Jeudi 13 mars, syndicats et patronat se retrouveront pour une troisième séance sur la réforme des retraites. Alors que d’aucuns estiment que les débats autour de l’âge deviendront vite secondaires si la France bascule dans une économie de guerre, les syndicats appellent à séparer les dossiers.Pas question de demander des efforts aux actifs pour financer les dépenses d'armement. C'est le mot d'ordre derrière lequel se rangent les syndicats, qui chaque jeudi se retrouvent avec le patronat dans le cadre du conclave, demandé par François Bayrou, pour évoquer le financement de nos régimes de retraite. Toutes les centrales espèrent aménager la réforme des retraites de 2023, y compris en revenant sur l'âge de départ à 64 ans.
Reste que la déclaration de Gilbert Cette, le président du Conseil d'orientation des retraites, dans la revue Telos a mis le feu aux poudres. L'économiste estime ainsi que « l'entrée progressive, plus ou moins explicite, dans une économie de guerre rendra secondaires sinon dérisoires les débats actuels sur l'âge légal de départ à retraite à 64 ans ». Ces propos ont fait l'effet, pour les syndicats, d'une déclaration de guerre.
L'impôt, ciment de la cohésion sociale
Ce lundi, la leader de la CFDT Marylise Léon a ainsi estimé, sur RTL, qu'un effort pour le réarmement militaire de la France ne serait « pas possible sans hausse d'impôts ». La numéro un du syndicat réformiste, qui a réitéré son appel à l'organisation d'une conférence des finances publiques, a ainsi résumé : « On ne va pas choisir entre le canon et les allocations ». Et d'ajouter : « Le ciment de la cohésion sociale, c'est l'impôt et donc ça doit être non pas "qui contribue", mais "qui peut contribuer" et qui a les moyens de le faire. »
La CFTC ne dit pas autre chose. Ainsi, Cyril Chabanier, le numéro un du syndicat expliquait ce lundi, sur Franceinfo : « Dès qu'on parle d'effort de guerre, la première idée qui vient, c'est d'augmenter l'âge légal, alors qu'il y a plein d'autres moyens pour financer cet effort de guerre. Quid de l'effort de l'État dans une meilleure gestion de ses finances publiques ? Quid de l'effort des entreprises ? On stigmatise encore une catégorie, les actifs, et on veut demander un effort simplement à une seule catégorie. C'est ça qui est difficilement acceptable. »