Bâtiment : il n'y aura pas de prime pour la rénovation énergétique

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Le crédit d'impôt pour la transition énergétique ne sera remplacé par une prime.
Le crédit d'impôt pour la transition énergétique ne sera remplacé par une prime. (Crédits : Reuters)
Le crédit d'impôt pour la transition énergétique (CITE) ne deviendra pas une prime, a annoncé ce 14 septembre le ministère de la Transition écologique et solidaire.

« La transformation du CITE en prime ne sera pas finalement mise en œuvre en 2019 », a fait savoir ce 14 septembre le ministère de la Transition écologique et solidaire à l'AFP. Et ce, alors qu'en avril dernier, lors de la présentation du plan de rénovation énergétique des bâtiments, Nicolas Hulot avait annoncé la transformation du crédit d'impôt pour la transition énergétique (CITE) en prime dès 2019 afin de permettre aux ménages de toucher l'aide financière plus rapidement.

« Après un examen approfondi, cette mesure est apparue coûteuse et complexe dans son déploiement : elle nécessiterait de créer une nouvelle structure à part entière et de recruter des centaines de personnes dédiées », a également déclaré le ministère. Ce que confirme à La Tribune Marjolaine Meynier-Millefert, députée (LREM) de l'Isère et co-pilote du plan : « Si on avait généralisé la prime, cela aurait demandé d'employer 300 personnes. Or, 300 salaires annuels, c'est autant d'argent qu'on met en moins dans le concret. »

Préjudiciable et inacceptable

Les professionnels du bâtiment n'ont pas tardé à réagir. Le président de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB), Patrick Liébus, regrette « le signal envoyé aux particuliers [qui] risque d'être dommageable à l'activité du secteur ». « C'est préjudiciable pour la prise des décisions des entreprises comme du côté des ménages qui ont du mal à se projeter dans les travaux », estime Danyel Dubreuil, coordinateur de l'initiative Rénovons ! de l'ONG Cler-Réseau pour la transition énergétique.

Du côté du principal lobby du BTP, la Fédération française du bâtiment, son président Jacques Chanut qualifie cette annonce d'« inacceptable » : « Sur un sujet aussi lourd, les seules préoccupations budgétaires l'emportent, sans débat. Une fois de plus, il y a un renoncement sur ce sujet.  En effet, en juillet dernier, il qualifiait de « très bien» l'idée de prime.

La députée Marjolaine Meynier-Millefert appelle, de son côté, le gouvernement à revoir sa copie, d'ici à la présentation du budget le 24 septembre prochain : « On garde le CITE avec la logique d'un crédit d'impôt pour les gens qui ont les moyens, mais à plus long-terme, il devrait être transformé en prime pour les ménages les plus modestes. Est-ce qu'on ne peut pas faire cela dès maintenant ? Le CITE n'interpelle pas les plus publics les plus fragiles... »

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Commentaires
a écrit le 16/09/2018 à 13:56 :
Le pb avec les aides" écolo" ce sont souvent des aides aux entreprises du bt plus il ya de prime plus les prix montent! Et que les écolos ne nous bassinent pas avec des emplois "non délocalisables" la plupart des emplois dans l'isolation sont le fait de travailleurs détachés embauchés par des petits malin $s de commerciaux. Conclusion moins d'aide = moins d'argent pour les profiteurs du dév dur!
a écrit le 16/09/2018 à 10:39 :
politique des riches encore confirmée ! dans cette carriole de mensonges et de mépris
a écrit le 16/09/2018 à 9:50 :
alors que les Français veulent diminuer les dépenses de l'état toutes ces aides, subventions ne font qu'augmenter le prix de vente de ces produits.
Pour ceux qui en doute la suppression du crédit d'impôt sur les panneaux solaires a engendré une baisse de prix équivalente ! le crédit d'impôt permet donc d'augmenter la marge des vendeurs….il en va de même pour l'immobilier neuf dont les prix au m2 de revient sont multiplié par 3 et plus dans les zones de tension ! merci scellier, pinel etc...
comme les autres intervenants, mieux vaudrait supprimer toutes les niches fiscales qui représentent près de 50 milliards d'aide soit quasiment ce que rapporte l'impôt sur le revenu.
En supprimant ces niches fiscales, l'état pourrait en partie baisser le taux d'imposition de tout le monde et rééquilibrer le budget dont le déficit approche 60 milliards d'euros
a écrit le 16/09/2018 à 7:48 :
Toutes les incitations fiscales ne profitent qu'à ceux qui ont les moyens d'engager des travaux. Cela ne profite pas aux pauvres qui ont réellement besoin d'une amélioration de leurs conditions de vie. La façon dont les artisans se gavent est honteuse. J'en connais qui refusent de former des apprentis pour réduire la concurrence, et faire ainsi grimper les prix. Ils ont aujourd'hui un niveau de vie nettement supérieur à beaucoup d'ingénieurs et autre cadres supérieur. Sans parler des "dépassement d’honoraires" en cache...
a écrit le 15/09/2018 à 8:05 :
La meilleure mesure la suppression de toutes les niches fiscales et de toutes les subventions serait un bon début
Réponse de le 15/09/2018 à 19:53 :
Il faut se placer dans un cadre global : les niche fiscales et sociales comme le quotient familial servent à corriger la progressivité démentielle de notre impôt. Il faut remplacer tout ça par un impôt individuel à taux plat type CSG. Et là, on pourra supprimer les niches.
a écrit le 14/09/2018 à 22:46 :
il faut reconnaître qu'il y a eu aussi beaucoup d' abus, exemple : je connais beaucoup de personnes qui ont fait changer toutes leurs ouvertures, alors qu'elles étaient en très bon état et qu'elles disposaient du double vitrage (certaines avaient moins de 10 ans) , tout cela pour avoir un style et des coloris différents, et les fabricants et artisans ont été bien contents d'en profiter pour augmenter leurs marges, et après on crie au scandale? il faut être réaliste.
Réponse de le 16/09/2018 à 8:42 :
oui je vieux bien vous croire, hummm mais reste à charge 70% des dépenses et de plus les 30% de CITE limités, alors oui peut-être quelqu'un, UNE personne, qui a cru au père noel.
a écrit le 14/09/2018 à 21:48 :
Les primes sont toujours des usines à gas et incitent à ne rien faire de sa vie.
Le crédit d'impôt est beaucoup plus juste parce que il favorise les plus performants qui payent l'impôt sur le revenu et il incite donc les autres à en faire autant.
a écrit le 14/09/2018 à 21:13 :
On voit chez LREM des phrases aussi stupides que dans l'ancien monde. Mme Majorlaine Meynier-Millefert ne déroge pas à la règle des élus. La phrases toute faite qui ne veut rien dire puisqu'elle n'est pas quantifiée, la fameuse et fumeuse stupidité « pour les gens qui ont les moyens….. «  Madame dites nous ce qu'est pour vous quelqu'un qui a les moyens et n'oubliez pas de prendre en compte les crédits qu'il peut avoir, le surcout de carburant, la taxe carbone pour boucher le trou du budget et non pour une vision écologique, surtout pour ceux qui vivent dans la ruralité, l'obligation de prendre son véhicule car les moyens de transports en commun sont inexistants les km à effectuer pour amener les enfants à des activités! etc lorsque l’on déclame une telle stupidité l’intelligence voudrait que l’on se taise.
a écrit le 14/09/2018 à 19:51 :
Et comment fait-on dans une résidence privée, lorsque certains propriétaires voterons contre la rénovation énergétique des bâtiments de la résidence à l'assemblée générale et détiendrons la majorité des votes.
a écrit le 14/09/2018 à 19:34 :
« Après un examen approfondi, cette mesure est apparue coûteuse et complexe dans son déploiement...

Je me suis arrêté là. Il avoue qu'ils ont balancé cette mesure en la sortant d'un chapeau magique sans en connaitre ni les couts ni les enjeux.

Voila ce qu'est la politique contemporaine.
a écrit le 14/09/2018 à 17:07 :
Nous sommes en déficit depuis 40 ans, avec un endettement égal au produit de la France pendant une année.
Ce gouvernement cherche à éviter à la France un scénario "à la grecque ou à l'argentine" (mise sous tutelle de l'état par les organismes financiers internationaux, diminution de 30 % des pensions de retraite, privatisation à marche forcée de toutes les entreprise,...).
Alors pour un détail comme celui là (je touche mon crédit d'impôt tout de suite ou l'année qui suit les travaux) comparé au dossiers plus important du réchauffement climatique et de l'indépendance financière de notre état (qui nous permet quand même de redistribuer 50 % de notre richesse nationale à ceux qui en ont besoin) , je conseille à nos syndicats de prendre un peu de hauteur.

Je précise que je suis artisan mais que depuis un an je ne soutiens plus la capeb. Je ne partage pas leurs combats.
Je pense qu'on ne peux pas parler de néo libéralisme lorsque 50% de la richesse nationale est redistribuée
a écrit le 14/09/2018 à 16:31 :
Encore une fois ce sont les petits et les moyens qui vont payer pour les très gros.

EN marche vers le chaos néolibéral.

"L’offensive générale" https://www.monde-diplomatique.fr/2018/03/HALIMI/58473

Quand est-ce que ça s'arrête ?
Réponse de le 14/09/2018 à 21:56 :
Les très gros pour vous sont ceux qui payent l'impôt sur le revenu et peuvent bénéficier du crédit d'impôt ?
Ce sont ceux qui payent la note pour tous?
Pourquoi un tel mépris pour les plus travailleurs et performants?
Réponse de le 17/09/2018 à 8:58 :
@ multipseudos:

"Les très gros pour vous sont ceux qui payent l'impôt sur le revenu et peuvent bénéficier du crédit d'impôt ?"

Non

"Ce sont ceux qui payent la note pour tous?"

Non

"Pourquoi un tel mépris pour les plus travailleurs et performants? "

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