Fermetures administratives, chute abyssale du chiffre d'affaires, mesures d'urgence, nouvelles offres commerciales, numérisation, télétravail... dans une vaste enquête menée auprès de 50.000 dirigeants, l'Insee dresse un panorama instructif des conséquences de la pandémie sur l'activité et l'organisation des entreprises depuis le premier confinement.La propagation du virus a bousculé profondément l'organisation de milliers d'entreprises en France. En seulement quelques jours, beaucoup de dirigeants ont dû baisser le rideau de leur société et des millions de salariés ont basculé en travail à distance, souvent dans la précipitation et l'impréparation. Dans une étude publiée ce jeudi 10 décembre, l'Insee revient en détail sur les répercussions importantes du confinement sur l'activité au travers d'une large enquête réalisée à l'automne auprès de 50.000 entreprises. "Un tiers des sociétés a fermé pendant le premier confinement. Une minorité de sociétés a alterné entre des ouvertures et des fermetures. Les résultats de l'enquête sont une photographie à l'automne. Si on refaisait l'enquête maintenant, les résultats seraient encore différents", a expliqué Sylvain Moreau, directeur des statistiques d'entreprises à l'institut public lors d'un point presse.
La dégradation de la situation sanitaire à l'automne et la saturation des services de santé ont obligé le gouvernement à mettre en oeuvre de nouvelles mesures de restriction (couvre-feu, confinement, limitation des déplacements) qui devraient avoir un impact moins sévère que le premier confinement du printemps. Beaucoup d'entreprises se sont adaptées en développant par exemple le click and collect, et les salariés avaient déjà eu l'expérience du télétravail. Cet "effet d'apprentissage" devrait limiter les dégâts sur l'économie au dernier trimestre.
Les petites entreprises plus touchées par les fermetures
La mise sous cloche de l'économie tricolore n'a pas eu les mêmes conséquences selon la taille et le secteur des entreprises. En effet, les fermetures ont principalement concerné les établissements de moins de 50 salariés (36% contre 20% pour les entreprises de plus de 50 salariés). Le contraste est encore plus saisissant pour les firmes de plus de 250 salariés. Ainsi, seules 13% d'entre elles ont connu des fermetures.