Comment les entreprises organisent le retour au bureau de leurs salariés

 |  | 1959 mots
Lecture 10 min.
(Crédits : DR)
ENQUÊTE 1/2. Alors qu'un reconfinement est de plus en plus évoqué suite à l'arrivée en France du nouveau variant britannique, les entreprises s'interrogent sur les conditions des retours au bureau de leurs salariés. Enquête sur comment le télétravail a changé les règles du jeu.

> Voir le DOSSIER : « Télétravail : un progrès pour tous ? »

Bruno est directeur commercial dans une grande banque de la région parisienne. Divorcé, ce quadra est en télétravail presque à 100% depuis le début de la pandémie : « Je suis revenu au bureau quelques jours par semaine, cet été. Pour le reste, mon entreprise américaine a appliqué la consigne : un maximum d'employés chez eux ». Une situation qui, peu à peu, a pesé sur son moral. « Au début,  c'était plutôt agréable. J'évitais les temps inutiles de trajets, et j'y trouvais une certaine liberté. Mais, en décembre, je n'en pouvais plus d'être seul dans mon salon, à enchaîner les réunions Zoom... je bossais beaucoup plus qu'avant, je déprimais, mangeais n'importe comment... », confie-t-il.

Bruno demande alors à sa hiérarchie de revenir un peu au bureau. Alors même, qu'entre la fin octobre et début janvier, le protocole sanitaire en entreprise impose le télétravail comme LA règle. Selon le gouvernement, il doit être « porté à 100% pour les salariés qui peuvent effectuer l'ensemble de leurs tâches à distance ». La direction accepte de délivrer à Bruno une dérogation, elle le charge de relever le courrier postal de son service. « Faire le factotum était un prétexte pour justifier mon déplacement mais peu importe, cela m'a fait le plus grand bien. Même s'il n'y avait pas grand monde dans l'open-space quand j'y allais », avoue-t-il.

Combien sont-ils comme Bruno à craquer ? A n'en plus pouvoir de passer leurs journées chez eux, les yeux rivés sur leur écran ? A se sentir isolé, démotivé, oppressé ? « Plusieurs milliers », répond le ministère du Travail. C'est pour faire face à cette souffrance que depuis le 7 janvier, Elisabeth Borne a d'ailleurs assoupli ses recommandations : « Il s'agit de permettre à celles et ceux qui en éprouvent le besoin de revenir sur site, avec l'accord de leur employeur, une journée par semaine ». Plus qu'une question d'organisation, la ministre du Travail y voit « un enjeu de santé publique », alors que la propagation du virus continue.

Lire aussi : Le télétravail, une « prison » pour le salarié ?

6 salariés sur 10 en détresse psychologique

Medef et syndicats alertaient depuis cet été le gouvernement sur une augmentation des troubles chez les travailleurs : isolement, fatigue intense,...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 13/01/2021 à 17:42 :
@septic , y a pas de solutions miracles. Le télétravail ne peut être envisagé à 100% pour tt le monde, car les conditions de travail chez soi ne st pas idylliques pour ts ( tt le monde n'a pas forcément une résidence secondaire à la campagne avec de la place à revendre), bcp de personnes craignent l'isolement, voire le déclassement et l'ennui : les réunions informelles devant la pause café ou la pause clopes, ça a aussi ses adeptes...
Par contre, c'est un outil idéal pour un cadre dt les collaborateurs ou interlocuteurs st éparpillés en France où à l'autre bout de la planète. Mais attention à la cambrousse si on veut être bien connecté.
a écrit le 13/01/2021 à 11:11 :
Comme ds tte nvelle organisation, passer brutalement de tt à son contraire s'apparente à du dogmatisme qui se révèle à un moment contre productif. Tt est affaire de compromis, avec des tâtonnements, des rétropédalages si nécessaire, car l'esprit humain ne peut se plier automatiquement et efficacement à des choix technocratiques brutaux, sauf à faire appel pudiquement parlant, à de la "destruction creatrice". Mais ds une E auparavant performante, le jeu en vaut il vraiment la chandelle ??!!
a écrit le 13/01/2021 à 5:30 :
C'est moins facile de harceler, de hurler après ses esclaves à distance, et moins valorisant pour l'ego des petits chefs incompétents et apathiques, dont l'avenir semble radieux.
a écrit le 12/01/2021 à 22:00 :
J'ai 59 ans après avoir bataillé, j'ai été en télétravail de fin mars à début juillet et puis du 09 novembre à ce jour. J'ai dû amener tout mon matériel de bureau car il n'y a pas assez de portables pour tout ceux qui souhaitaient faire du télétravail. Dans certaines sociétés, qui veut et pourrait faire du télétravail ne peut pas le faire car l'employeur ne le souhaite pas et de ce fait ne donne pas les moyens. Je suis très heureux de faire du télétravail, je m'impose des heures car je dois être en contact avec mes collègues. Je tiens mes heures. Après tout ceci qui j'espère va bientôt cesser, je sais que je serai obligé de revenir dans mon entreprise sans faire aucune journée de télétravail. Il faudrait aussi traiter des articles dans ce sens. "La réticence des employeurs a permettre à leurs salariés de faire du télétravail car ils pensent qu'ils ne font rien chez eux" Merci
a écrit le 12/01/2021 à 21:54 :
Les entreprises organisent le retour des collaborateurs au travail, pendant que les pouvoirs publics et leurs dirigeants multiplient les occasions de les en dissuader. Si l'Etat n'est pas l'ennemi, nous dit-on et c'est vrai, c'est du moins trop souvent en ce moment "un ami qui nous veut du bien" : or, on ne fait pas le bien de quelqu'un contre sa volonté, même pour le sauver, même pour ouvrir le parapluie...
a écrit le 12/01/2021 à 19:43 :
C'est reparti: la propagande anti-télétravail redémarre !
Des gens immatures, pas organisés, qui se plaignent alors que la crise va détruire beaucoup d'emplois, que les villes sont engorgées, pollulées par les transports, ...
Comment peut-on se sentir oppressés chez soit ?
Alors que personne n'est là pour nous surveiller, nous juger d'un regard ?
Il y a vraiment chez qui cela tourne pas rond.
Réponse de le 13/01/2021 à 5:37 :
Etes vous vraiment sûr qu'on n'est pas surveillé, jugé, espionné chez soi, surtout en teletravail ?
a écrit le 12/01/2021 à 16:51 :
Bof, j"ai l"impression que ce qui manque le plus à Bruno,c'est une nouvelle femme depuis son divorce et que cela lui pèse de ne plus pouvoir draguer une secrétaire avec son salaire de directeur commercial au bureau et personne à l'open space pour prendre un café.Et oui, tu es seul Bruno maintenant dans ton grand l’appartement et à part faire tes courses et ta lessive tu t"ennuies à mourir devant ton écran,fini le bon temps.
Réponse de le 13/01/2021 à 13:36 :
+1
a écrit le 12/01/2021 à 15:52 :
Je comprends parfaitement la réaction de Bruno. Pour moi, le télétravail ressemble à un emprisonnement. Au début, c'est nouveau, c'est sympa. Mais si ça devient la routine, c'est insupportable!
a écrit le 12/01/2021 à 14:56 :
Encore un peu de pédagogie par peur d annoncer un confinement qui valide encore un échec Sont ils encore crédible d être en guerre,? De plus aucune homogénéité au niveau régions encore moins au niveau Europe
a écrit le 12/01/2021 à 13:07 :
"Alors qu'un reconfinement est de plus en plus évoqué suite à l'arrivée en France du nouveau variant britannique"

Hier ou avant hier pourtant Véran disait qu'il n'était pas question d'un nouveau confinement mais les journalistes télé et radios insistent visiblement, où quand les médias de masse nous disent ce qu'il faut faire quand il faut le faire et pourquoi il faut le faire, le citoyen n'a absolument aucune chance.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :