L'économie française patine, la zone euro atone

Photo d'illustration
Jean-Paul Pelissier

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Les mauvaises nouvelles s'accumulent pour l'économie française. Selon les derniers chiffres communiqués par le cabinet Markit ce lundi 23 septembre, l'indice composite du secteur privé est passé de 52,9 en août à 51,3 en septembre, soit son niveau le plus bas depuis quatre mois (lorsque le PMI est supérieur à 50 points, cela signifie que l'activité progresse, tandis qu'elle diminue s'il est inférieur à ce seuil). Pour l'économiste Eliot Kerr, "la croissance économique française a été portée par le secteur des services. Les écarts de performances entre celui-ci et le secteur manufacturier se sont en effet maintenus, les prestataires de services continuant de signaler une hausse de leur activité tandis que la production manufacturière est repartie à la baisse en septembre".
En outre, la Banque de France a prévu un fort ralentissement de l'économie en 2019 et 2020 à 1,3% contre 1,7% en 2018 et 2,4% en 2017. Malgré la dégradation de la conjoncture mondiale, "l'économie française se montre assez résistante à la baisse a rappelé l'économiste de BNP-Paribas Hélène Baudchon. Derrière cette stabilité de la croissance française, c'est essentiellement la stabilité de la demande intérieure hors stock qui contribue. Trimestre après trimestre, nous observons 0,5 point de contribution positive de cette demande intérieure".
> Lire aussi : L'économie française devrait stagner jusqu'en 2020
Le moteur de l'appareil productif est en panne. Les statistiques du cabinet Markit indiquent que l'indice qui mesure la production manufacturière s'est replié en septembre à 49,7 contre 50,7 en août, soit un plus bas de deux mois. Du côté des services, les résultats ne sont pas favorables également. L'indice flash du tertiaire s'est replié à 51,6 contre 53,4 en août, soit un plus bas de quatre mois. Le coup de frein des nouvelles affaires s'explique "notamment par une nouvelle baisse de la demande dans le secteur manufacturier, toutefois compensée par une nouvelle hausse des nouveaux contrats dans le secteur des services », expliquent les économistes. Les difficultés dans le moteur industriel tricolore commencent "à se propager, le secteur des services ayant affiché en septembre sa plus faible expansion depuis mai dernier".
Les perspectives économiques s'assombrissent sérieusement en zone euro. Selon les derniers chiffres communiqués par la Banque centrale européenne la semaine dernière, la croissance du PIB de la zone monétaire passerait de 1,9% en 2018 à 1,1% en 2019 avant de légèrement se redresser en 2020. Les banquiers centraux ont revu à la baisse leur prévisions pour 2019 et 2020 par rapport à celles de juin dernier.
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Pour Chris Williamson, chef économiste chez Markit, la situation pourrait vite empirer.
Les entreprises interrogées "se disent toujours préoccupées par les guerres commerciales et les tensions géopolitiques, notamment le Brexit", est-il expliqué dans le communiqué. Devant le Parlement européen ce lundi, le président de la Banque centrale qui finit son mandat dans quelques semaines a déclaré :
"Les données récentes et les indicateurs avancés, comme les nouvelles commandes à l'export du secteur manufacturier, ne montrent aucun signe probant d'un rebond de la croissance dans un avenir proche et l'équilibre des risques pesant sur les perspectives de croissance reste orienté à la baisse", a dit Mario Draghi devant la commission des affaires économiques de l'hémicycle. "Plus longtemps durera la faiblesse du secteur manufacturier, plus grand sera le risque de voir les autres pans de l'économie affectés par le ralentissement", a-t-il ajouté.
économique de l'Italie de 0,1%. Mais certains experts sont encore plus pessimistes, estimant que la troisième économie de la zone euro pourrait de nouveau tomber en récession.
La panne du moteur industriel outre-Rhin se prolonge. Les derniers chiffres de Markit indiquent le premier "le premier repli de l'activité globale depuis avril 2013 et le plus fort taux de contraction depuis octobre 2012. Ces tendances reflètent un ralentissement de la croissance de l'activité de services à son plus faible niveau de l'année en cours ainsi que le deuxième plus fort repli de la production manufacturière depuis juin 2009". La plus forte exposition du modèle économique allemand aux soubresauts du commerce international et la part de la balance commerciale dans le PIB de la première économie de la zone euro permettent d'expliquer en partie ces difficultés. A Berlin, les débats sur la nécessité d'une relance budgétaire sont ravivés par des craintes de récession. Lors d'une récente présentation de l'ouvrage de "L'économie mondiale en 2020" au CEPII, la directrice des études économiques au Crédit Agricole, Isabelle Job faisait le point :
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