Budget : le gouvernement va présenter son projet dans un climat social tendu

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Manifestation des avocats contre la réforme des retraites le lundi 16 septembre.
Manifestation des avocats contre la réforme des retraites le lundi 16 septembre. (Crédits : Reuters)
Retraites, "gilets jaunes", climat... alors que le gouvernement s'apprête à annoncer des mesures d'économies pour financer la baisse de la fiscalité des ménages et des entreprises, les foyers de contestation s'amplifient.

[Article mis à jour à 16 heures le 24/09]

Réformes des retraites, urgences hospitalières, mesures "gilets jaunes", financement de la transition écologique... les dossiers chauds se multiplient pour Emmanuel Macron en ce début d'automne. Alors que le gouvernement doit présenter son projet de loi de finances vendredi 27 septembre prochain, les foyers de contestation pourraient à nouveau déstabiliser la rentrée parlementaire après un premier semestre mouvementé.

De plus, la plupart des instituts de statistiques ont prévu une forte baisse de la croissance pour les deux années à venir. Ainsi, la Banque de France anticipe une croissance du PIB de 1,3% en 2019 et 2020 contre 1,7% en 2018 rendant l'équation budgétaire encore plus difficile que prévu. Pour les fonctionnaires de Bercy qui ont fait chauffer leur calculatrice tout l'été, la dégradation de la conjoncture est un mauvais signal pour les finances publiques même si l'Etat pourrait profiter de la poursuite des taux bas en 2020.

> Lire aussi : L'économie française patine, la zone euro atone

Mobilisation contre la réforme des retraites

La CGT a appelé à manifester ce mardi contre la réforme des retraites du gouvernement programmée pour l'été 2020. La confédération s'oppose notamment au système de retraite par points et exige la reconnaissance de la pénibilité au travail avec un possible aménagement pour les salariés concernés. Cette mobilisation fait suite au mouvement de contestation du week-end dernier porté entre autres par Force ouvrière. Le syndicat présidé par Yves Veyrier en a profité pour rappelé également son opposition au régime universel par points "qui à l'évidence conduira à un recul des droits". Depuis le début du mois de septembre, de nombreuses professions ont signalé leur mécontentement lié aux craintes de voir leur pension diminuer dans les années à venir. Si les foyers de protestation restent disséminés pour l'instant, la tâche pourrait s'avérer périlleuse pour le gouvernement d'Edouard Philippe si les mouvements de lutte convergent.

De son côté, le président de la République a prévu de faire un déplacement à Rodez avec le commissaire Jean-Paul Delevoye pour un débat sur le thème des retraites. Le chef de l'Etat a prévu une rencontre avec 500 lecteurs du journal La Dépêche qui rappelle le format des discussions menées lors du grand Débat au printemps. Le commissaire a promis que des simulateurs individuels seraient mis en place pour mesurer les conséquences de la réforme et tenter de déminer le terrain.

Des niches dans le viseur du gouvernement

Ce lundi 23 septembre, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye avait annoncé la suppression d'un avantage accordé spécifiquement aux personnes âgées de plus de 70 ans qui emploient une personne à domicile. Face aux critiques suscitées par ces annonces, le gouvernement a finalement renoncé au projet de suppression de cette exonération . "J'ai demandé à la ministre du Travail de renoncer à cette mesure", a indiqué Édouard Philippe devant l'Assemblée nationale lors des questions au gouvernement. "Je veux donc rassurer les professionnels et les employeurs : ces mesures n'entreront pas en vigueur", a-t-il ajouté. A la recherche d'économies pour financer certaines mesures, la suppression de cette niche devait permettre de dégager autour de 300 millions d'euros.

Outre cette niche pour les personnes âgées, le gouvernement prévoit de revoir l'exonération partielle de taxe sur le gazole non-routier (GNR) qui avait suscité de vives critiques dans le secteur des transports et celui du bâtiment. L'agriculture et les transports ferroviaires ne seraient pas concernés. La semaine dernière, le secrétaire d'Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari a a expliqué sur l'antenne de France Info que "la mesure qui est annoncée implique une augmentation de 2 centimes par litre de gazole à la pompe; cette augmentation sera répercutée en pied de facture, c'est-à-dire que les transporteurs routiers ne la subiront pas, c'est le client qui la paiera".

Le patronat inquiet

De son côté, le patronat a déjà fait part de son inquiétude. Dans un communiqué publié au milieu de l'été, la confédération des PME estime que pour le budget, "les entreprises ont déjà donné [...] L'augmentation de la fiscalité sur le gazole, la suppression progressive du GNR, représentent déjà un lourd tribut pour les entreprises. Il est maintenant temps de cesser de considérer l'entreprise comme unique variable d'ajustement budgétaire et de la considérer pour ce qu'elle est, le moteur de la croissance et de l'emploi".

Par ailleurs, la trajectoire de la baisse d'impôt sur les sociétés doit être modifiée pour les grands groupes. L'impôt sur les sociétés devait ainsi être progressivement réduit pour atteindre 25% en 2022 pour toutes les entreprises, avec une première étape à 28% l'an prochain. Finalement, les grandes entreprises (au chiffre d'affaires supérieur à 250 millions d'euros) verront leur taux passer seulement de 33,3% à 31%.

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Commentaires
a écrit le 25/09/2019 à 8:43 :
La lecture de la politique de notre je sais plus comment le nommer est totalement incompréhensible, resserrée sur les seuls intérêts de l'oligarchie européenne des pans entiers de notre économie et société s'écroulent.

Des aveugles ne feront jamais des dirigeants, encore moins quand ils sont comptables.
a écrit le 24/09/2019 à 19:38 :
Toujours aussi mauvais à la CGT !
"Faut savoir quelle politique on veut mener, soit sociale, antisociale"
Toujours très limités ces cocos.
Si les gouvernements piquent moins d'argent aux entreprises, et se mettent enfin à soigner et accompagner les ME et PME, c'est évidement antisocial.
ME, PME, startups, artisans, commerçants et agriculteurs n'intéressent pas la CGT.
Si l'Etat aide les entreprises à investir, à moderniser, à digitaliser, à embaucher des jeunes, à prendre des apprentis, à trouver de nouveaux, marchés, à innover, c'est antisocial.
Bpifrance, CDC, Business France, CCI, investissements dans la recherche, c'est antisocial !
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L'antisocial a abaissé le taux de chômage de déjà presque 2,0% depuis 2016.
Il faudrait demander aux chômeurs qui ont retrouvé un job, et aux employeurs qui ont pu se refaire de la trésorerie, embaucher, moderniser ou (et) gagner des parts de marché face à des produits importés, ce qu'ils en pensent.
On a juste endigué une chute vertigineuse de nos entreprises qui ne cessait depuis plus de vingt années.
Et on recrée des industries et des emplois industriels, presque rien !
De plus, le chômage baisse maintenant avec une croissance à moins de 1,5%, ce qui n'était pas envisageable avant.
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La CGT a toujours été un empêcheur de croissance et d'emplois : Contre les heures sup, le travail le dimanche, la modernisation et la robotisation, la recherche de synergies, etc.
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Ceci étant la CGT n'a pas forcement tort sur toutes ses luttes, à voir au cas par cas pour chaque entreprise concernée, mais on ne peut que constater, globalement (au niveau national), qu'elle a freiné l'industrialisation, les services et le commerce.
Et les accords successifs signés sur le dos des chômeurs, avec le MEDEF, ne sont pas vraiment des réussites ! Mais c’était bon pour les adhésions, enfin c’était prévu ainsi, sauf que la CGT perd des adhérents continuellement……
Réponse de le 25/09/2019 à 9:28 :
"ME, PME, startups, artisans, commerçants et agriculteurs n'intéressent pas la CGT".

Lors des élections professionnelles dans les très petites entreprises TPE qui a eu lieu en 2016 , la CGT a été créditée de 25,12% des suffrages et conserve la première place devant la CFDT avec 15,49% des voix, devant Force ouvrière 13,01%L'Unsa 12,49% des suffrages et la CFTC à 7,44%. De son côté, la CFE-CGC chez les cadres 28,83%.

"enfin c’était prévu ainsi, sauf que la CGT perd des adhérents continuellement…… "

D'autre aussi :
Mai 2018 :
Dans un entretien publié par les quotidiens régionaux du groupe EBRA et l’agence de presse AEF (Agence éducation et formation), Laurent Berger indique que « le nombre d’adhérents à la CFDT en 2017 est de 623 802 » et non pas de 860 243 annoncés jusqu’alors.
Réponse de le 25/09/2019 à 10:51 :
TPE et non pas PME
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Philippe Martinez : la CGT, « parfois trop idéologique », doit redevenir le syndicat du quotidien
Des promesses, toujours des promesses, raisons pour lesquelles les adhérents se cassent.
Donc la CGT manque de flouze.
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L'Express, mars:
"Révélations sur le salaire de Philippe Martinez à la CGT"
Réponse de le 25/09/2019 à 18:12 :
"TPE et non pas PME"

Vote dans les TPE ,suite :

Parmi les salariés concernés (4,5 millions en France) figuraient en particulier 485 000 ouvriers du bâtiment et 290 000 commerçants de détail. Ces professionnels ont été identifiés par le gouvernement comme faisant partie des catégories ayant le moins voté lors de la précédente élection,Voilà pourquoi ils sont particulièrement ciblés par la campagne d'information lancée début octobre pour encourager la participation à l'élection, afin de favoriser la représentativité syndicale et le dialogue social. Cette campagne s'appuiera sur différents supports (documents d'information envoyés à domicile, site Web, publicités à la radio). Commerçants de proximité, vous serez également invités à mettre des affiches pour informer vos clients.

Quand au salaire de Martinez ,faut voir aussi les autres confédérations syndicale et patronale pour se faire une idée.Ils doivent tous être dans les mêmes salaires.
a écrit le 24/09/2019 à 17:53 :
C'est l action désordonnée de professions rongees par le corporatisme et qui s'en prennent à l'Etat clientelaire .
a écrit le 24/09/2019 à 17:35 :
Musique des niches fiscales : devant, derrière, un pas en avant, un pas en arrière, cela me rappelle une danse que je pratiquais dans ma jeunesse, le chachacha, en avant en arrière. Là, nous avons une ambiance de foire, LAREM avance, recule, avance, recule. Bon, quand ces jeunots auront grandi nous les prendrons alors au sérieux. Ce n'est pas étonnant; que les enfants louchent sur les fonctions politiques ils ont senti que c'était à leur portée
a écrit le 24/09/2019 à 16:39 :
"Son" budget ? Le budget validé par Bruxelles, orienté par les GOPé, décidé par les libéraux pour dépecer la "bête" issue du CNR...
a écrit le 24/09/2019 à 16:36 :
On s'attaque aux plus de 70 ans qui ont besoin d'aide et dans le même temps on apprend que les anciens ministres , même en fonction quelques mois ont d'énorme avantage à vie que je ne suis pas en mesure de justifier. On suppose que ces avantages en nature sont inclus dans leurs revenus ??
a écrit le 24/09/2019 à 16:35 :
Difficile pour eux de dire qu'il s'agit de la faute des autres gouvernements !!
Car c'est un peu la rhétorique de tous au pouvoir et a force de retourner les petits gens et les travailleurs précaires, disons que l'agenda actuel a été fabriqué par eux mêmes, donc j'imagine aussi qu'ils ont une stratégie.

Tout cela nous dit aussi que leur budget est proportionnel aux renoncements sociaux qu'ils ont fait !

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