Emploi : les intérimaires plus exposés aux risques physiques

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20 % des intérimaires subissent un bruit d’au moins 85 dB plus de 20 heures
par semaine, contre 15 % pour l’ensemble des ouvriers souligne l'étude.
20 % des intérimaires subissent un bruit d’au moins 85 dB plus de 20 heures par semaine, contre 15 % pour l’ensemble des ouvriers souligne l'étude. (Crédits : Reuters)
Les ouvriers intérimaires sont "très fortement exposés à des contraintes physiques" dans leur travail, et en particulier sujets à la manipulation de charges lourdes, au bruit et au travail répétitif, selon une étude du service des statistiques du ministère du Travail (Dares).

Les conditions de travail sont loin d'être les mêmes pour tous les ouvriers. Selon une récente étude du ministère du Travail (*), les intérimaires sont bien plus exposés aux risques physiques que les autres ouvriers. Alors que le travail temporaire a pris de l'ampleur sur le marché du travail, l'exposition des intérimaires à de tels risques pose la question de la pénibilité de certaines missions. Les offres d'emploi proposées sont parfois associées à une précarisation du travail et une plus grande flexibilité.

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Lire aussi : Emploi : l'intérim est en plein boom

Plus de contraintes physiques

Pour réaliser son étude, le services de statistiques du ministère du Travail s'est concentré sur les ouvriers qui représentent la grande majorité des personnes en intérim. D'après les résultats obtenus, les ouvriers en mission temporaire "sont très fortement exposés à des contraintes physiques dans leur travail. Ils sont 22% à manipuler des charges lourdes plus de 20 heures par semaine contre 12% pour l'ensemble des ouvriers."

Cependant, les auteurs expliquent que ces divergences reposent avant tout sur les caractéristiques des métiers par les intérimaires et non par leur statut. La plupart des contraintes physiques comme le bruit ou la position debout au delà d'un certain temps se retrouvent dans les secteurs de la construction ou de la logistique, des secteurs où l'on retrouve beaucoup de travailleurs intérimaires.

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[Lecture : 20% des ouvriers intérimaires sont exposés à un bruit supérieur ou égal à 80 dB plus de 20 heures par semaine, contre 14% pour l'ensemble des ouvriers.]

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Les ouvriers intérimaires, qui représentent 70% de l'ensemble des travailleurs intérimaires en France selon la Dares, sont 20% à subir un bruit d'au moins 85 décibels contre 15% pour l'ensemble. Par ailleurs, l'étude souligne que 29% des ouvriers intérimaires exercent un travail répétitif plus de 10 heures, contre 21% pour l'ensemble.

Des intérimaires sous pression

L'autre enseignement important de l'étude est que les ouvriers en contrat de travail temporaire sont plus souvent soumis à "des rythmes de travail plus contraints." Les experts expliquent que les ouvriers intérimaires déclarent deux fois plus souvent que l'ensemble des ouvriers que "leur rythme de travail est déterminé par le déplacement automatique d'un produit ou par la cadence automatique d'une machine."

Ces travailleurs sont également contraints par des délais très serrés à respecter en moins d'une heure "ou à un contrôle permanent de la hiérarchie" mais cela tient à la nature des métiers exercés et non à leur statut.

"Le rythme de travail des intérimaires apparaît plus contraint, puisque 51% d'entre eux sont soumis à au moins trois contraintes de rythme contre 42% pour l'ensemble des ouvriers, quoique cet écart ne soit pas significatif à métiers constants", informe l'enquête.

La médecine du travail moins renseignée

Bien que les ouvriers en intérim soient plus exposés que les autres, il se pourrait que le phénomène soit sous-estimé. Ainsi, concernant l'exposition à des produits cancérogènes, les médecins affirment avoir une moins bonne connaissance que pour les autres salariés.

"Ils déclarent ne pas pouvoir renseigner la durée de l'exposition à un cancérogène pour 7% des intérimaires (contre 3% pour l'ensemble des ouvriers). De même, l'intensité de l'exposition est non renseignée pour 23% des intérimaires (contre 18% pour l'ensemble des ouvriers), et l'information sur les protections collectives est absente pour 43% des intérimaires (contre 25%)."

Ce déficit de connaissances s'explique avant tout par le fait que les intérimaires demeurent moins de temps sur leur poste de travail. Ce qui accroît les difficultés pour avoir une connaissance plus fine de la situation des travailleurs par les professionnels de santé.

(*) Cette étude s'appuie sur l'enquête Sumer 2010 et l'enquête Conditions de travail 2013.

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Commentaires
a écrit le 16/10/2018 à 12:23 :
les travailleurs intérimaires sont en effet plus exposés aux risques d'accidents du travail et de maladies professionnelles du fait de la précarité de cette main d’œuvre, leur manque d’information, de formation et de connaissance des lieux et des procédés qui augmentent ainsi leur vulnérabilité : de meilleures mesures de prévention sont nécessaires : http://www.officiel-prevention.com/formation/fiches-metier/detail_dossier_CHSCT.php?rub=89&ssrub=206&dossid=488
a écrit le 15/10/2018 à 14:01 :
Le sale boulot est réalisé par les intérimaires JAMAIS par les CDI de l'entreprise utilisatrice.
a écrit le 11/10/2018 à 11:10 :
Ça parait logique puisque les gars changent régulièrement de lieux de travail se retrouvant obligés à chaque fois de devoir s'habituer à un nouvel environnement.

Les aides à domicile sont également très exposées et pour les mêmes raisons sauf qu'elles en plus se retrouvent dans des lieux privés sans aucune contrainte de sécurité règlementaire...

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