Emmaüs se lance dans la vente en ligne

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Le nouveau site devrait être un relai de croissance pour les boutiques Emmaüs déjà présentes sur tout le territoire
Le nouveau site devrait être un relai de croissance pour les boutiques Emmaüs déjà présentes sur tout le territoire (Crédits : Frédéric Béatse/Flickr)
L'organisation de solidarité fondée par l'Abbé Pierre lance une plateforme nationale de vente en ligne à quelques semaines des vacances de Noël. Alors que les Français sont de plus en plus adeptes du e-commerce, Emmaüs cherche à conquérir une clientèle plus jeune.

Emmaüs a lancé son site de vente en ligne label-emmaus ce jeudi 8 décembre. D'après le communiqué, le site est pour l'instant une version pilote qui regroupe une vingtaine de structures Emmaüs. D'autres antennes devraient rejoindre la plateforme dans les mois à venir. Actuellement, la nouvelle structure propose une sélection de près de 3.000 d'objets qui devrait s'enrichir dans les prochaines semaines.

>> Lire aussi : Emmaüs Connect aux avant-postes de la lutte contre l'exclusion numérique

Un relais de croissance

A l'heure qu'il est, 23 communautés et organisation d'insertion possédant 60 points de vente ont rejoint le projet. En France, le mouvement compte 350 boutiques en tout. Pour l'association, "l'ambition du site est d'être un relais de croissance pour le réseau des bric-à-brac et boutiques solidaires Emmaüs en France, en apportant de la visibilité aux communautés isolées, en mettant en valeur certains objets et en offrant de nouveaux services aux acheteurs." Au moment du lancement, des vêtements, des objets de décoration, des bibelots anciens ou des smartphones reconditionnés étaient en vente sur la nouvelle plateforme.

Un outil d'insertion

Souvent critiqués pour leur manque d'humanisme, les sites traditionnels proposent une logique commerciale classique et souffrent parfois d'une image décriée. A l'inverse, Emmaüs rappelle que chaque achat effectué sur Label Emmaüs permet de développer de nouvelles compétences pour les personnes en insertion et les compagnons sur le numérique entre autres. Cela permettrait notamment de créer des emplois dans le commerce en ligne pour des personnes en situation d'exclusion. Au micro de RTL, le président de Emmaüs France Thierry Kuhn a expliqué que "nous sommes aujourd'hui un contre-modèle dans la vie réelle : une autre économie, plus sociale et plus solidaire. On essaie de replacer l'humain au centre, comme on le fait depuis soixante-dix ans". Les modalités de fonctionnement vont également à l'encontre des grands revendeurs :

"Contrairement aux pratiques des plus grosses places de marché, sur Label Emmaüs, il n'y a pas de concurrence interne entre les vendeurs. La relation entre la structure centralisée et les vendeurs n'est pas limitée à la commission sur vente, elle est vivante et directe au sein de la coopérative -dont les vendeurs sont sociétaires. Les décisions stratégiques y sont prises collégialement avec l'ensemble des parties prenantes et dans le respect d'une charte interne fidèle aux valeurs d'Emmaüs."

Label-Emmaüs est également régi par une charte d'engagements précis qui développe une série de points relatif à son fonctionnement :

  • La prise de décision est coopérative : elle implique les différentes parties prenantes du projet;
  • Le modèle économique est non-capitalistique : la finalité n'est pas la maximisation du profit;
  • Label Emmaüs permet de mutualiser des moyens, dans le respect de l'autonomie des vendeurs, de leur réalité locale et de leurs besoins.

Des offres de partenariat rejetées

D'après la radio précitée, Emmaüs a rejeté des offres de partenariat de la part de Cdiscount, Priceminister et Amazon. La responsable du projet Maud Sarda expliquait également qu'ils avaient refusé des propositions du Bon Coin pour héberger leurs services à la revue WeDemain. Ces rejets pourraient représenter un risque pour l'association qui se lance seule. Mais dans le même temps, elle évite certaines critiques qui auraient pu émaner des clients notamment. Maud Sarda avait également déclaré que :

"On ne souhaitait pas s'associer à un grand groupe car ça aurait été mal vu par les membres de notre communauté. Et puis on avait les ressources en interne. Beaucoup de compagnons ont de solides connaissances en informatique, vous savez."

Avec cette plateforme, Emmaüs espère que cette initiative permette à d'autres générations de découvrir Emmaüs et de les faire venir sur les points de vente. La plateforme a également investi les réseaux sociaux pour promouvoir entre autres ces produits.

Un investissement de 500.000 euros

Selon des propos rapportés de Thierry Kuhn dans le Parisien, 500.000 euros ont été investis dans le Label Emmaüs par des sociétaires, des groupes Emmaüs et des fondations. L'objectif d'ici quelques années serait que ces ventes en ligne réalisent 10% du chiffre d'affaires global en comptant les ventes réalisées dans les points de vente physiques.

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Commentaires
a écrit le 13/12/2016 à 10:24 :
BONNE IDEE CELA FAIS LOMGTEMP QUE CES DIFRENTS ORGANISMES DE RECUPERATION FONT DU BON TRAVAIL? NONBREUX SONT CEUX QUI ACHETENT DES PRODUITS CHEZ EUX J EN SUIS UN FERVENT ADEPTE DEPUIS DES ANNEES. CAR MA PETITE RETRAITE NE ME PERMET PLUS D ACHETE DU NEUF? ET CELA AIDE BEAUCOUP L INSERTION? SI ON FAISAIT PAREILLE POUR LES INVENDUES EN DENREES ALIMENTAIRE CE SERAIS BIEN AUSSI.? CAR LES PAUVRES ONT LEURS DIGNITE QUAND IL PAYE AU JUSTE PRIX???

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