Copropriétés dégradées : l’Etat met la main à la poche

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Sur les 3 milliards d'euros annoncés par le gouvernement, deux opérateurs de l'Etat investiront, à eux seuls, près de 2,5 millions.
Sur les 3 milliards d'euros annoncés par le gouvernement, deux opérateurs de l'Etat investiront, à eux seuls, près de 2,5 millions. (Crédits : Eric Gaillard)
Lors du congrès HLM à Marseille, le secrétaire d’Etat à la Cohésion des territoires, Julien Denormandie, a annoncé un plan de 3 milliards d’euros visant à rénover voire détruire 56.000 logements insalubres sur dix ans.

« Une première stratégie nationale d'ampleur qui cible prioritairement les situations les plus graves », « un plan opérationnel, territorialisé et concerté avec les élus », « une offre à la carte pour les collectivités locales »... Sur le papier, le lancement de l'« Initiative Copropriétés » le 10 octobre par le secrétaire d'Etat à la Cohésion des territoires Julien Denormandie au congrès HLM à Marseille est du jamais-vu. L'objectif est certes très ambitieux : rénover voire détruire 684 copropriétés dégradées, soit 56.000 logements sur dix ans, dans 26 collectivités ciblées, dont Aulnay-sous-Bois, Clichy, Épinay-sur-Seine, Evry, Grenoble, Grigny, Mantes la Jolie, Marseille, Montpellier, Mulhouse, Nîmes, Sevran, Saint-Etienne-du-Rouvray ou Vaulx-en-Velin.

Mais en réalité, sur les 3 milliards d'euros annoncés par le gouvernement, deux opérateurs de l'Etat investiront, à eux seuls, près de 2,5 milliards. D'un côté, l'Agence nationale de l'habitat (Anah) mettra deux milliards d'euros, notamment pour financer les travaux d'urgence. De l'autre, l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) accompagnera le financement de la transformation des copropriétés en question à hauteur de 500 millions d'euros.

240 millions d'euros du privé pour pré-financer les aides publiques

Les communes sélectionnées pourront donc être accompagnées pour « transformer les copropriétés dans le cadre de projets urbains qui permettront de démolir si nécessaire et de reconstituer une offre nouvelle de logements », « redresser les copropriétés en facilitant l'acquisition provisoire de logements par des opérateurs publics et en réalisant des travaux de rénovation » et « mettre en place des actions de prévention pour les copropriétés qui présentent des fragilités avérées ».

Du côté des acteurs privés, le réseau Procivis, composé de 53 sociétés anonymes coopératives d'intérêt collectif pour l'accession à la propriété, débloquera 240 millions d'euros. Et ce afin de proposer des prêts aux ménages très modestes pour qu'ils puissent réaliser leurs travaux de réhabilitation. « Sur nos fonds propres, nous allons pré-financer toutes les aides publiques et financer le reste à charge », explique à La Tribune son président Yannick Borde. « Nous ne sommes pas subventionnés, mais nous arrivons avec une expertise, un soutien financier et un maillage qui font que nous sommes rodés à ce type de dispositif. »

Un comité de suivi tous les trois mois

Quant aux 260 millions d'euros restants, leur champ n'est pas précisé par le gouvernement. Sans doute se trouvent-ils dans les actions et les partenariats « inédits » prévus avec la Banque des territoires, Action Logement, les professionnels de l'immobilier, les bailleurs sociaux ou les institutionnels régionaux (agences régionales de santé, tribunaux de grande instance...).

Quoiqu'il en soit, Julien Denormandie l'a assuré à Marseille : « Un suivi très régulier sera fait avec des chefs de projets nommés et un comité de suivi qui se réunira tous les trois mois avec l'Etat, les élus locaux et les partenaires ».

Rendez-vous donc en janvier 2019 pour un premier point d'étape et savoir quelles suites concrètes auront été données à cette « Initiative copropriétés ». Ce sera également peut-être l'occasion pour le secrétaire d'Etat de dévoiler le calendrier de la mise en œuvre.

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Commentaires
a écrit le 14/10/2018 à 9:00 :
c'est pas a l'etat de payer pour ca, c'est aux gestionnaires de hlm
qu'ils gerent mieux, choisissent leurs locataires avec plus de soins, et arretent de jeter l'argent par la fenetre, ca ira aussi
de toute facon, tout le monde sait a quelle vitesse ca va etre degrade...
a écrit le 13/10/2018 à 23:43 :
Le problème est qu'il suffit d'une famille pour vous détruire un immeuble neuf et rendre les parties communes en champs de ruines.Il y a aussi certaines personnes qui ne respectent pas les local commun des poubelles.Ajouter à cela le bruit à tout heure et vous avez la recette des logement HLM d'aujourd'hui.On donne un logement HLM neuf à certaines personnes mais ils ne le méritent absolument pas.Nous contribuable qui travaillons et payons des impôts, ces impôt que nous payons iront dans la réparation de ces immeuble HLM alors que nous avons déjà un crédit immobilier et sommes déjà surtaxées alors que nous avons rien demandé.
a écrit le 13/10/2018 à 18:09 :
Il faudrait créer une échelle de salubrité dans les hlm de France
Et tout ceux qui ne sont pas rénovés si le taux est en dessous de 5 par exemple, l’état diminue la subvention et pire demande une amende aux organismes sociaux pour non respect de leur engagement ceci est à étendre sur tout le territoire Français.
C’est une urgence.

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