Comment Macron compte sur le plan Juncker pour soutenir la French Tech

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Emmanuel Macron et Jyrki Katainen au milieu de startuppers au Numa.
Emmanuel Macron et Jyrki Katainen au milieu de startuppers au Numa. (Crédits : DR)
Le ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique a fait visiter jeudi l'incubateur Numa, haut lieu des startups parisiennes, et le siège de Priceminister au vice-président de la Commission européenne, Jyrki Katainen chargé du plan d’investissement européen de 315 milliards d’euros. Une partie devrait être consacrée au soutien au capital-risque - principal soutien aux startups du numérique - qui demeure la faiblesse de l’écosystème européen.

« La France est la première nation d'Europe, même en comptant le Royaume-Uni, en termes de création de startups » a vanté Emmanuel Macron au vice-président de la Commission européenne, Jyrki Katainen, qui réalise une « tournée pour l'investissement » dans toute l'Europe jusqu'en octobre avant d'engager les premiers euros du plan Juncker de 315 milliards d'euros. Le ministre de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique lui a fait visiter jeudi l'incubateur Numa, l'un des hauts lieux de la scène parisienne des startups, dans le Sentier, et une des vitrines de la French Tech, l'écosystème français des jeunes pousses du numérique. Les deux dirigeants ont pu brièvement échanger avec quelques jeunes entrepreneurs avant de prendre une jolie photo souvenir.

« Il faut un marché unique du digital, définir une stratégie numérique européenne, unifier nos règles» a déclaré sur place le ministre, déplorant que « notre marché est notre petit, le même sujet de taille critique se pose en Allemagne, nous n'avons pas ce marché domestique énorme comme les Chinois ou les Américains, il y a des barrières administratives, fiscales, etc. »


Derrière cette ambition commune d'un marché unique du numérique, Emmanuel Macron veut faire émerger un sujet, celui du problème de financement des startups.

« Il y aura une poche de capital-risque dans le plan Juncker. Nous n'allons pas abandonner les grands projets d'infrastructures, le BTP reste une priorité du gouvernement. Mais il est nécessaire de faire plus en capital-risque, vous le savez bien, c'est une des faiblesses européennes » a-t-il fait valoir.

Faire émerger des géants européens du capital-risque

Le gouvernement français espère convaincre la Commission qu'une partie des 5 milliards d'euros qui peuvent être « fléchés » pour de l'investissement directement en « equity », en fonds propres, soit affectée en priorité au capital-risque. Plus exactement, l'idée est de « faire émerger une offre de financement européenne », de « transformer le secteur du capital-risque » qui a besoin d'un « vrai changement d'échelle » explique le cabinet du ministre. 
A travers le plan Juncker, l'idée serait d'aider des équipes de gestion à se structurer pour faire émerger des fonds de "Large Venture" privés puissants, « de très grande taille, plus de 300 millions d'euros », capables de prendre de « gros tickets » (plusieurs dizaines de millions) dans des entreprises en phase d'accélération, plutôt à l'image d'un BlaBlaCar qui a levé 100 millions de dollars l'été dernier ou de l'e-commerçant Sarenza (74 millions d'euros). Bercy se désespère que plus de 70% des levées de plus de 10 millions d'euros en Europe fassent intervenir des capitaux-risqueurs américains.

L'ex-Premier ministre finlandais, chargé à la Commission de l'emploi, la croissance, l'investissement et la compétitivité, a bien reçu le message : « les startups nous ont dit qu'elles ont avant tout besoin d'equity pour développer leur business. L'EFSI  peut aider » a-t-il publié sur son compte Twitter, en référence au Fonds européen pour les investissements stratégiques (EFSI), qui sera le principal instrument visant à mobiliser les 315 milliards d'euros du plan Juncker, au sein de la Banque européenne d'investissement (BEI).

Le sujet a semble-t-il été largement débattu ensuite entre Emmanuel Macron et Jyrki Katainen lors d'un déjeuner privé organisé au siège de Priceminister, la pépite de l'e-commerce français rachetée en 2010 par le japonais Rakuten, autour de certains des plus illustres représentants de l'écosystème de startups français, dont Frédéric Mazzella, le cofondateur et directeur général de BlaBlaCar, Marie Ekeland, co-présidente de l'association France Digitale, associée partie depuis peu de la société de capital-risque Elaia Partners où elle avait mené Criteo jusqu'à son introduction triomphale au Nasdaq, et Olivier Mathiot (cofondateur de Priceminister).

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Commentaires
a écrit le 15/03/2015 à 17:08 :
Il est vrai que l'ingéniérie française est réputée et contribue largement à la compétitivité des grands groupes tricolores. Ceci dit, la culture du "spin-off" devrait être davantage cultivée, ceci afin de créer davantage de partenariats gagnants-gagnants dans des domaines d'excellence qui s'appuient sur la réactivité des petites structures, les sondes et antennes de flanc, par exemple.
a écrit le 15/03/2015 à 11:15 :
L'Europe soutient les technologies monopolistiques américaines. Partant de là, le marché européen sera toujours en retard sur la concurrence. Les Chinois et les Russes commencent à fabriquer leurs propres processeurs, systèmes d'exploitation et langages informatiques. Ils deviennent indépendant et peuvent donc devenir de vrais concurrents. Pas nous...
a écrit le 15/03/2015 à 10:51 :
Certains sites disent injustement que macron est un "pantin atlantiste" à la sauce bilderburger, nous avons là l'exemple par la french tech que macron se démène, les fast food ces entreprises qui sont dans la mouvance de la vision économique globale de macron devrait rebondir sur la popularité de macron pour augmenter leur chiffre d'affaires et créer un nouveau hamburger : le "Mac Ron" .
Réponse de le 15/03/2015 à 17:08 :
Sauf que la French tech d'aujourd'hui est une pépinière pour la Silicon Valley, et c'est encore le contribuable Français qui paye...
Réponse de le 15/03/2015 à 18:57 :
Si tel est vraiment le cas, cela donne crédit aux sites qui le critiquent, ou est donc la vérité, est-il un "pantin" ou quelqu'un "digne de confiance" ?
a écrit le 15/03/2015 à 9:28 :
il commence bien sa carrière de politicien après avoir pantouflé dans une banque. Il attend beaucoup des autres il est à la bonne école, un bobo de gauche par excellence. Qu'il n'oublie pas de prendre ses cachets pour rester calme.
a écrit le 14/03/2015 à 21:36 :
Macron a l'illusion de la jeunesse , bull était censé concurrencer IBM , on a vu le résultat . Les hauts fonctionnaires français sont des ânes lorsqu'il s'agit de faire du business dans la technologie donc la BPI ça sent déja le sapin à l'image de leurs investissements boursiers . C'est des types comme NIEL ou SIMONCINI qu'il faut à la france pas des fils à papa qui rêvent de piloter une boite du CAC 40 en ayant jamais rien prouvé si ce n'est avoir aligné des équations différentielles entre 18 et 20 ans...
Réponse de le 14/03/2015 à 22:50 :
Les Enarques et le business, c'est comme rasta rockets aux JO d'hiver. Comme ils pantouflent par copinage, il ne leur reste que la com et les réseaux pour surnager.
a écrit le 14/03/2015 à 10:08 :
Si ca marche la boite vaudra beaucoup d'argent, les fondateurs seront minoritaires et redevables de l'ISF sur des titres qu'ils ne pourront pas vendre. C'est ce genre de situation idiote qui a conduit des entrepreneurs brillant à devoir s'exiler fiscalement. Si un mécanisme moins stupide remplacait l'ISF, on aurait probablement moins de difficulté à attirer des fonds, alors qu'aujourd'hui quand ils investissent ils savent que le probleme de la sortie va tout fausser pour les fondateurs de la boite dans laquelle ils investissent.
a écrit le 14/03/2015 à 8:52 :
Article pas très honnête !!!

Ce n'est pas 315 milliard
mais 21 milliards que va mettre l'Europe
Et il faudra déjà les voir en réel
a écrit le 14/03/2015 à 8:46 :
haha !!
la france veut que des gros fonds prennent plein de risques pour que la france puisse menacer de nationalisation les start ups devenues grandes!!!!
ca va pas etre facile de convaincre les investisseurs! deja que la taxe a 75% et les insultes permanentes ca en rebute plus d'un....
a écrit le 14/03/2015 à 2:52 :
Le capital risque est présent quand le modèle et le produit sont bons, en matière d' objets connectés notamment. Les essuies glace pilotés à distance par SMS en sont un bon exemple.
Comme le soulignait M Macron dans un débat récent, le textile intelligent est aussi une voie prometteuse susceptible d'intéresser les financiers : le ciré thermoformable en fonction de la pression atmosphérique est une trouvaille typique ce cet esprit d'innovation si cher à M Hollande.
Réponse de le 14/03/2015 à 7:02 :
Le capital très risqué la!
a écrit le 14/03/2015 à 0:14 :
Ce n'est pas que je connaisse trop les "start-up" et le capital-risque, mais 1) une start-hup qui a un bon produit n'a pas vraiment besoin de beaucoup de fond, surtout dans l'info. 2) et voyez les Mulliez, entre autres, tu paries sur trois sociétés DONT une va vraiment cartonner. C'est la base du métier de négri.. pardon, zinvestisseur.
Réponse de le 14/03/2015 à 10:14 :
En effet, vous semblez ne rien savoir sur les start-up et le capital risque...
Réponse de le 14/03/2015 à 23:54 :
Avec tant d'explication, vous devez en savoir franchement "beaucoup"... :-)
a écrit le 13/03/2015 à 23:50 :
Ridicule ! Quel jeune avec des idées va se lancer en France pour ensuite se faire plumer à la revente de sa start-up par l'impôt sur la plus-value qui dépasse 60% avec CSG etc. ? Dans les pays normaux le même impôts est de l'ordre de 20%. Ce discours est bidon et faux.
Réponse de le 14/03/2015 à 0:10 :
"le même impôts est de l'ordre de 20%"... En Corée du Nord..?? Non mais, je cherche, là... Arrêtez le délire et fournissez des preuves de ce que vous avancez. (sources fiables et vérifiables, pléase)
a écrit le 13/03/2015 à 23:47 :
Macron devrait aussi expliquer aux ingenieurs comment il va les essorer avec des impôts des qu'ils auront des salaires hightech et comment il ne pourront jamais esperer vivre dans plus de 40 m2 en ile de france. Aprs ca, les ingenieurs n'auront plus qu'un idee : se casser prendre un job pepere en province.
a écrit le 13/03/2015 à 19:54 :
La French Tech…. c'est quoi déjà ?….
Réponse de le 14/03/2015 à 0:18 :
Contrairement à la basse estime que vous avez de vous, la plupart des Franchouillards ont une éducation supérieure à celle d'autres pays et s'en sortent très bien quand il s'agit d'avoir de l'inventivité... La preuve : nos meilleurs ingés se vendent très bien dans d'autres bleds (entre autres). Et c'est pas pour rien.
a écrit le 13/03/2015 à 19:17 :
French Tech est une bêtise: il faut "Tech" tout simplement.
Il faut viser le marché mondiale de manière intrinsèque = que le client achète votre produit parce qu'il est bon !!! Le reste c'est du nombrilisme. Aider la Tech: oui !! Y coller un coq, c'est nul, on n'est pas au rugby... Mais bon, quand un gouvernement a commencé par aligner les impôts des placement risqués sur ceux du travail sans risque, on peut se dire qu'il aura du mal à comprendre la réalité mondiale et le prix du "risque" nécessaire dans la Tech.
a écrit le 13/03/2015 à 17:36 :
CA VAS DANS LE BON SENS???
Réponse de le 15/03/2015 à 9:29 :
vous avez le droit de rêver les yeux ouverts, vive le monde des Bisounours

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