Croissance et consommation : le rebond n'est pas au rendez-vous

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(Crédits : DR)
La croissance de l'économie française a ralenti au deuxième trimestre sous l'effet d'une consommation des ménages qui reste poussive. Le rebond espéré avec les gains récents de leur pouvoir d'achat tarde à se concrétiser.

La croissance française est inférieure aux attentes. La raison : l'accélération de la consommation tant attendue ne se concrétise pas. Mais contrairement à ses grands voisins comme l'Allemagne ou l'Italie, la France tire mieux son épingle du jeu.

L'investissement soutenu des entreprises

L'investissement des entreprises a lui été plus dynamique que prévu au cours de trois derniers mois, mais elles ont préféré réduire leurs stocks face aux incertitudes sur l'environnement international.

Selon la première estimation publiée mardi par l'Insee, le produit intérieur brut de la deuxième économie de la zone euro a augmenté de 0,2% sur la période avril-juin. Sa progression s'inscrit en baisse par rapport au premier trimestre, dont l'Insee a confirmé la marque à +0,3%, et au dernier trimestre 2018, où elle avait atteint 0,4%.

Les économistes attendaient un PIB en hausse de 0,3% pour le deuxième trimestre, tout comme l'Insee dans sa note de conjoncture de juin. Mais la Banque de France avait abaissé sa propre projection à 0,2% début juillet en raison d'une dégradation du climat des affaires constaté à la fin du printemps dans l'industrie.

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(source: Insee)

Avec le 0,2% du 2e trimestre, l'acquis de croissance pour 2019, à savoir l'évolution du PIB si l'activité stagnait au cours des deux prochains trimestres, se situait à 1,0% au 30 juin. À ce niveau, une croissance de 0,5% sera nécessaire au cours des deux prochains trimestres pour atteindre l'objectif de 1,4% du gouvernement, alors que l'Insee ne la voit pas dépasser 0,3% sur chaque période.

"Emplois et croissance futurs" selon Bercy

La différence n'est pas négligeable au moment où le gouvernement est en quête d'économies pour respecter ses objectifs de déficit dans le projet de loi de finances 2020 qui sera présenté fin septembre.

"À ce stade, il n'y a pas de raison d'être angoissé sur notre niveau de croissance", a déclaré la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances Agnès Pannier-Runacher.

Interrogée sur LCI, elle s'est félicitée de l'accélération de l'investissement des entreprises - à +1,2% après +0,7% au 1er trimestre, soit sensiblement plus que ne le prévoyait l'Insee.

"Les investissements dans les entreprises progressent, et ça en règle générale ça appelle les emplois et la croissance futurs", a-t-elle dit.

Les économistes de la banque Morgan Stanley soulignent de leur côté la "résilience de l'économie française en comparaison du ralentissement plus prononcé chez plusieurs de ses voisins", Allemagne et Italie en premier lieu, beaucoup plus dépendants de la demande étrangère.

Lire aussi : L'Allemagne au bord de la récession

La croissance française "autour de 1,2 - 1,3% est sur sa tendance. Ce sera une bonne performance dans un environnement international dégradé", estime de même Philippe Waechter, directeur de la recherche économique d'Ostrum Asset Management. Elle évolue actuellement en ligne avec la zone euro, dont le PIB du 2e trimestre, publié ce mercredi, est attendu lui aussi en hausse de 0,2% par les économistes.

La question des "Gilets jaunes"

La croissance française a été soutenue ces derniers mois par une demande intérieure qui reste solide, contribuant positivement à hauteur de 0,4 point au PIB de la période. Mais la production manufacturière s'est davantage repliée que prévu et le déstockage des entreprises a été plus important, celui-ci contribuant négativement pour 0,2 point au PIB, souligne Julien Pouget, chef du département conjoncture de l'Insee, sur son compte Twitter.

La consommation des ménages a elle aussi été inférieure aux attentes et ne doit, comme au premier trimestre, son évolution positive qu'aux dépenses en services, qui représentent un peu plus de la moitié du total. L'utilisation des gains de pouvoir d'achat (avec une hausse attendue de 2,5% en 2019) liés notamment aux mesures de soutien décidées fin décembre par le gouvernement en réponse au mouvement des "Gilets jaunes" reste une question en suspens.

La forte collecte enregistrée sur des placements comme le livret A et l'assurance vie au premier semestre laisse penser qu'elle s'est surtout traduite pour l'instant par une hausse du taux d'épargne des ménages. Mais le redressement continu de la confiance des ménages constaté par l'Insee ces derniers mois et l'atténuation de leurs craintes concernant l'évolution du chômage fait dire aux économistes que l'accélération attendue de la consommation finira par se produire, avec en outre le bénéfice de la baisse de l'impôt sur le revenu programmée pour l'an prochain.

En attendant, la bonne surprise est venue de la résistance affichée par les investissements des particuliers, essentiellement sous forme d'achat de logements neufs, qui ont progressé de 0,1% sur les mois du printemps là où l'Insee les voyait reculer de 0,3%.

(avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 01/08/2019 à 15:59 :
Traumatisée à vie,
Je ne veux pas FINIR comme mes Grands Parents en indignes EHPAD Public à 2100eur/mois ou Privé à 3500eur ( pires encore : marges au détriment de tout )

Alors EPARGNE
.pour la future RETRAITE Macron peau de chagrin
.pour éviter EHPAD Enfer de souffrances morales, de malbouffe à 4.10 jour,
de privation, d'incontinence et démence provoquées.
( assurance et personnel à domicile )

ALORS CONSO MINIMUM
a écrit le 01/08/2019 à 15:09 :
Et le nouveau régime de retraite conçu pour les sévir !
Epargnons pour cet avenir proche ou lointain

Et le cher ! logement
Epargnons

Et nos Enfants qui vont grandir trop vite, Epargnons pour leurs couts d'Etude et Log
a écrit le 01/08/2019 à 11:42 :
Mon salaire a augmenté de 20% (changement de boite). Ce surplus dont je me passais est intégralement mis en épargne (avec remboursement anticipé de mon prêt immobilier à marche forcée même si les taux sont bas). Une fois remboursé (en 12 ans au lieu de 20 ans) L'argent dégagé ira intégralement en épargne. Vu mon âge (52 ans) et ce que nous prépare Macron pour les retraites, c'est consommation minimum , limité à l'essentiel et aux besoins réels (si possible d'occas : vive LBC , emmaus et les vide-greniers).
Repas entre amis plutôt que restau, aucun loisirs payant (plein de choses à faire gratuitement), recentrage sur des plaisirs simples. La décroissance ou plutôt la simplicité volontaire est la voie à suivre.
Réponse de le 01/08/2019 à 12:16 :
Bien vu, la sagesse s'acquiert avec l'age.
Réponse de le 07/08/2019 à 6:17 :
C'est plein de sagesse. À relire la cigale et la fourmi.
a écrit le 01/08/2019 à 10:48 :
Pour mon compte personnel en gagnant a peine plus 10% je viens de voir que mon prélèvement à la source à doubler changement de seuil . Avec cela augmentation de électricité de plus 7% sans compter le reste. Comment puis je consommer plus si je n'ai pas plus d'argent après impôts. J'avais oublié toutes ces nouvelles taxes soit disant écolo qui vont arriver et encore plomber mon budget. Ce gouvernement pour qui j'ai voté au présidentiel grossière erreur de ma part nous mène vraiement en bateau. La politique de la république en marche est finalement vraiment pire que celle de Hollande c'est toujours plus de prélèvements, de mensonges, d'inactions et d'incapacité à résoudre les problèmes.
a écrit le 01/08/2019 à 10:00 :
Contrairement à ce que certains pensent, la France est le pays d'Europe où le taux de taxation des revenus du capital est le plus élevé.

Ce taux a même augmenté par rapport à 2016

C'est ce que l'on découvre dans le dernier rapport de la Commission européenne sur la fiscalité en Europe, qui vient juste d'être publié.

En France, le taux de taxation des revenus du capital était de 54,2% en 2017 contre 52% en 2016.

Il était de 26,1% en Allemagne, 28,5% en Espagne, 31% en Italie et 32,4% en Grande Bretagne.
Il était de 26,6% au Portugal, le nouveau pays modèle de l'extrême gauche.

Source
Commission européenne
Tendances de la fiscalité dans l'Union européenne
a écrit le 31/07/2019 à 17:07 :
Taux de prélèvement le plus élevé de l'OCDE.... comment voulez vous avoir de la croissance ? des passe-droits pour les grrrrrrandes entreprises, des cadeaux fiscaux à ces dernières sans compter ceux réalisés aux plus aisés via des impots à l'assiette ridiculement faible ou aux niches fiscales (la taxe sur les yachts de luxe a rapporté moins de 90000 euros, risible)
Réponse de le 01/08/2019 à 1:00 :
Et pourtant, la destruction du code du travail devait être la grande oeuvre du gouvernent, et cela devait nous apporter la prospérité. Le résultat est que ce gouvernement, malgré l'explosion du déficit, des taux d'intérêts très bas, le soutien absolu de la presse nous amène tout droit à l'état de pays sous-développé. Mais peut-il en être autrement, dans un pays qui privilégie les baisses d'impôts au remboursement de sa dette, et qui est persuadée que le latin est la langue de l'avenir ?

C'est la médiocrité en marche.
a écrit le 31/07/2019 à 14:39 :
Il faut que Lagarde nous fasse un HHQE, HouseHold Quantitative Easing, que la BCE se substitue a la menagere defaillante et achete des produits directement dans tous les pays de la zone euro et les detruire (sauf les petits dessous en dentelle rouge et noir, ça on peut y stocker) pour ne pas faire encore enfler le bilan.

Si on veut tenir l'objectif de 2% d'inflation, la BCE n'a plus le choix et intervenir directement sur le marché réel.

Operation Real Bazooka et vite, le temps presse
a écrit le 31/07/2019 à 14:23 :
Si l'on part du principe ou ceci serait mécanique, disons que l'on expliquerai l'article ainsi!
Mais la croissance étant la résultante de gain qui n'ont aucun rapport avec la consommation des ménages plutôt que du roy d'entreprise, le mythe qui fait qu'effectivement les gilets jaunes par les 10 milliards ont pu permettre au deuxième ou troisième trimestre de masquer la disparité des revenus, c'est juste que la comptabilité consistant a faire lien, n'est que la démonstration des chiffres qui si l'on prend la dette, semble tout a fait dérisoire.
a écrit le 31/07/2019 à 13:48 :
Les gens jettent trop de nourriture, maintenant ils font attention suite aux campagnes de sensibilisation, ils ont arrêté d'acheter trop pour, à la fin, jeter ce qui a trop traîné. Les ventes ont donc baissé sans que le confort des gens ne soit perturbé (il suffit de mieux s'organiser), c'est bon signe, finalement.
Réparer et non remplacer (hors appareil qui consomme trop), ça joue aussi, ne pas changer de TV tous les deux ans ça réduit les déchets pour recycler les matériaux (hors plastique, seuls les matériaux de bouteilles (PET, PE(HD), PP) sont traités, un choix français).
Ceux qui se plaignent de la TVA, c'est une ressource de l'Etat, et l'Etat c'est nous, pour redistribuer il faut collecter, si les retraités se plaignent, c'est entre autres à cause du manque de TVA des achats (les cotisations étant insuffisantes, faut trouver des sous ailleurs, et ce, sans indexer sur l'inflation, sinon le problème empire). :-) Passons à 25% comme dans les pays du nord. 20% c'est faible (19% en Allemagne mais le carburant était plus cher en juin qu'en France, bizarre).
Réponse de le 31/07/2019 à 16:18 :
Pas faux ! l'économie collaborative est peut-être en train de tuer la croissance. La population française pas riche mais éduquée s'organise pour consommer moins mais mieux : circuits courts, seconde main, achats plus réfléchis. Je pense que c'est un bien pour tous au final. Retour vers des plaisirs plus simples.

je lisais il y a quelques années un article intéressant (je ne me souviens plus la source hélas) qui disait en substance , que les solutions à la crise (de 2008) ne viendrait pas d'en haut mais de l'organisation des populations abandonnées par l'état (ils faisaient référence à la province où la désertification des services publics accélère). Et que les coopérations mises en place se diffuseraient peu à peu.
C'est est peut-être les prémices !!!
a écrit le 31/07/2019 à 13:07 :
j'achète le plus d'occasion quand j'ai besoin de quelque, je rénove aussi, c'est bien moins cher et surtout la sainte TVA le gouvernement peut ainsi s'asseoir dessus.
a écrit le 31/07/2019 à 11:25 :
Les consommateurs de la classe moyenne intermédiaire et supérieure n'ont eu aucune baisse d’impôts. Difficile de consommer plus avec une telle pression fiscale. Et il faut continuer à épargne pour payer les taxes locales qui augmentent (la taxe d'habitation n'est pas prête d'être supprimée pour nous).
a écrit le 31/07/2019 à 10:47 :
Pour que le pouvoir d'achat se traduise en croissance il manque un ingrédient, la confiance. Or ce pouvoir d'achat distribué par recours au déficit donc à l'endettement (comme à peu près toujours depuis 1981) n'inspire aucune confiance. Pour obtenir le retour de la confiance il faut réduire la dépense publique de fonctionnement (donc principalement les effectifs de la fonction publique) et la dépense sociale, et seulement après réduction des déficits diminuer les prélèvements pour rendre du pouvoir d'achat.
Réponse de le 01/08/2019 à 9:13 :
Oui voilà si les gens achètent pas c'est parce que le pays est endetté ! :D

Merci pour la crise de fou rire ! ^^
a écrit le 31/07/2019 à 10:41 :
"Les gains récents de leur pouvoir d'achat" dépassés par les hausses de toutes sortes.

Bienvenu au Bangla... heu... en UERSS, empiré prévu pour durer mille ans.
a écrit le 31/07/2019 à 10:09 :
D'accord, mais que voulez-vous donc acheter sans fin ? Nulle observation de la durabilité des biens, de l'écologie des modes de production, de l'impact des objets sur le quotidien et les relations sociales, juste une croissance des ventes.
La nouvelle analyse dite économique ressemble à une trajectoire vers un mur en réalité virtuelle agrémentée d'IA.
a écrit le 31/07/2019 à 9:46 :
de plus en plus pressés comme des citrons par une fiscalité répressive sur tout (ou presque) comment voulez vous que croissance et consommation soient au rendez vous, surtout que l'été (les vacances) sont propices aux gouvernants pour créer de nouveaux prélèvements et augmenter ceux existants…(1 er juillet , 1er aout les exemples ne manquent pas ) les promesses de réductions d'impots ? comment y croire alors que les ''dépenses'' de l'état sont en augmentation constante… les rentrées surévaluées ne sont pas au rendez vous…. donc méfiance … la rentrée va être chaude….
a écrit le 31/07/2019 à 6:39 :
Avoir ponctionnė les retraités avec 1,7% De CSG en plus (non restitués à tous), devant l'injustice de la suppression de la taxe d'habitation, gouvernement sans prenant toujours à la classe moyenne (œuvres d'art toujours exonérées de taxe M Fabius). Ces retraités aujourd'hui serrent les cordons de leur porte monnaie . Informent les jeunes , autour d'eux, des dangers des hommes politiques, capables de tout, en mettant dos à dos une jeune génération contre ces nantis d'anciens pleins d'argent, sans reconnaître leur parcours professionnel, pendant des années et cela sans tous les nformer de tous les avantages sociaux distribuaient tous les jours (RSA - CMU - chèques énergies et je vous en passe des plus belles!) 5 semaines de congés par an, 35 heures par semaine de travail, Rtt, congés paternité etc...

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