Code du travail : Hollande met sévèrement en garde Macron

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François Hollande sort de sa réserve et joue les mentors avec son ancien conseiller puis ministre Emmanuel Macron aujourd'hui Président. Devant des journalistes, en marge d'une visite au Festival du film francophone d'Angoulême, il a demandé au chef de l'Etat d'éviter "des sacrifices (...) pas utiles" en matière sociale.
Cette déclaration intervient le jour du démarrage ce mardi de l'ultime round de concertation entre le gouvernement et les partenaires sociaux sur les ordonnances réformant le code du travail. Celles-ci doivent être présentées officiellement le 31 août, dans un contexte délicat pour l'exécutif après quelques annonces impopulaires, comme la diminution des contrats aidés ou à la baisse des APL, qui augurent d'une rentrée sociale et politique sous tension pour l'exécutif.
Pour la ministre du Travail Muriel Pénicaud, l'objectif de la réforme du code du est de donner "plus de liberté et de sécurité, tant à l'employeur qu'au salarié".
Fusion des instances représentatives du personnel, plafonnement des indemnités prud'homales, place accrue à l'accord d'entreprise: les grandes lignes de cette réforme, promesse phare de la campagne d'Emmanuel Macron, sont connues depuis juin.
Premier reçu par le cabinet de la ministre du Travail Muriel Pénicaud, le Medef, interrogé par l'AFP, n'a pas souhaité s'exprimer à l'issue de la rencontre, qui a duré un peu plus de deux heures. L'U2P (artisanat, professions libérales, commerce de proximité) fermera le bal vendredi après-midi. Entre les deux, seront reçus mercredi la CFTC, la CFDT et la CGT, puis jeudi la CPME et FO, avant la CFE-CGC vendredi matin.
François Hollande sort donc de sa réserve après avoir promis d'observer, au moins dans une "première période". Jusqu'ici, il ne s'était exprimé publiquement qu'à une seule reprise et à mots choisis, à Arles le 21 juillet. Au printemps, il rappelait en privé que "s'exprimer sur son successeur trop tôt en bien ou en mal, est un peu décalé, inutile ou mal compris". Il avait lui-même essuyé début août 2012, trois mois après sa prise de fonctions, une vive critique de son prédécesseur Nicolas Sarkozy contre son immobilisme supposé dans le dossier syrien. Une sortie qui avait été à l'époque jugée "inopportune et inélégante", voire "irresponsable", par les soutiens de François Hollande.
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Pour ce dernier, il faut au contraire "conforter le mouvement qui s'est engagé, l'investissement, la consommation, le pouvoir d'achat et éviter toute décision qui viendrait contrarier ce mouvement".
Alors que plusieurs indicateurs économiques sont au vert, sa garde rapprochée s'est empressée ces derniers jours de défendre le bilan de l'ancien chef de l'Etat en lui attribuant les mérites de l'embellie. Et François. Hollande est lui aussi monté au créneau mardi pour réhabiliter son action.
"Ce qui compte, ce n'est pas simplement d'avoir des lauriers même s'il y a eu aussi, avant les compliments, beaucoup de reproches. C'est aussi de pouvoir faire en sorte que les Français puissent avoir des conditions de vie meilleures. C'est ce qui m'avait motivé, mobilisé, tout au long de ce quinquennat", a encore glissé François Hollande.
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"J'avais hérité d'une situation très difficile qui était celle de la crise. Mon successeur a une situation meilleure mais tant mieux", s'est-il encore félicité avec une certaine malice, avant d'assister à la projection du film d'Albert Dupontel "Au revoir là-haut".
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