pays concernés ont un effet négatif pour l'UE dans son ensemble et souligne qu'un nombre croissant de pays sont confrontés à des déficits.
Dans son évaluation annuelle de la situation économique et sociale des Etats-membres publiée mercredi, la Commission réitère sa mise en garde sur le fait que des déséquilibres qui ne sont pas traités par les pays concernés ont un effet négatif pour l'UE dans son ensemble et souligne qu'un nombre croissant de pays sont confrontés à des déficits. (Crédits : Reuters)
Alors que la croissance économique a fortement ralenti entre 2017 et 2018, la Commission européenne regrette une faible croissance de la productivité qui empêcherait "la compétitivité française de se rétablir plus rapidement".

La Commission européenne a égratigné ce mercredi la situation économique de la France, sujette à des "vulnérabilités" en raison de sa dette publique "élevée" et de sa "faible compétitivité". "La France présente des déséquilibres", souligne l'exécutif européen dans un rapport sur l'évolution économique et sociale des pays de l'Union européenne. Ce document, qui présente une véritable radiographie de l'état de santé économique et social de chacun des pays membres, devrait faire l'objet de débats au sein du conseil européen.

Des vulnérabilités liées à la dette

"Les vulnérabilités découlent du niveau élevé de la dette publique et d'une dynamique de faible compétitivité dans un contexte de croissance peu élevée de la productivité", ajoute les commissaires. Bruxelles souligne que cette dette (98,5% du PIB, selon ses dernières prévisions) "ne devrait reculer que de façon marginale", ce qui "rétrécit la marge budgétaire disponible pour réagir aux futurs chocs et pèse sur les perspectives de croissance".

Le déficit public de la France devrait atteindre 3,2% en 2019 - au-delà du fameux seuil des 3% fixé par les règles européennes - mais de manière transitoire aux yeux du commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, ce qui devrait permettre au pays d'échapper cette année à une procédure européenne.

Ce déficit est en effet lié à la transformation en baisse de charges du CICE (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi) et aux mesures mises en oeuvre en raison de la crise des "gilets jaunes". Ce n'est que le 29 mai, après les élections européennes, que la Commission appréciera formellement le budget français pour l'année en cours.  La Commission prévoit pour la France une croissance de 1,3% en 2019, un chiffre sensiblement revu à la baisse par rapport aux prévisions précédentes (1,6%).

Malgré "des progrès" ces dernières années sur "les marchés du travail", "la fiscalité" et "l'environnement des entreprises", les effets des réformes françaises "ne se sont pas encore entièrement concrétisés", poursuit-elle,  réclamant "des actions supplémentaires" pour réformer les "allocations de chômage", le régime des retraites et les finances publiques.

L'Italie dans le viseur de la Commission européenne

Outre la France, l'institution européenne a également exhorté mercredi la coalition populiste au pouvoir en Italie à assainir les finances publiques du pays et a insisté sur "l'urgence" d'une telle mesure en raison des "perspectives économiques qui s'assombrissent". L'Italie "doit prendre des mesures pour améliorer la qualité de ses finances publiques", a déclaré le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, lors de la présentation à Bruxelles d'un rapport sur l'évolution économique et sociale des pays de l'UE.

Le commissaire français a également appelé Rome à "accroître l'efficacité de son administration publique et de son système judiciaire; améliorer l'environnement pour les entreprises et renforcer son marché du travail et le système financier". "L'urgence de le faire est d'autant plus grande que les perspectives économiques de l'Italie s'assombrissent", a-t-il insisté.

M. Moscovici a listé les défis auxquels l'Italie est confrontée: "une dette publique élevée, la faible croissance de la productivité, due également à la lenteur de la reprise des investissements, un chômage structurel élevé et la part décroissante, mais encore élevée, des créances douteuses dans le secteur bancaire".

L'Italie est entrée en récession

L'Italie, affectée par le ralentissement de l'économie européenne et les tensions commerciales au niveau mondial, est entrée en récession fin 2018, compliquant encore plus l'équation budgétaire de son gouvernement. La péninsule, dont le Produit intérieur brut (PIB) a reculé de 0,2% au 4e trimestre, après -0,1% au précédent, est le seul pays de la zone euro dans cette situation.

Pour faire face à ce ralentissement, le gouvernement italien, formé par la Ligue (extrême droite) et le Mouvement 5 étoiles (antisystème), estime nécessaire de mettre en oeuvre un budget expansionniste, et a donc exclu de revoir sa loi de finances, qui table sur un déficit à 2,4% du PIB en 2019, en prévoyant une croissance de 1%.

Risques pour le déficit

Une prévision jugée beaucoup trop optimiste par les experts et les institutions internationales. Or, si la croissance est moindre, le déficit risque de se creuser davantage et de créer un nouveau bras de fer avec la Commission européenne, après celui survenu fin 2018, qui s'était achevé par un compromis.

La Banque centrale italienne et le Fonds monétaire international (FMI) tablent sur une croissance du PIB italien de 0,6% en 2019 et Bruxelles sur 0,2%. "La Commission européenne restera vigilante et suivra de près l'évolution de la situation en Italie", a insisté le vice-président de l'institution, Valdis Dombrovskis.

Au printemps, "nous évaluerons les mesures politiques et les engagements pris pour corriger les déséquilibres macroéconomiques, en particulier le niveau d'ambition du programme national de réforme", a-t-il ajouté. Bruxelles doit publier ses recommandations sur les politiques économiques et les budgets des Etats membres le 29 mai prochain, c'est-à-dire après les élections européennes, une décision qui permettra de ne pas parasiter les derniers jours de campagne avec ce sujet controversé, en particulier en Italie, mais aussi en France.

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Commentaires
a écrit le 04/03/2019 à 16:10 :
Le professeur Moscovici a parlé et reste égal à lui-même avec ses vieilles théories, incapable d'inventer une règle d'or économique pour le développement harmonieux de l'Europe. Comment éviter que l'Europe soit gouvernée par l'ingénierie Allemande, que la Pologne, l'Espagne, la Tchéquie en deviennent les usines, que Netherland prenne le rôle d'agent exportateur mondial, alors que la France et l'Italie s'enfoncent dans le chômage de masse et la pauvreté, en accueillant les touristes.
a écrit le 01/03/2019 à 19:06 :
Si l’économie Française est fragile c’est à cause de Bruxelles
: quand est ce que Bruxelles va indemniser la France pour sa perte financière depuis 18 ans =
56000 euros 💶 par citoyen Français ?
a écrit le 28/02/2019 à 15:16 :
La Commission Européenne ferait bien de se parler entre ses différents"services".
L'Europe vient de reprocher à la France une utilisation trop forte par la police de moyens matériels pour contenir la violence des manifestations, dues en partie à trop d'austérité envers une grande masse de la population, d'un côté, et de l'autre elle souhaiterait qu'elle contienne son déficit budgétaire et améliore son économie tout en répondant aux énormes demandes financière de ses concitoyens.
Chercher l'erreur.
a écrit le 28/02/2019 à 14:39 :
Moscovici fait bien de remettre un peu de rigueur dans le discours économique,c'est courageux.Mais augmenter la dette c'est aussi augmenter l'investissement sur l'avenir,c'est malgré tout positif!
a écrit le 28/02/2019 à 11:13 :
L'UK et la France, les deux ex-puissances coloniales européennes du début de XXème siècle, ont gardé leurs cultures historiques dont celle de "faire travailler les autres". Aujourd'hui, alors qu'elles doivent faire travailler leurs congénères, les habitants de leur métropole et assumer les responsabilités de leur passé colonial, leurs cultures coloniales respectives est un handicap. En effet, ils cherchent à être à la manoeuvre, à être du côté du manche et pas du côté de fer. On oublie de dire que les Allemands ont reconstruit leur pays et leur économie en cinquante ans et sont devenus la grande puissance européenne pendant que UK et la France s'effondraient. Ni l'une ni l'autre ne veut l'accepter et faire accepter cette réalité à leurs peuples. Cela ne change pas la réalité, et celle-ci est très têtue.
a écrit le 28/02/2019 à 9:58 :
Le probleme MISCOVICI n'est pas tres credible on l'a vu en France pourquoi taper sur l'Italie quand la France ne fait pas mieux
a écrit le 28/02/2019 à 9:29 :
"Niveau de la dette".Qui se pose encore la question du "pourquoi" et surtout du "comment" de la "Dette".
Dans le maelstrom de la surinformation ou le fonds passer après le "scoop", personne pour expliquer le "pourquoi et le comment" de la dette.
La dette est liée à la création de l'argent est surtout aux Intérêts produits. C'est là tout l'intérêt pour les Banques d'avoir l'exclusivité du financement de la dette publique.
En gros, l' État a délégué la création de monnaie aux banquiers qui financent de la dette publique sans avoir en caisse le début du moindre euro vaillant ! Ce n'est pas un problème pour eux, vu que les dettes des États, capital+intérêts sont quasiment sures d'être remboursées.
Les intérêts de la Dette française depuis 1973 représentent (environ)...le montant en capital de la dette actuelle.
Cette situation favorable aux banquiers ne pouvait survenir lorsque c'était l'Etat qui se faisait financer par la Banque de France via le Trésor Public....SANS intérêts. La dette, c'est un arnaque legale, un moyen pour tous les financiers de la sphère mondialisée de faire de l'argent facilement et sans risques sur le dos du contribuable, finalement d'asservir les peuples, ce qui est sans doute le but final.
Réponse de le 28/02/2019 à 21:43 :
Votre commentaire est intéressant. Auriez-vous une étude ou article sur le sujet ?
a écrit le 28/02/2019 à 0:41 :
La retraite vous attends Mr Moscovici !
Ce document économique devrait d'abord être étudié et autorisé pour la divulgation par les députés élus du Parlement Européen d'autan plus que nous approchons d' élection européenne. Il est grand temps de changer les règles pour les commissaires européens.
a écrit le 27/02/2019 à 23:16 :
Pas de ministere de l’industrie et un agrege de grammaire jouant les Pompiers. Un desastre.

Macron place ses ministres la ou ils sont le plus incompetents.

Aucune credibilite.
a écrit le 27/02/2019 à 18:52 :
La dette économique est une formidable arnaque dont beaucoup "De Veaux" n'ont pas encore pris conscience.
C'est bien les Êtres humains qui ont créés l'argent et l'économie pour qu'au final leur création devienne ce qui leur détruit le plus sans avoir la moindre empathie, logique de savoir vivre, morale, et humanité.
Le but des Financiers Mondiaux est de vous laisser docile, anxieux et de vous faire croire qu'il existe seulement un seul mécanisme financier possible afin de mieux vous contrôler et surtout de ne pas vous laisser mener votre propre vie dans des conditions décentes.
La vérité dérange et n'est pas bonne a dire, "Une fois que le bateau a coulé, tout le monde sait comment on aurait pu le sauver"
Réveillez-vous les non lobotomisés !!!
N'oubliez jamais que parfois la vraie vérité ressemble a une histoire invraisemblable.
Réponse de le 27/02/2019 à 19:52 :
Vous m' évoquez le sketch du Brexit avec le Project Fear animé matin, midi et ..soir ..!
Réponse de le 27/02/2019 à 23:27 :
Et encore une épaisse couche de complotisme.
Réponse de le 28/02/2019 à 5:44 :
Vous colportez sur internet des theories complotistes de la dette publique.
C est une fake news, merci de verifier vos propos avant de commenter
Réponse de le 28/02/2019 à 12:13 :
Commentaire qui parait complotiste mais qui est totalement vrai.
La pauvreté dans le monde est un choix politique.
a écrit le 27/02/2019 à 18:38 :
Il n'existe aucune perspective heureuse dans cette politique néolibérale au service d'une mondialisation non régulée - qu'à inventé l'Europe depuis 30 ans?
Réponse de le 27/02/2019 à 18:49 :
Tout a fait d'accord avec vous Raoul ! l'Europe tue la croissance mondiale .
Réponse de le 27/02/2019 à 23:24 :
Vous prêtez à l'Europe des pouvoirs qu'elle n'a pas. Elle n'a évidemment pas inventé la mondialisation, qui est le fruit de l'explosion des télécoms et de la logistique. Nulle idéologie délibérée là dedans. A moins de s'appeler Corée du Nord (et encore...) aucun pays, dans et hous UE, ne peut plus s'enfermer derrière des lignes Maginot douanières.
a écrit le 27/02/2019 à 18:28 :
Bruxelles ne fait que confirmer ce qui est évident depuis trop longtemps ; des décennies de déficits publics trop lourds liés non à des impôts trop faibles mais à une dépense publique et sociale trop élevée ont enlevé toute marge de manoeuvre au pays.
Réponse de le 27/02/2019 à 19:03 :
Ou en reformulant d' absurdies maastrichiennes évoluant en GOPE bruxelloises comme l' explique si bien F Asselineau depuis bientôt douze ans ..
https://www.upr.fr/actualite/france/la-feuille-de-route-economique-et-sociale-d-emmanuel-macron-est-mise-a-jour-les-grandes-orientations-des-politiques-economiques-gope-2018-2019/
Tout nous ramène à l' impérieuse nécessité du Frexit..
a écrit le 27/02/2019 à 18:17 :
L'UE n'agit que comme un parasite, elle ne s'intéresse a notre santé financière que pour sa survit mais pas sur son utilité, n'étant que théorique, puisque nous sommes en difficulté... d'après elle!
Les autres pays reçoivent des remarques similaires!

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