Croissance, emploi, chômage : l'automne de tous les dangers
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le quartier d'affaires de la Défense.
Reuters
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le quartier d'affaires de la Défense.
Reuters
L'automne s'annonce particulièrement morose. Les nuages s'accumulent au-dessus de l'économie tricolore et le tunnel interminable de l'incertitude politique n'arrange rien. Trois mois jour pour jour après l'annonce fracassante de la dissolution de l'Assemblée nationale par Emmanuel Macron, l'économie française navigue toujours en eaux troubles. Les entreprises et les ménages peinent à entrevoir une issue favorable à ce chaos politique. « La France est actuellement dans une période de vide. Cette période alimente toutes les spéculations. Or, les entreprises ont besoin d'un gouvernement qui doit tenir la barre face à la houle », alerte Alain Di Crezcenzo, président de CCI France.
Le chef de l'Etat, Emmanuel Macron, avait promis un moment de « clarification » après les élections législatives anticipées de juin et juillet. Mais l'absence de majorité absolue au palais Bourbon et le prolongement record d'un gouvernement démissionnaire sous la Vème République continuent d'entretenir le flou chez les Français. Après avoir balayé la proposition du Nouveau Front Populaire (NFP) de nommer Lucie Castets au poste de Première ministre, le Président de la République est toujours à la recherche d'un ou d'une candidate pour prendre les commandes de Matignon. Ce flottement persistant alimente des tensions dans les milieux dirigeants.
À lire également
Sur le front économique, les indicateurs sont disparates. Pour 2024, la croissance du produit intérieur brut (PIB) pourrait accélérer de 1,1%, selon l'Insee. Pour rappel, le consensus des économistes pariait sur une croissance à 0,7% au printemps et le PLF 2024 tablait sur 1,4%. « On a eu plutôt des bonnes surprises sur la croissance au premier trimestre avec 0,3%. 2024 peut être meilleure que prévu », pronostique Mathieu Plane, économiste à l'OFCE. En revanche, la croissance a été légèrement révisée à la baisse au second trimestre (0,2% contre 0,3%). Après l'euphorie des Jeux Olympiques (+0,5% au T3), la croissance pourrait retomber au dernier trimestre 2024 (-0,1% selon l'Insee). Cette fin d'année au ralenti signifie que l'acquis de croissance pour 2025 devrait être particulièrement faible.