Le doute plane sur les 40 milliards d'euros d'économies promis par Bercy
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Le Premier ministre, François Bayrou, lors d’un point presse dans les Alpes, le 27 juin.
Reuters
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Le Premier ministre, François Bayrou, lors d’un point presse dans les Alpes, le 27 juin.
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La pression monte d'un cran pour le gouvernement de François Bayrou. À quelques jours des premiers arbitrages, les fonctionnaires de Bercy font tourner à plein régime les modèles pour trouver 40 milliards d'euros d'économies. En arrivant à Matignon, le chef du gouvernement a promis une « nouvelle méthode » et « plus de transparence » après les brutales dérives budgétaires des années 2023 et 2024.
Malgré ces efforts, les économistes de l'institut des politiques publiques (IPP), dirigé par Antoine Bozio, mettent en doute la crédibilité des 40 milliards d'euros. Dans une évaluation dévoilée ce lundi 30 juin, l'IPP s'interroge : « Ce texte [Le rapport annuel d'avancement, un document qui présente les prévisions économiques et de dépenses] permet-il de reproduire le chiffre de 40 milliards d'euros d'efforts mis en avant par les ministres ? La réponse est non », tranchent les économistes. Pour rappel, le gouvernement a prévu de ramener le déficit de 5,4% cette année à 4,6% l'année prochaine. Un effort équivalent à 40 milliards d'euros. Sur les 40 milliards d'euros, 27,5 milliards d'euros représenteraient la consolidation et 12,5 milliards seraient beaucoup plus nébuleux.
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Comment Bercy arrive-t-il à cette enveloppe massive ? Le ministère des Finances s'appuie sur une mesure en tendanciel. Ce qui signifie que sans effort supplémentaire, le déficit public serait de l'ordre de 5,6 % en 2026, contre 5,4 % prévus en 2025 et 5,8 % en 2024. Une approche également retenue par la Commission européenne, mais Bercy et Bruxelles « ne sont d'accord ni sur le niveau de déficit tendanciel, ni sur les origines de l'évolution tendancielle », pointent les auteurs du rapport. En outre, les économistes de l'Institut des politiques publiques étrillent « le manque d'information sur l'évolution tendancielle des dépenses publiques [qui] rend difficile d'évaluer l'ampleur de l'effort budgétaire ». Un constat sévère au moment où l'exécutif promet plus de transparence.