Commerce extérieur : le pari raté du quinquennat

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François Hollande et Nicole Bricq n'ont pas atteint leur objectif d'équilibrer la balance commerciale de biens manufacturés.
François Hollande et Nicole Bricq n'ont pas atteint leur objectif d'équilibrer la balance commerciale de biens manufacturés. (Crédits : AFP)
En 2012, le gouvernement assurait que la balance commerciale hors énergie serait à l'équilibre en 2017. Non seulement le déficit commercial ne s'est pas réduit, mais il a augmenté

3 décembre 2012. Nicole Bricq, alors ministre du Commerce extérieur annonce un plan stratégique pour relancer les exportations tricolores. Quatre grands secteurs d'avenir, qui se résument en quatre expressions - "mieux se nourrir", "mieux se soigner", "mieux vivre en ville" et "mieux communiquer" -, et 47 pays cibles sont au centre de cette stratégie qui doit permettre à la France d'équilibrer sa balance commerciale "hors énergie".

Pour expliquer cette stratégie, la ministre se repose sur une étude de la direction du Trésor en association avec Ubifrance, devenue Business France en 2015 après sa fusion avec l'Agence française des investissements internationaux (AFII).

"Nous avons identifié une liste de 47 pays qui représenteront 80% de la demande mondiale en 2022. Il se trouve que ces 47 pays reçoivent déjà aujourd'hui 80% des exportations françaises. Ils comprennent des pays développés dont dix membres de l'Union européenne, les grands émergents dits BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) mais également des pays émergents de taille moyenne dont on sait que leur forte croissance les classera parmi les principaux acteurs de la demande mondiale à l'horizon 2022 ", avait expliqué Ramon Fernandez, alors directeur général du Trésor, aujourd'hui directeur financier d'Orange.

Le pari est alors jugé ambitieux mais la ministre en est convaincue, celui-ci sera tenu grâce aux nombreuses réformes en cours et en préparation.

La compétitivité-prix du made in France s'est redressée

Depuis cette date, de nombreux élément sont venus renforcer la compétitivité du made in France. Grâce au crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) intégré au Pacte de compétitivité et aux allègements de charges contenus dans le Pacte de responsabilité, le coût du travail dans l'industrie est depuis 2015 inférieur à celui observé en Allemagne. Ce n'était plus le cas depuis 2008. En revanche, dans les services, ce n'est toujours pas le cas, ce qui sape en partie les effets des mesures dont l'objectif de relever la compétitivité prix des produits tricolores.

Entamé à l'été 2014, le repli de l'euro face au dollar a également donné un peu de marge de manœuvre aux entreprises qui exportent hors de la zone euro. Quant à la chute des cours des matières premières, et notamment de ceux du brut, également observée à partir du second semestre 2014, elle a également participé au redressement de la compétitivité-prix des produits français.

Les forces en présence

Autre point positif, le nombre d'exportateurs a augmenté. En 2012, les Douanes en recensaient 119.518, 120.917 en 2013, 121.526 en 2014 et 125.158 en 2015, soit une augmentation de 5% sur la période. A noter, l'Italie compte deux fois plus d'entreprises exportatrices et l'Allemagne, trois fois plus. Ces deux pays ont d'ailleurs une balance commerciale excédentaire, facture énergétique comprise.

Et pourtant, en dépit de tous ces éléments favorables - auxquels on peut ajouter la création de BPIFrance, de Business France et la naissance de la "diplomatie économique" si chère à Laurent Fabius lorsqu''il était au Quai d'Orsay - la balance commerciale hors énergie reste dans le rouge. L'objectif était d'équilibrer les comptes ? Non seulement cet objectif a été raté mais, plus grave, le déficit hors énergie n'a cessé de progresser. Dans de larges proportions.

Le déficit hors-énergie n'a cessé de se creuser

Les statistiques contenues dans le rapport économique et financier (REF) annexé au projet de loi de finances (PLF) 2017, que Bercy a dévoilé ce mardi, l'attestent. En 2014, si l'on tient compte de l'excédent dégagé dans le secteur agro-alimentaire, le déficit hors énergie de la France s'est élevé à 21,1 milliards d'euros en 2014, 24 milliards d'euros en 2015. Il devrait atteindre 33,8 milliards d'euros en 2016 et 35,4 milliards d'euros en 2017.

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Commentaires
a écrit le 05/10/2016 à 8:45 :
l'article gagnerait à expliquer quels sont les secteurs qui ont vu leur deficit se creuser
a écrit le 04/10/2016 à 19:48 :
Euh...il n'y a pas que ce pari qui a été raté. ....d'ailleurs analyser une politique economique comme un pari pose déjà problème....
a écrit le 04/10/2016 à 19:00 :
la balance commerciale "hors énergie" cela veut bien dire la balance en excluant le déficit énergétique (la facture énergétique, comme ils disent) ?
la facture énergétique 2015 étant de 40 milliards. et le déficit commercial des biens de 45 milliards. le déficit commercial est essentiellement dû à l'énergie. je me trompe ?
comme disait le gouvernement en février, la balance des biens/services hors facture énergétique est excédentaire d'environ 29 milliards.
noter aussi que le solde courant se rapproche de l'équilibre, a - 2,7 milliards.
a écrit le 04/10/2016 à 17:30 :
S'il n'avait rate que ça, et je te dis pas la note salée qu'il va laisser en partant ! Mais bon, il s'en tape, il va avoir une retraite plus que dorée pendant que les contribuables vont souffrir :-)
Réponse de le 04/10/2016 à 20:04 :
Que cela vous plaise ou non, HOLLANDE a baissé le déficit public alors que NS l'a fait exploser. Et c'est NS qui a fait aussi exploser les coûts salariaux. HOLLANDE les a baissé.
Et je ne parle pas des exportations d'armement, ridicules sous NS.
Quand au charlatanisme consistant à faire exploser le déficit par des baisses d'impôts, il va nous conduire tout droit à devenir un pays-sous développé.

Depuis 5 ans, LR passe leur temps à expliquer qu'ils ont une méthode miracle pour baisser le déficit public en augmentant la croissance.
(Méthode qu'ils n'ont pas appliqué entre 2002 et 2012)
Maintenant, on apprend que c'était du vent... Et que NS veut refaire ce qu'il a fait en 2007. Et faire exploser le déficit jusqu'à 4.7 % du PIB par des baisses d'impôts.
a écrit le 04/10/2016 à 17:26 :
S'il n'y avait que le commerce extérieur, ce quinquennat est une catastrophe en général.
Si on croit le contraire, il faut demander aux chômeurs, retraités, ce qu'ils en pensent.
Réponse de le 04/10/2016 à 21:03 :
Vous, les chômeurs, les retraités ou l'archiduc d'Autriche peuvent penser ce qu'ils veulent: les faits ont la vie dure, le quinquennat hollande aura posé des bases saines pour les entreprises, et les propositions actuelles des prétendus Républicains nous ramèneraient au moins cinq ans en arrière. Il faut reconnaitre, à notre corps défendant, que FH aura eu le courage de mener une politique de l'offre, rapidement efficace mais illisible pour une grande majorité de son camp, et forcément illégitime pour ceux d'en face, à qui il ne reste que l'invective.
a écrit le 04/10/2016 à 17:14 :
le deficit des biens n'est pas passé de 75 milliards en 2011 à 45 milliards en 2015 ?
en 2015, les exportations françaises ont progressé plus vite que le commerce mondial.
le deficit global 2015 (bien/services/trading) a été annoncé à 10 milliards en février, il me semble.
Réponse de le 04/10/2016 à 19:31 :
Il ne fait pas bon dire à La Tribune qu'elle mène une campagne anti-Hollande à tout prix, y compris celui de présenter des bonnes nouvelles sous un mauvais jour... Précédent commentaire non publié, on verra pour celui-ci.
a écrit le 04/10/2016 à 16:38 :
on est toujours l artisan de son sort !

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