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ÉconomieFrance

Présidentielle 2017 : Valls lâche Hamon et attend les législatives

Photo de Mathias Thépot

Mathias Thépot

Publié le 15 mars 2017 à 13:54 - Mis à jour le 15 mars 2017 à 21:53

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Contrairement à ce qu'il avait promis durant la campagne à la primaire de la gauche, Manuel Valls ne ralliera finalement pas Benoît Hamon. Il se positionne dans l'attente des législatives en prévision d'alliances avec le mouvement En Marche ! d'Emmanuel Macron.

Il avait pourtant promis. Comme tous les candidats à la primaire de la "belle alliance populaire", Manuel Valls avait signé la charte de la Haute Autorité des Primaires citoyennes qui stipulait : « Je m'engage à soutenir publiquement le ou la candidat-e qui sera désignée à l'issue des élections des Primaires citoyennes et à m'engager dans sa campagne. » En janvier, lors du second débat télévisé, l'ancien Premier ministre en avait même rajouté une couche en répondant « oui » à la question « soutiendrez-vous le vainqueur de cette primaire ? ». Il avait toutefois ajouté « c'est pour ça que je veux gagner ! », déclenchant les rires des personnes présentent autour du plateau télévisé. Des propos pourtant annonciateurs. Car, largement perdant face à Benoît Hamon fin janvier, Manuel Valls ne soutiendra finalement pas le vainqueur de la primaire de la gauche à l'élection présidentielle de 2017. Une nouvelle promesse non respectée qui ne manquera pas d'éroder une nouvelle fois la parole des dirigeants politiques, à un moment où l'abstention et l'extrême droite sont au plus haut...

La "dérive d'Hamon"

Hier soir, Manuel Valls a ainsi rassemblé ses soutiens à l'Assemblée nationale, et leur a confirmé qu'il ne donnerait pas son parrainage à Benoît Hamon. « Je ne parrainerai personne et je n'ai aucune leçon de responsabilité ou de loyauté à recevoir », a-t-il insisté, relate Le Monde. Valls estime qu'Hamon se lance dans une inquiétante « dérive » empreinte d'« une forme de sectarisme »... Étrange justification quand on sait que le programme de Benoît Hamon était le même durant la primaire, au moment où Valls a promis qu'il soutiendrait le candidat gagnant. Hamon prévoit même un revenu universel moins coûteux qu'il l'avait promis. De leur point de vue, les "Vallsistes" devraient plutôt se satisfaire qu'Hamon tempère son programme. Surtout que la candidat officiel du PS ne fait pas alliance avec Jean-Luc Mélenchon, Ce qui aurait, pour le coup, été considéré par l'aile droite du PS comme un argument de scission du parti. Mais Valls persiste et signe : « Hamon veut créer un Podemos, "corbyniser" [du nom de Jeremy Corbyn, chef du parti travailliste britannique, ndlr] le parti, mais avec cette ligne-là, il n'y a pas de futur », juge-t-il, toujours selon Le Monde.

Ecran de fumée idéologique

Bref, derrière l'écran de fumée programmatique, l'action de Manuel Valls révèle le climat de défiance qui règne au sein du PS. A gauche, nul besoin d'affaire judiciaire de grande ampleur pour détruire une campagne présidentielle. « Je ne quitte pas le PS mais donner mon parrainage à Hamon serait incompréhensible pour les Français », ose Valls, en brandissant sa « sincérité ». « Les Français qui ont voté à la primaire sont abasourdis de voir que des candidats s'interrogent à respecter leurs engagements », rétorque le député PS de la Nièvre Christian Paul, ancien soutien d'Arnaud Montebourg qui s'est, comme son ancien leader, rallié à Hamon. Certains "Vallsistes" aussi s'interrogent sur la manœuvre de leur leader. Toujours au Monde, Luc Carvounas, pourtant fidèle soutien de l'ancien Premier ministre, indiquait en début de semaine : « Ma feuille de route est celle que Manuel Valls a donné le soir de notre défaite, au second tour de la primaire : nous rassembler derrière le vainqueur. Je n'ai pas d'état d'âme, j'accepte les règles de la primaire. »  Il n'aura donc pas été entendu.

Scission en vue des législatives

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Finalement les manœuvres politiciennes auront pris le dessus. C'est, du reste, une nouvelle étape dans la mort programmée du PS version Epinay. Car Manuel Valls compte bien reprendre très rapidement du service : il a certes lâché Hamon, mais n'a pas apporté de soutien à Emmanuel Macron. En effet, il préfère, dans l'optique des législatives de juin prochain, regrouper ses soutiens de l'aile droite du PS dans l'attente du verdict de la présidentielle. Quitte, ensuite, à nouer de nouvelles alliances pour participer à la majorité formée avec Macron si celui-ci l'emporte. Il a dans ce cadre tout intérêt à ne pas soutenir Benoît Hamon qui tire à boulets rouges sur le programme d'Emmanuel Macron : « Qui peut croire que c'est le bon projet pour battre le FN ? Qui peut croire que c'est le vote utile. Il est utile à qui seulement ? Aux grands lobbys industriels. »
Bref, in fine, certains des principaux acteurs du quinquennat Hollande pourraient bien, à la surprise générale, se maintenir au pouvoir. Reste à savoir si Macron, qui ne veut pas de ralliements massifs de "Hollando-Vallsistes" pour ne pas avoir à assumer l'héritage du quinquennat, acceptera ce type d'alliances.

Mathias Thépot

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