Emmanuel Macron a déclaré qu’il « n’excluait pas » de « faire appel à la nation » pour « financer certains programmes » de défense. L’économiste et directeur du Cercle de l’épargne, Philippe Crevel, passe en revue pour La Tribune les différentes formes que pourrait prendre une telle mesure.« Lancer des produits d'épargne » pour « financer certains programmes » de défense. C'est l'idée évoquée par Emmanuel Macron lors d'un échange sur les réseaux sociaux avec des internautes, jeudi 20 février. Le président français « n'exclut pas » de « faire appel à la nation » face à la guerre en Ukraine, a-t-il déclaré.
« On rentre dans une époque où chacun d'entre nous doit se demander ce qu'il peut faire pour la nation française et la République » et, en ce sens, un tel produit d'épargne serait « une très bonne idée », a insisté le chef de l'État. Cette mesure pourrait prendre plusieurs formes, selon l'économiste Philippe Crevel.
« Ce qui a été avancé à plusieurs reprises, c'est de flécher le livret A » vers la défense, indique le directeur du Cercle de l'épargne. En 2023, le Conseil constitutionnel avait censuré à deux reprises l'affectation de l'épargne réglementée (Livret A, Livret de développement durable et solidaire aux entreprises — LDDS) au financement de l'industrie de défense, estimant n'avait pas sa place dans une loi de finances.
En mars 2024, le Sénat avait de nouveau voté pour flécher une partie de l'épargne du Livret A et du LDDS vers l'industrie de la défense, mais cette proposition de loi n'avait pas été examinée à l'Assemblée nationale avant la dissolution.
« C'est une option qui ne fait pas forcément plaisir à Bercy dans le sens où le ministère a peur que l'on coupe en lamelles le Livret A en fonction d'objectifs divers et variés », affirme Philippe Crevel. Et pour cause, près de 60 % des fonds du Livret A et du LDSS sont déjà dédiés au logement social, le reste — l'épargne non centralisée — étant consacré aux PME, à la transition énergétique ou encore à l'économie sociale et solidaire.