Commerce, hôtellerie, alimentation : les secteurs les plus exposés en cas de grève longue

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(Crédits : Charles Platiau)
De nombreux acteurs économiques ont anticipé une grève de quelques jours. Mais si le mouvement persiste, certains domaines d'activité pourraient être lésés plus que d'autres. Panorama.

Si une grève de quelques jours n'inquiète pas trop les acteurs économiques, qui l'avaient anticipée, beaucoup redoutent une prolongation avec des blocages routiers ou une pénurie de carburant qui affecteraient leur activité plus sévèrement durant la période cruciale des fêtes. Etat des lieux.

Commerces : l'alarme déjà sonnée

Le premier jour de grève jeudi a entraîné 30% de baisse d'activité en moyenne, selon l'Alliance du commerce, qui représente 26.000 magasins et 200.000 salariés dans le secteur de l'équipement de la personne. Elle  du mouvement pour des commerces déjà mis "en péril par la permanence, depuis plus d'un an, du mouvement des gilets jaunes". "Un deuxième coup dans la même année 2019 pourrait être mortel pour beaucoup" d'entreprises de proximité, insistait vendredi sur RTL Alain Griset, président de l'Union des entreprises de proximité (U2P).

Décembre est crucial pour les commerçants, qui réalisent durant cette période de 10% à 20% de leurs revenus annuels, voire plus, selon l'Alliance du commerce. Les représentants du secteur exhortent les consommateurs à faire leurs achats de Noël dans leurs magasins de proximité afin d'endiguer une fuite vers le commerce électronique.

Face à l'inquiétude des commerçants, le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire a affirmé dimanche, sur France 3, qu'il recevrait "la semaine prochaine" les représentants des commerçants. "Nous ne les laisserons pas tomber, et certainement pas à la veille des fêtes de Noël", a-t-il affirmé.

Hôtellerie, tourisme : craintes d'annulations en cascade

L'Union des métiers et industries de l'hôtellerie (Umih, principale organisation du secteur) et le Groupement national des indépendants (GNI-Synhorcat, représentant environ 15.000 établissements) ont déjà constaté sur la seule nuit de jeudi une chute des réservations de 30% à 40% en Ile-de-France et à Paris.

"L'annonce de la prolongation du mouvement de grève jusqu'à lundi a eu un impact immédiat avec des annulations en cascade", selon le porte-parole du GNI-Synhorcat. "On a les chocottes que le mouvement s'enlise, que l'image d'un Paris bloqué nous porte préjudice et qu'on se retrouve dans la même situation que l'an dernier."

Le GNI-Synhorcat fait encore état d'un niveau de réservation très satisfaisant pour la seconde quinzaine de décembre. Laurent Duc, président de la branche hôtellerie de l'Umih, est "plus négatif pour la fin de l'année", avec la crainte que les touristes étrangers, notamment, désertent l'Hexagone.

Alimentation : Rungis a fait des stocks

Au marché de Rungis, les 1.200 grossistes comme leurs acheteurs (entre 15.000 et 20.000 par jour) avaient anticipé la grève en augmentant les stocks. Un "plan de continuité de l'activité" à titre préventif a été mis en place, avec un approvisionnement plus conséquent. Des stocks de carburants et des groupes électrogènes pourront être utilisés si besoin pour continuer à conserver les produits au froid.

Les deux semaines à venir sont "prépondérantes", en particulier pour le secteur de la volaille, à l'approche de Noël, précise une porte-parole du marché. Les grossistes réalisent 20% à 30% de leur chiffre d'affaires annuel en décembre. Leurs acheteurs s'inquiètent surtout d'une grève des transporteurs et d'une éventuelle pénurie de carburants qui les empêcherait de venir s'approvisionner.

Du côté des meuniers, "on a entre 15 jours et un mois de produits en stock pour nous permettre d'approvisionner", a déclaré à l'AFP Lionel Deloingce, président de Moulin Paul Dupuis et vice-président d'Intercéréales.

Carburants : pas de panique

Douze dépôts de carburant ont été bloqués jeudi, 5 vendredi, et la CGT Chimie prépare de nouvelles actions la semaine prochaine. "Le niveau des stocks dans les dépôts pétroliers est bon et ne suscite aucune inquiétude", assure toutefois le ministère de la Transition écologique.

La logistique pétrolière en France repose sur un réseau de 200 dépôts. Le pays dispose en outre de stocks stratégiques. "Il n'est pas nécessaire d'effectuer un plein si l'on ne compte pas faire un usage immédiat de son véhicule", insiste le ministère

Courrier, médicaments, billets : pas de difficultés

La Poste a comptabilisé seulement 1,6% de postiers grévistes et n'a pas de difficultés particulières pour livrer les colis. Si le mouvement se poursuivait, le groupe "adapterait ses plans de transport, avec des changements d'itinéraires ou des changements de modes de transport", en privilégiant la route au train par exemple.

Les grèves ont peu d'impact pour l'heure sur le ravitaillement en médicaments, selon l'Ordre national des pharmaciens. Les grossistes répartiteurs, qui fournissent les pharmacies, disposent, en vertu de leurs obligations de service public, de 15 jours de stocks de médicaments. En cas de blocage ou pénurie de carburants, leurs véhicules sont prioritaires.

Le risque d'assèchement des distributeurs de billets "est très faible à court terme", affirme aussi la Banque de France, les transporteurs de fonds ayant constitué des stocks de précaution. "Ce n'est que si les conditions de circulation étaient très durablement entravées que des problèmes pourraient poindre ici ou là."

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Commentaires
a écrit le 10/12/2019 à 7:27 :
Moins de consommation, moins de carbone c'est excellent pou la planète !
a écrit le 09/12/2019 à 19:32 :
Mais ce sont aussi les secteurs les plus exposés au cas où cette réforme serait mise en œuvre.

Le grand plan d'unification bolchevique prévoit que le gouvernement mettra la main sur toutes les cagnottes des régimes de retraites autonomes auxquels les indépendants cotisent... dont les restaurateurs, les commerçants, les bouchers charcutiers, les garçons coiffeurs et les patrons routiers.
a écrit le 09/12/2019 à 17:51 :
"Les grèves ont peu d'impact pour l'heure sur le ravitaillement en médicaments, selon l'Ordre national des pharmaciens".

En parlant d’ordre :

Non seulement l’Ordre des médecins est un repère d’hommes, mais c’est un cénacle de vieux, reproche également la Cour: l’âge moyen des membres du CNOM est en effet de 68 ans (tiens, ils ne lâchent pas le morceau nos baby-boomers toujours dans les bons coups), contre 51 ans pour les médecins actifs. Et cerise sur le gâteau, alors que les fonctions ordinales sont normalement bénévoles, la Cour pointe les indemnités élevées de certains conseillers: 9177 euros bruts par mois pour le président et plus de 8211 euros bruts pour le secrétaire général.
Mais un flou artistique entoure la gestion, accusent les Sages de la rue Cambon. A l’exception du CNOM, aucun conseil n’établit de bilan ni de compte de résultat. Pire: alors que l’Ordre emploie... 583 salariés en 2018 (en progression de 10% en 7 ans), les Sages alertent sur la nécessité de «mettre fin à la pratique de recrutements favorisant les liens familiaux». Et le contrôle des règles déontologiques laisse à désirer, affirme les magistrats. A titre d’exemple, 82 conventions ont été transmises entre 2016 et 2018 à l’Ordre pour des prestations assurées par le Pr X, chef de service à temps complet dans un CHU, pour un montant de 726.000 euros! Tandis qu’un pneumologue a participé à onze congrès internationaux, invité par des sociétés spécialisées.
Réponse de le 10/12/2019 à 3:49 :
J'ai connu il y a des decennies un medecin qui exercait sans diplome. Dirigeant un labo de vaccination en region parisienne.
Jamais inquiete. Que faisait l'odm, c'est simple, rien.
a écrit le 09/12/2019 à 16:39 :
Il faut des semaines pour que l'état reconnaisse une catastrophe naturelle, des années pour la mise en examen dexertains et là, un quart d'heure après une grève ou un bout da manif, on nous annonce que le secteur du commerce est sinistré .
On nous prend pour ce que l'on est !
a écrit le 09/12/2019 à 12:44 :
Faire plusieurs jours de grève dure sans connaître la réforme définitive et sans discussion aucune, fallait le faire. Cette réforme ne va sûrement pas dans le bon sens, mais les actions des syndicats made in France montrent à quel point ce pays est irréformable. En Allemagne, on a 80% de syndiqués (contre 10% en France et encore), on discute d'abord et si ça n'aboutit à rien on fait tous grève. Au R-U, même chose, discussion puis si pas de compromis grève. Et que dire de l'attitude carrément fasciste de bon nombre d'entre eux (cf insultes aux non grévistes et blocages des dépôts de bus à la RATP)...
Réponse de le 09/12/2019 à 15:44 :
Oui tu as raison, et il faudrait limiter le droit de grève et mettre tout le monde à bosser au moins 45h par sermaine et au smic pour faire avancer le pays.
Je reve qu'on bosse comme les Chinois, tout le temps et sans se plaindre et pas trop cher, ils ont tout compris.
Réponse de le 09/12/2019 à 16:07 :
La preuve que vous n'avez ni lu ni essayé de comprendre mon post. Donc discuter entre syndicats et direction = baisse du droit de faire grève ? Avoir même pas 10% d'adhérents ald 80 c'est le top aussi ? Avoir des gugus comme Martinez qui croient encore dur comme fer aux lendemains qui chantent c'est le top ? Les syndicats ont zéro crédibilité en France, à commencer par CGT FO LO Sud et j'en passe. Pour avoir vu leurs tracts c'est d'un ridicule sans nom, les gars sont restés bloqués en 1921. Tout comme vous on dirait
Réponse de le 09/12/2019 à 18:02 :
"Avoir même pas 10% d'adhérents"

Dans certains pays, les avancées obtenues par les syndicats ne profitent en effet qu'à leurs seuls encartés. D'où l'utilité d'être syndiqué. Ce n'est nullement le cas en France où le fruit des négociations (ou des luttes) profite à l'ensemble de la collectivité des salariés. C'est ce qu'on appelle en théorie économique… «la théorie du passager clandestin». Pourquoi en effet se singulariser et se syndiquer quand on profitera des résultats d'une lutte ou d'une négociation sans avoir eu à bouger le petit doigt...
Réponse de le 09/12/2019 à 18:18 :
"sans connaître la réforme définitive? "
Mais alors ceux qui nous assurent que cette réforme et juste équitable (moderne inévitable ...) inventent ils? N'auraient ils pas une petite idée de ce que sera cette réforme? De là a penser que cet argument, élément de langage nouvellement apparu, n'est pas sérieux. Pour ce qui est de la place des syndicats et du nombre de syndiqués c'est pour bonne part le fruit du travail de l’exécutif et du patronat depuis des décennies qui à réduit les droits syndicaux à peau de chagrin !
Réponse de le 10/12/2019 à 22:40 :
Ben voyons, c'est tellement plus simple de laisser une bande d'excités à la CGT décider de tout bloquer alors que seuls leurs adhérents (600.000 pour des dizaines de millions de travailleurs) ont été consultés ! Y'en a marre de ces syndicats anti démocratiques et fascisants (comme le prouvent des témoignages à la RATP). Ce qu'il faut c'est un syndicalimse fédérateur, qui engage direct les discussions, histoire que le patronnat comprenne bien qu'il ne décide pas tout seul. Ca vous est jamais venu à l'idée que des syndicats aussi ridicules et minoritaires que Sud LO ou FO faisaient justement le jeux des patrons ?
a écrit le 09/12/2019 à 12:42 :
La cnav commence à traîner la patte pour le remboursement de la CSG sur les retraites
Le mouvement gilets jaunes va reprendre l'issue marine au pouvoir
a écrit le 09/12/2019 à 11:48 :
Je pense si l'on regarde le passé , toutes les grandes grèves comme 68 et 95 et bien avant , ont doppé l'économie d'une façon foudroyable . Que les politiques se sont ensuite attribués gouluement . Donc voir plutôt une étape nécessaire à franchir pour bousculer tous les barrages à la reprise de l'économie dont le gouvernement est responsable dès sa prise de fonction en 2017
a écrit le 09/12/2019 à 11:11 :
une équipée dilettante ! gouverne elle encore ?
a écrit le 09/12/2019 à 10:18 :
les commerces, services et loisirs de proximité vont perdre des parts de marché face à l'économie numérique, comme d'habitude
a écrit le 09/12/2019 à 9:20 :
créer une reforme sans la chiffrer au depart est digne des enarques pour ne pas dire tres nulle maintenant on vas reprocher aux grevistes le manque a gagner pour la France
allors que nous avons les ministres toujours aussi bas de vision pour le pays
incapables de dialogues
ils s'agits de garantirles maintient de pour centage avec les cotisation en cours
Réponse de le 09/12/2019 à 11:26 :
Provoquer les cheminots, la ratp est une idée de vieillards séniles, tiens c'est comme si on avait inventé nombre de lois restrictives pour le transport hyppomobile en 1840 alors que le train les a remplcé vite fait.
L'automatisation des trains et métros est en route ; cheminots, chauffeurs de RER avant 10 ans seront à la maintenance, pour le plus grand bonheur des passagers, non que les mecanos font du mauvais boulot; mais les rames tourneront 24/24 et on prendra ter, rer, métro comme on prend l'ascenseur.
Quand même cette génération de quadra et quinca sont vraiement vieux dans leur tête et l'autre rigolo qui passe à 80kmh des véhicules qui seront d'ici peu sans chauffeurs.
Réponse de le 09/12/2019 à 12:48 :
C'est déjà le cas pour les métros, tous seront automatisés, comme la ligne 1 à Paris ou la B à Lyon. Conducteur de métro est un métier sans avenir aucun, tout comme bientôt ce sera le cas pour les trams et RER. Il n'y a guère que la CGT pour essayer de nous faire croire le contraire. Rien d'étonnant, ils sortent d'une idéologie qui appartenait à un pays où même appuyer sur un bouton ttes les 24h était un métier...
a écrit le 09/12/2019 à 9:11 :
C'est surtout le secteur trollesque qui va être le plus exposé en cas de grève longue, et on va en lire et entendre partout de ces tissus de conneries... -_-
a écrit le 09/12/2019 à 3:38 :
Aller passer "pour le plaisir" quelques jours a Paris !
Faut etre au choix ignare ou bien falabraque. Ville sale, polluee, dangereuse, et pour finir etre confronte en permanence a la mauvaise humeur de ses habitants.
a écrit le 09/12/2019 à 3:35 :
C'est exactement ce que je pense.
Le pouvoir de nuisance, de blocage du Pays est de loin beaucoup moindre aujourd'hui qu'hier qu'en 95 ou "ils" avaient réussi avec l'aide de la neige,à paralyser le Pays. "Ils" devraient y arriver mais peut etre 30% pas plus, les nouvelles technologies permettent de s'adapter, il existe de nouveaux moyens de mobilté, a la fin du compte on s'apercevra qu"ils" ne servent pas à grand chose
a écrit le 08/12/2019 à 17:58 :
Les plus nantis s'inquiètent de leur porte-feuille, non par manque de solidarité mais par incompréhension!
Réponse de le 09/12/2019 à 6:44 :
Commentaire de bolchevique qui devrait remercier ceux qui paient pour vos retraites et financent le deficit de la dette publique qui représente 57,8% du Pib. Les plus nantis certes mais qui ne pleurnichent pas sur leur petit sort et qui simplement méritent leur dû....encore un aigris du système collectiviste, pas assez confiscatoire à leurs yeux..just wake up ...
Réponse de le 09/12/2019 à 20:47 :
Comment qualifieriez vous donc une "réforme" qui consiste à mettre sous le contrôle exclusif de l'état tous les régimes de retraites, en empochant au passages les réserves des régimes autonomes (ou pas)...

Est ce que ce ne serait pas une forme de nationalisation sauvage sans indemnisation, voire d'une collectivisation forcée?

Le bolchevique dans l'histoire ce ne serait pas Macron?... je comprends, ca vous perturbe tout d'un coup.
a écrit le 08/12/2019 à 16:03 :
Commerce, hôtellerie, alimentation : les secteurs les plus exposés en cas de grève longue

Une grève longue qui débouche sur une bonne augmentation du pouvoir d'achat,

c'est une petite perte très temporaire pour un Retour GAGNANT durant des années futures,

les commerçants, aussi les artisans, ont tout intérêt à soutenir une grève pour soutenir une augmentation du pouvoir d'achat des Français,

il faut même accompagner la grève en se joignant eux-mêmes à la grève en fermant leurs boutiques ce qui privera le gouvernement des recettes de TVA ... principales recetes du budget

c'est tellement évident...!
Réponse de le 09/12/2019 à 3:42 :
Ce qui est evident c'est que vous privilègies nous coutent au privé 8 milliards par an , voila la réalité, 80% du deficit est imputable au nobles des retraites. Vous devriez tous porter de particules. Un seul qualificatif vous sied : Égoïste
Réponse de le 09/12/2019 à 13:47 :
Tellement pitoyable comme raisonnement ...!! Vous évoquez sans doute le pouvoir d achat (gagnant) par l augmentation de notre dette toujours plus insupportable qui frôle les 100% du PIB largement financé par les contribuables du secteur privé qui par ailleurs financent les retraites des regimes spéciaux ? J imagine que Vous avez à l esprit les 16Milliards lâchés par le gouvernement pour les GJ et acheter la paix sociale...??? toujours plus au detriment de la classe moyenne et supérieure qui ont en ras le bol d entendre vos jérémiades de pleureuses!!!
Pour preuve Que va faire le gouvernement pour financer cette retraite universelle ? N ayant pas beaucoup D autres options (les caisses étant vides) il va juste aller récupérer les 80Milliards des caisses de retraites excédentaires notamment celle des cadres entre autres (agir-arrco...) ..ça me donne des boutons ces mentalités de gagne petits de
Communistes névrosés. La vraie fracture est là ...faut pas s étonner de voir toutes les generations de qualifiées quitter le pays...

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