Erigée en "grande cause nationale" du quinquennat Macron, l'égalité professionnelle est encore très loin d'être achevée. Dans les comités de direction et des ETI, les femmes continuent d'être sous-représentées. Malgré des avancées soulignées par les associations, les écarts de salaires à poste égal et travail égal demeurent criants entre les hommes et les femmes.A son arrivée à l'Elysée en 2017, Emmanuel Macron avait érigé l'égalité entre les hommes et les femmes en "grande cause" du quinquennat. Le chef de l'Etat a défendu le principe d'une plus grand parité dans les sphères politique et économique tout au long de son mandat. "Nous avons depuis 4 ans fait de ce sujet de l'égalité femmes-hommes le cœur, la grande cause nationale" avait déclaré le candidat à la présidentielle lors d'un discours au Caroussel du Louvre à l'occasion du forum Génération égalité en juin 2021.
Cinq après son entrée à l'Elysée, la parité est loin d'être achevée. Beaucoup d'observateurs, de chercheurs, d'associations et syndicats pointent encore de larges insuffisances dans le monde professionnel et politique.
Dans un récent rapport, plusieurs association (Oxfam France, Equipop, et CARE France) dressent un bilan relativement sévère des mesures de l'exécutif. "Le bilan global du quinquennat est insuffisant pour un président qui se déclarait "candidat féministe" en 2017 [...] La "grande cause nationale" de l'égalité femmes-hommes de ce quinquennat peut se résumer en quelques mots : un décalage entre les ambitions affichées et les moyens et mesures prises" souligne Ludovica Anedda, chargée de plaidoyer pour l'égalité de genre de CARE France. A l'occasion de la journée internationale du droit des femmes, La Tribune passe au crible les avancées et les impasses du quinquennat Macron en matière d'égalité professionnelle.
Des progrès à accomplir dans les comités de direction
Plus de dix ans après la loi Coppé-Zimmerman fêtée en grande pompe à Bercy il y a quelques mois, certains objectifs sont atteints, voire même dépassés. Selon un bilan établi par la délégation des droits des femmes du Sénat, la féminisation des conseils d'administration des grandes entreprises cotées du SBF 120 a fait des progrès. La loi imposait un quota de 40% de femmes dans les instances dirigeantes des entreprises qui réalisait plus de 50 millions de chiffre d'affaires. Ce ratio atteint désormais 46%. Il s'agit "d'un record dans le monde" selon le document parlementaire.