Chez Hamon, c'est haro sur Macron

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Le candidat PS a besoin de piquer des voix à Emmanuel Macron.
Le candidat PS a besoin de piquer des voix à Emmanuel Macron. (Crédits : GONZALO FUENTES)
Le candidat PS Benoît Hamon mise sur un écroulement d'Emmanuel Macron pour augmenter son score et passer au second tour.

C'est l'un des grands enjeux de ces quatre prochaines semaines : Emmanuel Macron va-t-il s'effondrer dans les sondages d'ici au premier tour de la présidentielle ? C'est en tout cas ce qu'espèrent les autres candidats pour se qualifier au second tour. Et si un effondrement de Macron se produisait, le candidat PS Benoît Hamon pourrait être l'un des grands bénéficiaires de sa chute, le leader d'En Marche !  ayant beaucoup séduit les électeurs du parti socialiste, et notamment plusieurs de ses élus.

Stagnant autour de 15 % dans les sondages, à 10 points de l'accès au second tour, tout en étant dans l'incapacité de s'entendre avec Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon a clairement besoin de prendre des voix à Emmanuel Macron. D'autant que ce dernier est le candidat qui compte aujourd'hui le plus d'électeurs incertains, selon les instituts de sondage. Le candidat PS veut les attirer et le premier débat télévisé qui a vu le candidat d'En Marche ! s'exposer est une première opportunité pour le faire. En effet ces dernières semaines, Emmanuel Macron a longtemps entretenu le flou autour de ses propositions, lui qui se présente comme le candidat du renouvellement, ni de gauche, ni de droite.

Macron souvent sollicité

Raillé par Marine Le Pen, ciblé sur ses liens avec le grand patronat, mais aussi souvent d'accord avec les uns et les autres, Emmanuel Macron a été très sollicité durant ce débat. L'écran de fumée commence à se dissiper et le camp de Benoît Hamon compte bien récupérer les votes de ceux qui, à la base enthousiastes, sont finalement déçus par l'ancien ministre de l'Economie. « A force de ne vouloir contredire personne, Emmanuel Macron ne peut que décevoir », remarque Jérôme Guedj, le porte-parole de Benoît Hamon. Il fait notamment référence à « l'échange surréaliste avec Jean-Luc Mélenchon où Emmanuel Macron s'est dit d'accord sur le taux de majoration des heures supplémentaires de 25 %... »

Un « fact checking » qui vise Macron

Conscient qu'à quatre semaines du premier tour de l'élection présidentielle, il devient urgent de convaincre ceux qui hésitent, l'entourage de Benoît Hamon s'est ainsi livré à un « fact checking » des propositions d'Emmanuel Macron durant le premier débat télévisé sur TF1 lundi soir. Jérôme Guedj a ainsi ciblé les erreurs de Macron durant le débat « sur les peines de prison de moins de deux ans systématiquement non appliquées », ou sur « la réduction du nombre d'élèves par classe qui nécessiterait dans la réalité la création de 12.000 postes de professeurs supplémentaires, alors qu'Emmanuel Macron propose une réduction de 120.000 fonctionnaires ». Mais aussi sur le financement de sa campagne, où, interpellé par Benoît Hamon sur le nécessité de ne pas recevoir des dons de lobbys industriels, Emmanuel Macron a répondu qu'il recevait des dons de « 50 euros en moyenne pour environ 32.000 donateurs », soit 1,6 million d'euros. Ce qui intrigue Jérôme Guedj puisque le mouvement En Marche ! a dit qu'il avait récupéré 7,5 millions d'euros de dons...

Macron comme Fillon ?

Surtout, les proches de Benoit Hamon, pointent du doigt les accointances d'Emmanuel Macron avec le candidat de la droite François Fillon, afin d'éloigner définitivement des électeurs hésitants du vote Macron. Ils ont notamment pointé du doigt le nombre de fois où Emmanuel Macron a abondé dans le sens de François Fillon : « 11 fois » selon Jérôme Guedj. Et d'évoquer la tonalité complice des débats entre François Fillon et Emmanuel Macron. Certains médias ont par ailleurs décompté 16 moments lors du débat où Emmanuel Macron a dit être d'accord avec un des quatre autres candidats présents sur le plateau de TF1.

Reste que Macron n'est pas le seul candidat égratigné par le camp Hamon. François Fillon, qu'il faudra aussi battre au premier tour pour affronter au second tour la candidate de l'extrême droite Marine le Pen solidement ancrée en tête des sondages, a également été ciblé. Fillon serait le candidat du « déclinisme, du pessimisme », selon le porte parole de Benoît Hamon, qui a raillé le fait qu'il ait modifié son slogan « Le courage de la vérité » par « Une volonté pour la France », du fait de ses affaires judiciaires. Bref, c'est la dernière ligne droite pour Benoît Hamon, et son clan doit faire feu de tout bois pour que le candidat PS ait une chance de l'emporter.

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a écrit le 22/03/2017 à 6:48 :
Même si Macron baissait, ce serait d'abord au profit de Fillon dont la dizaine de points perdus depuis janvier sont partis pour 1/3 chez MLP et 2/3 chez Macron. Hamon a mis la barre beaucoup trop à gauche pour récupérer quoi que ce soit chez Macron, sa seule marge de progression est chez Mélenchon. Et pourquoi les électeurs de ce dernier préfèreraient-ils une pâle copie à l'original ?
a écrit le 21/03/2017 à 23:19 :
La fébrilité les gagne, l'angoisse les étreint...allez Macron ! En avant marche !
a écrit le 21/03/2017 à 20:04 :
Ils ont raison , le pauvre Hamon se retrouve bien isolé , il n'a pas compris qu'une grande partie du PS est , depuis longtemps pour la mondialisation, l'argent roi. La gauche/caviar
avec sa cohorte de donneurs de leçon de morale mais richissime. Cette gauche qui , avec Hollande risquait de perdre son pouvoir. On passe à Macron , le clone de Hollande en plus jeune. L'essentiel est de garder la main sur le pouvoir. Hamon est un rêveur, les costumes de Cazeneuve ne sont pas moins bon marché que ceux de Fillon. Pour conclure, il serait intéressant que les électeurs de gauche , sachent combien de membres du PS sont à l'ISF?
Réponse de le 22/03/2017 à 6:52 :
Etre à l'ISF signifie qu'au moins on ne dilapide pas son patrimoine et qu'on sait à peu près le gérer. Et qu'on peste contre cet impôt imbécile et illégitime puisque tant l'acquisition que la transmission de patrimoine sont déjà lourdement taxés.
a écrit le 21/03/2017 à 19:42 :
Je ne comprends pas la stratégie? faire gagner l’extrême droite, coûte que coûte ?

Il aurai du :
- soit se désister au profit de Jean-Luc Mélenchon, plus combatif
- soit en faveur de Macron, mieux placé et plus crédible.

Ce n'est vraiment pas le moment d’essayer de reconstruire le PS, alors que l’extrême droite est aux portes du pouvoir. Dans ce contexte, c'est soit de l'inconscience, soit de l’inconséquence.

De toute façon rien ne sera plus comme avant, après ces élections.
Réponse de le 22/03/2017 à 11:02 :
La strategie c est Hamon 2022. Autrement dit, arriver le soir du premier tour avec un score potable afin de ne pas subir un putch. a partir de la, il garde la tete du PS et espere qu en 2022 le president elu sera discredite par ses echecs comme Hollande ou Sarkozy.
Evidement c est pas gagne, car le PS est un parti d elu. Et pour garder un parti d elu, il faut pouvoir offrir des places. Le PS subit defaite sur defaite et en plus il doit laisser un bon paquet de places a EELV. Un siege pour duflot c est un depute PS de moins

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