Il y a parfois des avantages à être faible. Mais ils ne durent pas longtemps. Alors que l'Allemagne subit le ralentissement de l'économie chinoise, la France en ressent à peine les effets. Tel est le principal enseignement de l'étude publiée ce matin par les services des Douanes, en marge de la publication des statistiques portant sur le déficit commercial, une nouvelle fois très décevantes.
La période faste est en effet terminée. Au cours des années 2005-2011, la plupart des pays de l'Union européenne bénéficient de l'essor des exportations vers la Chine. L'Allemagne fait mieux que tous les autres, affichant une progression moyenne de ses exportations de 21%. De leur côté, la France, l'Italie et l'Espagne ont vu leurs exportations vers la Chine progresser de 14% en moyenne.
Mais cette période d'euphorie ne dure pas. A partir de 2011, la croissance chinoise s'essouffle, avec une croissance moyenne du PIB en volume de +7,4% l'an sur la période 2011-2014, contre +10,9% entre 2005 et 2011.
En 2015, le ralentissement de l'économie chinoise se poursuit. Son taux de croissance du PIB s'élève à 6,9%, soit le plus faible rythme enregistré depuis 25 ans.
Premier exportateur mondial avec 13% de parts de marché, l'Allemagne souffre davantage que la plupart de ses concurrents de ce ralentissement, et notamment que la France.
En effet, entre 2011 et 2014, les ventes à la Chine marquent le pas dans tous les pays, avec un rythme de croissance revenant à +6% l'an en moyenne en France, comme en Allemagne. En 2015, les exportations vers la Chine continuent de progresser en France et en Espagne. Mais elles se replient en Allemagne et en Italie!
En effet, n'ayant pas l'intention de dépendre du savoir-faire étranger dans le domaine des biens d'équipement, les entreprises chinoises taillent désormais des croupières aux entreprises japonaises, sud-coréennes et... allemandes.
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De leur côté, les exportations françaises restent tirées par les grands contrats, notamment dans l'aéronautique qui représente un tiers des ventes tricolores. Tant que le secteur aérien chinois aura des besoins, et que les appareils fabriqués localement ne seront pas encore mis en service, les entreprises françaises bénéficieront de ce relais de croissance important. Sorti d'usine en novembre 2015, le C919, le moyen-courrier chinois de Comac qui dispose de plus de 150 sièges et qui concurrencera l'A320 d'Airbus, pourrait être mis en service d'ici la fin de l'année, bien plus tôt que prévu. Déjà, l'ARJ21, un avion régional de 78 à 90 places fabriqué par Comac, vole depuis le mois de juin.
Cet avantage de la France sur l'Allemagne doit toutefois être relativisé. Chaque mois, cette dernière affiche un excédent commercial proche d'une vingtaine de milliards d'euros quand la France enregistre un déficit compris entre 3 et 4 milliards d'euros. L'année dernière, notre partenaire et rival commercial opposait un excédent de 260 milliards d'euros à notre déficit de 45,7 milliards d'euros. Pour mémoire, la France recense d'environ 120.000 entreprises exportatrices, trois moins qu'en Allemagne.
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Ce n'est pas la première fois que la France tire son épingle du jeu. Après la crise de 2008-2009, parce qu'elle était - elle l'est toujours - moins dépendante que l'Allemagne au commerce mondial, la France a moins souffert que sa voisine. Le PIB tricolore n'a reculé "que" de 2,8% quand il sombrait de 5% de l'autre côté du Rhin, le commerce extérieur étant le principal moteur de la croissance allemande. Depuis, l'Allemagne a regagné le terrain perdu. A l'exception de l'exercice 2013, la croissance allemande a toujours été plus élevée que la croissance française. Ce devrait encore être le cas en 2017 et en 2017.
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