L'éclatement du conflit en Ukraine n'a pas plongé l'industrie tricolore dans un profond marasme. Un an jour pour jour après l'invasion de l'armée russe sur le sol ukrainien, les derniers indicateurs du cabinet Trendeo dévoilés ce jeudi 2 mars ne semblent pas indiquer de coup de frein brutal de l'activité du Made in France. En 2022, l'Hexagone a même enregistré un solde positif d'implantations de 80 usines, avec 150 ouvertures contre 70 fermetures. Il s'agit d'une baisse par rapport à 2021. La France avait connu cette année-là un solde positif de 150 implantations dans le contexte du rebond économique post-pandémie. Mais le recensement établi depuis une quinzaine d'années souligne une situation plus favorable.
Après avoir atteint un creux en 2015 à -610, le cumul des pertes d'usines depuis 2009 se redresse progressivement pour atteindre -343 l'année dernière. «2022 est une année record avec moins de destructions d'emplois. Beaucoup de projets ont été annoncés », a déclaré David Cousquer créateur et gérant du cabinet contacté par La Tribune. En même temps, c'est une année qui est allée en descendant si on regarde les chiffres trimestre par trimestre », a-t-il ajouté.
Ces chiffres ne doivent pas faire oublier que les difficultés de l'industrie tricolore sont loin d'être effacées. Sur le plan conjoncturel, le dernier indice PMI des directeurs d'achats dans l'industrie publié mardi premier mars montre un recul important de la production. « Le très léger rebond du secteur manufacturier français observé en début d'année semble déjà s'essouffler », a déclaré l'économiste S&P Global Market Joe Hayes.