Carburants : Castex annonce une remise à la pompe de 15 centimes par litre et appelle les distributeurs et pétroliers à faire de même
La Tribune avec AFP

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Francis Mascarenhas
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Alors que le litre d'essence ou de gazole dépasse les 2 euros en France en raison de la flambée des prix de l'énergie depuis la guerre russe en Ukraine, Jean Castex a annoncé ce samedi au Parisien une "remise à la pompe de 15 centimes par litre" à partir du 1er avril. Et ce pendant 4 mois pour tous les Français. Valable sur tous les carburants, cette mesure, qui concernera les ménages comme les entreprises, coûtera à l'Etat environ 2 milliards d'euros. L'Etat remboursera en effet les distributeurs.
Une mesure qui s'ajoute à de nombreuses autres prises ces derniers mois pour tenter d'endiguer les effets de la hausse continue des prix de l'énergie, laquelle a été aggravée par l'invasion de l'Ukraine par la Russie : blocage du prix du gaz, limitation à 4% de la hausse de l'électricité, chèque énergie exceptionnel, indemnité inflation pour 38 millions de personnes, ou encore hausse du barème des indemnités kilométriques. Un ensemble de décisions pesant déjà pour plus de 20 milliards.
Avec cette réduction de 15 centimes, "cela signifie que pour chaque plein de 60 litres, vous économiserez 9 euros", a ainsi évalué le Premier ministre.
Cette réduction s'effectuera au moment du paiement, en caisse ou par carte bancaire à la pompe, et ne sera donc pas visible d'emblée sur les prix affichés à l'entrée de la station, a détaillé le chef du gouvernement. Si l'Etat "remboursera" les distributeurs, Jean Castex les a appelé, tout comme les "pétroliers", à faire eux-mêmes "un geste complémentaire". TotalEnergies, par exemple, a dégagé un bénéfice net de 16 milliards d'euros l'an dernier.
"Si l'État fait un effort de 15 centimes au litre, et qu'ils font par exemple un effort de 5 centimes, c'est bien 20 centimes qui doivent se retrouver dans la poche des Français", a encore exhorté le Premier ministre.
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Jean Castex a adressé un message additionnel aux pêcheurs, dont la "flotte de bateaux" est "très consommatrice en carburant". "Nous travaillons avec les collectivités à des mesures permettant un abaissement de leurs charges sociales et portuaires", a-t-il annoncé.
Mercredi, le président de l'Ufip Olivier Gantois déclarait sur BFM Business que les prix à la pompe, déjà à des niveaux historiques, avaient de fortes chances d'augmenter encore de quelques centimes cette semaine, dans le sillage des cours du brut, a estimé mercredi l'Union française des industries pétrolières (Ufip).
Avec la flambée des prix à la pompe, les vols et siphonnages de carburant ont repris en France. Le phénomène n'est pas encore massif mais les autorités alertent sur la nécessité de mettre en place des mesures de sécurité.
Il y a peu, sur l'autoroute A13, dans l'Eure, un chauffeur de poids lourd transportant une citerne de carburant a été victime d'une tentative de braquage par quatre hommes qui ont utilisé un subterfuge pour le contraindre à s'arrêter. Le chauffeur est parvenu néanmoins à leur échapper et à reprendre sa route.
Les entreprises de transport sont particulièrement ciblées mais aussi les exploitations agricoles où sont entreposées des citernes de gazole pour les tracteurs.
Sur l'ensemble du territoire, la gendarmerie a mis en place des référents sûreté (250 au total) et des correspondants sûreté (au nombre de deux à quatre dans chaque brigade territoriale). Il s'agit pour eux de donner des conseils et proposer des solutions aux entreprises et aux particuliers pour les prémunir contre les vols en général et ceux de carburant en particulier en cette période de forte hausse des prix de l'énergie. Cela va de la mise en place d'une clôture avec un portail de bonne facture, à une surélévation des grilles d'enceinte, en passant par de l'éclairage à détection de mouvements. Mais aussi, plus simple, selon un gendarme, "on conseille de ranger les camions face à la route afin que si des cambrioleurs s'approchent des camions, leurs lampes torche soient visibles de la route, afin que cela éveille les soupçons des automobilistes qui passent". Il cite évidemment la vidéosurveillance avec "un retour sur le téléphone des dirigeants" des sites, ou la "coupure de l'alimentation électrique du pistolet installé sur les citernes de gazole".
(Avec AFP)
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