Coronavirus : le gouvernement redoute "un impact sévère" sur l'économie

Le coronavirus enlevera plus de 0,1 point a la croissance francaise, selon bruno le maire
Charles Platiau

Le coronavirus enlevera plus de 0,1 point a la croissance francaise, selon bruno le maire
Charles Platiau
L'heure est à la mobilisation dans les couloirs de Bercy. Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, la ministre du Travail Muriel Pénicaud et la secrétaire d'Etat Agnès Pannier Runacher ont reçu au ministère des Finances pour la troisième fois consécutive les différents acteurs économiques nationaux pour faire le point sur les premières conséquences économiques de cette crise sanitaire sans précédent. Du Medef à la CPME en passant par la Fédération bancaire française (FBF) et la BPI, plus de 50 organisations étaient présentes pour cette réunion d'urgence. La veille, le président de la République Emmanuel Macron avait convoqué un conseil de Défense à l'Elysée en présence du ministre de la Santé et des solidarités Olivier Veran et du directeur général de la santé Jérôme Salomon. L'exécutif a décidé d'interdire les rassemblements de plus de 1.000 personnes sur l'ensemble du territoire. Devant la presse réunie à l'hôtel des ministres, Bruno Le Maire a tiré la sonnette d'alarme.
De son côté, le président de la Chambre des métiers et de l'artisanat Bernard Stalter, a fait part de ses doutes. « La crise sanitaire est aussi une crise économique aux conséquences dramatiques sur le secteur de l'artisanat : des défaillances en cascades sont inévitables ». Selon une récente enquête réalisée par l'organisme consulaire, les artisans interrogés redoutent avant tout un ralentissement de l'activité dans les services, l'alimentaire. Les artisans dans le Haut-Rhin, département frappé par la contagion, pourraient davantage souffrir notamment en raison de la fermeture des écoles. Du personnel doit s'absenter en raison de la garde des enfants par exemple.
Face à la propagation du virus, l'exécutif veut limiter l'impact macroéconomique de cette crise sanitaire et limiter la casse pour les entreprises. Il a donc décidé de renforcer les mesures déjà décidées il y a quelques jours et accorder plus des souplesses au niveau fiscal en accordant des dégrèvements pour les entreprises au bord du gouffre.
La ministre du Travail, Muriel Pénicaud veut également faciliter les démarches pour le chômage partiel. A ce stade, près de 900 entreprises touchées par la propagation du nouveau coronavirus ont demandé à bénéficier de mesures de chômage partiel, pour environ 15.000 salariés. "Nous nous attendons évidemment à une importance beaucoup grande que cela, et nous ferons face", a prévenu Mme Pénicaud, jugeant indispensable de "préserver l'emploi".
Le locataire du ministère de l'Economie souhaite qu'un effort de solidarité soi partagé également par des acteurs du privé, au delà des pouvoirs publics. "La solidarité doit jouer à tous les niveaux. Je compte sur la solidarité des donneurs d'ordre privés, des grandes entreprises vis à vis de leurs sous-traitants, de toutes les entreprises qui avaient fait des commandes d'événementiel et qui ont été contraintes de les annuler en raison de cette épidémie. Je souhaite qu'elles ne demandent pas le remboursement des arrhes et qu'elles paient la prestation dans toute la mesure du possible quitte à obtenir un engagement de l'entreprise d'événementiels sur un prochain événement plus tardif" a expliqué Bruno Le Maire. Du côté des administrations, la solidarité nationale doit également jouer à tous les niveaux pour le ministre.
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De son côté, la banque centrale française a révisé à la baisse ce lundi matin ses chiffres pour la croissance du premier trimestre à 0,1% contre 0,3% dans ses précédentes estimations. Dans l'industrie, l'activité a relativement résisté en janvier et février notamment dans l'aéronautique et l'automobile. En revanche, les dirigeants interrogés par la Banque de France prévoient un recul de la production en mars avec une contraction des carnets de commande à l'étranger.
Dans les services, les projections sont loin d'être réjouissantes. L'activité s'est maintenue durant les deux premiers mois de l'année mais elle pourrait se replier au mois de mars, se situant bien en deça de sa moyenne de long terme. Enfin, dans le bâtiment, la production a également résisté en janvier et février mais devrait marquer le pas au mois de mars avec un effritement de la demande.
De leur côté, les économistes de l'OCDE anticipent dans leur dernière livraison une croissance de 0,9% pour l'économie hexagonale en 2020 contre 1,2% précédemment. Au niveau mondial, l'institution internationale basée à Paris prévoit une croissance de 2,4% (-0,5 point) pour 2020 contre 2,9% pour 2019. L'ampleur du ralentissement dépendra en grande partie de sa durée en Chine et en Europe.
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