L'inflation passe enfin sous la barre des 2%
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Après avoir atteint 2,3% sur un an en juillet, l'inflation s'est assagie en août dans l'Hexagone.
Reuters
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Après avoir atteint 2,3% sur un an en juillet, l'inflation s'est assagie en août dans l'Hexagone.
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[Article publié le vendredi 30 août à 8h56, mis à jour à 13h07] C'est acté. Pour la première fois depuis août 2021, l'inflation est repassée en dessous de la cible de 2% visé par la Banque centrale européenne (BCE). Ce vendredi, l'Institut national de la statistique et des études économiques a annoncé qu'en août, l'indice des prix à la consommation a progressé de 1,9% sur un an en France.
Après avoir atteint 2,3% sur un an en juillet, l'inflation s'est donc assagie en août selon cette estimation provisoire, qui devra être confirmée en septembre. A 1,9%, l'indice des prix à la consommation (IPC) retombe ainsi sous l'objectif d'inflation de 2% poursuivi par la Banque centrale européenne. Une nouvelle qui a d'ailleurs été bien accueillie par la Bourse puisque le CAC 40 s'affichait en hausse de 0,45% vers 10h15, à 7.675 points. Jeudi, l'indice a déjà progressé de 0,84% et est revenu à un plus haut depuis mi-juillet.
A noter cependant : plutôt que l'IPC, l'indicateur retenu par la Banque centrale pour comparer l'inflation d'un pays européen à l'autre est l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), qui a de son côté progressé de 2,2% sur un an en août (après +2,7% en juillet), indique l'Insee.
Une révision à la hausse de l'IPC lors de la seconde estimation, attendue le 13 septembre, reste par ailleurs possible. En mai et en juin, l'Insee avait ainsi révisé à la hausse sa première estimation d'inflation, à hauteur de 0,1 point.
En attendant, l'Insee précise que dans cette première estimation, le coût de l'énergie n'a ainsi progressé que de 0,5% sur un an en août, alors qu'il avait bondi de près de 7% un an plus tôt, « principalement en raison (...) de la hausse des tarifs réglementés de l'électricité appliquée au 1er août 2023 », rappellent les statisticiens nationaux.
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Les prix des produits alimentaires ont également augmenté de 0,5% sur un an en août, un rythme identique à celui du mois de juillet, tandis que les services - qui pèsent le plus lourd dans l'indicateur -, se sont renchéris de 3,1% sur un an, là où leur prix n'avait progressé que de 2,6% sur un an en juillet.
A noter aussi : ce recul de la hausse des prix a également été observé chez nos voisins. L'inflation est repartie à la baisse en août, à +1,9% sur un an en Allemagne, repassant pour la première fois sous les 2%... depuis mars 2021. Il s'agit donc d'une baisse plus forte qu'attendue par les analystes sondés par Factset. De même, l'inflation espagnole a aussi fortement ralenti en août pour atteindre 2,2%. Ce taux, en baisse pour le troisième mois consécutif, est inférieur de 0,6 point à celui de juillet (2,8%), selon l'organisme public. Enfin, celle en Italie a aussi ralenti en août, passant à 1,1% sur un an après 1,3% en juillet.
Au final, la hausse des prix à la consommation dans les 20 pays partageant la monnaie unique est retombée à 2,2% sur un an, son niveau le plus bas depuis juillet 2021, selon des chiffres publiés vendredi par Eurostat. Le recul de l'inflation en août est conforme aux attentes des analystes de Bloomberg et Factset. Elle avait atteint 2,6% en juillet, après 2,5% en juin.
Mais l'inflation sous-jacente (c'est-à-dire corrigée des prix volatils de l'énergie et de l'alimentation), particulièrement scrutée par les marchés financiers et la BCE, n'a que faiblement baissé, à 2,8%, après 2,9% en juillet, selon l'office européen des statistiques. Cette donnée correspond également au consensus des analystes.
Ces baisses constatées dans la zone euro devraient inciter la Banque centrale européenne à abaisser ses taux directeurs lors de sa prochaine réunion du 12 septembre.
Le 6 juin, elle a abaissé ses taux directeurs, offrant un léger bol d'air pour apaiser les tensions sur le crédit immobilier et les prêts aux entreprises qui freinent la croissance économique. Servant de référence, le taux sur les dépôts qui s'affichait à 4%, son plus haut atteint en septembre dernier, a été ramené à 3,75%.
Des analystes s'attendent à ce que la BCE reprenne ses baisses de taux lors de la prochaine réunion du Conseil des gouverneurs, après la trêve estivale. Les données de l'inflation dans différents pays de la zone euro, « fournissent un support suffisant pour une nouvelle baisse des taux d'intérêt directeurs de 25 points de base en septembre », selon Elmar Völker, économiste chez LBBW. « La BCE devrait baisser graduellement ses taux mais sans s'engager aussi nettement que la Réserve fédérale », estime de son côté Xavier Chapard, de l'équipe de recherche et stratégie de LBP AM.
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La consommation des ménages se maintient
L'Insee a aussi précisé ce vendredi que la consommation des ménages a connu un léger rebond en juillet, en hausse de 0,3% en volume par rapport au mois de juin. Cette hausse de la consommation des ménages fait suite à une baisse de 0,6% lors du mois précédent, d'après les données révisées par l'Insee.
La consommation en énergie des ménages, qui pèse pour un cinquième des dépenses en biens des ménages, suit la même dynamique. Elle a rebondi en juillet (+0,9%), après une chute importante en juin (-1,7%), sous l'effet d'une hausse de la consommation de carburants, en particulier de super sans plomb, analyse l'Insee. L'institut indique que les dépenses en électricité et en gaz se replient.
Du côté de l'alimentaire, - près de deux-cinquièmes des dépenses en biens des ménages -, le rebond est plus modéré : +0,4% après -1,1% en juin. Une hausse attribuée principalement au redémarrage des dépenses en produits agroalimentaires, notamment de la viande, quand la consommation de produits agricoles, non transformés, est en baisse pour le quatrième mois consécutif. Dans le même temps, la consommation de biens fabriqués a été stable en juillet. Celles des dépenses en habillement-textile sont en repli (-0,7%). Même chose pour les biens durables, dont la consommation baisse légèrement sur un mois (-0,2%), surtout du fait du net recul des dépenses en biens de transport (-2,7% après +2% en juin), notamment celles concernant les voitures.
Malgré ce rebond, sur un an, la consommation des ménages reste en baisse de 0,6%.
(Avec AFP)
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