Pour la première fois depuis 2014, l'intérim recule

 |   |  748  mots
À l'échelle européenne, la France avec le Royaume-Uni est le pays qui connaît le plus faible taux de croissance de l'emploi entre le premier et le second trimestre (0,1%).
À l'échelle européenne, la France avec le Royaume-Uni est le pays qui connaît le plus faible taux de croissance de l'emploi entre le premier et le second trimestre (0,1%). (Crédits : REUTERS/Fabian Bimmer)
L'emploi intérimaire a accusé sa première baisse depuis l'été 2014 avec 2.900 postes en moins entre avril et juin. Si cette baisse reste modeste, elle confirme le ralentissement de l'économie française au cours du premier semestre 2018.

Le marché du travail s'essouffle. Lors des rencontres de Grenelle organisées mardi 11 septembre au ministère du Travail, Muriel Pénicaud a rappelé que l'emploi salarié avait stagné au cours du deuxième trimestre après une hausse de 0,2% sur les trois premiers mois de l'année. Selon les chiffres publiés par l'Insee le jour même, 12.500 postes ont été crées (soit une croissance de 0,05%) après une progression de 47.500 postes au premier trimestre. Sur un an, l'emploi salarié décélère à 0,8% en glissement annuel (soit 207.600 postes), après 1,2% au trimestre précédent.

À l'échelle européenne, la France avec le Royaume-Uni est le pays qui connaît le plus faible taux de croissance de l'emploi entre le premier et le second trimestre (0,1%) avec une dynamique bien inférieure à la moyenne de l'Union européenne (0,4%) selon les derniers chiffres communiqués par Eurostat ce mardi 11 septembre.

Lire aussi : En France, l'emploi salarié ralentit à nouveau au deuxième trimestre

L'intérim recule pour la première fois depuis quatre ans

L'évolution du travail temporaire est régulièrement observé par les économistes pour appréhender les perspectives du marché du travail. D'après les derniers chiffres du ministère du Travail, le nombre d'intérimaires est passé de 813.911 à la fin du premier trimestre à 810.998 à la fin du second trimestre. Pour la première fois depuis l'été 2014, le travail intérimaire a reculé de 0,4% après une hausse de 0,3% au trimestre précédent.

Sur un an, il reste en forte hausse (49.500 postes, soit +6,5%). Cette évolution, si elle est loin d'être une tendance, marque tout de même une rupture au regard des dynamiques observées lors des trimestres précédents.

Lire aussi : Emploi : l'intérim est en plein boom

--

--

Dans le détail, la baisse est plus prononcée entre avril et mai passant de 818.357 à 812.434. Et selon le chiffre provisoire de juillet, les effectifs intérimaires baisseraient de 30.000. Selon le dernier baromètre Prism'emploi publié le 4 septembre dernier, si le BTP (7,2%), les services (6,7%) et les transports (1%) restent bien orientés, les secteurs de l'industrie et du commerce sont en baisse avec respectivement -2,8% et -2,9% au cours du mois de juillet.

Par catégorie, l'emploi intérimaire progresse chez les cadres et les professions intermédiaires (3,3%), les employés (2,6%) et les ouvriers qualifiés (+0,3%). En revanche, les effectifs reculent chez les ouvriers non qualifiés (-1,6%).

Enfin sur le plan géographique, les régions qui présentent les dynamiques les plus importantes sont Auvergne-Rhône-Alpes et les Pays de la Loire (3,3% chacune). À l'inverse, les régions Bretagne (-5,3%), Normandie (-2,8%) et Bourgogne-Franche-Comté connaissent une diminution de leurs emplois temporaires.

Un rebond espéré

Tous ces résultats confirment le ralentissement de l'économie tricolore au cours du premier semestre. Le gouvernement a ainsi révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour 2018. L'exécutif table désormais sur une hausse de 1,7% du PIB.

"Oui, il a des signaux de ralentissement mais la situation du marché du travail reste bien orientée. Comparé à cinq ou dix ans, on est quand même dans une dynamique de création d'emplois", a déclaré mardi la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

Elle évoque les créations d'entreprises, en hausse de 3,8% au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent et à la baisse de 0,2 points du taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) sur la même période. La ministre note "un ralentissement mais pas de retournement.[...] Il y a des incertitudes à différents niveaux telles que la montée des prix du pétrole, la montée du protectionnisme et le ralentissement chez les voisins européens."

Selon la note de conjoncture de l'Insee publiée en juin, le pouvoir d'achat devrait à nouveau stimuler la croissance en fin d'année sous l'effet de la réduction de la taxe d'habitation et de la baisse du taux de cotisation sociale. Après avoir freiné leurs dépenses de consommation au cours des six premiers mois de l'année en raison d'une hausse de la fiscalité sur le tabac et des prix du carburant entre autres, les économistes de l'Insee prévoient un rebond de la consommation.

Pour le président délégué du conseil d'analyse économique Philippe Martin présent au rendez-vous de Grenelle, "si le ralentissement se poursuit pendant les deux derniers trimestres, cela pourrait être un signe d'inquiétude."

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 13/09/2018 à 10:11 :
constat local, activité de chambre d hôtes a côté de Chenonceau.....
sur juillet/août, - 30%....septembre s annoncerait plutôt a - 50.....
a écrit le 13/09/2018 à 10:09 :
le poids relatif de la dette, je veux dire les intérêts, a diminuer sous l ère hollande
Réponse de le 13/09/2018 à 11:06 :
merci les taux d'intérêt ultra bas voire négatifs. Ca permet de s'endetter encore et toujours plus de façon "indolore"... jusqu'à ce que les taux finissent par remonter.
a écrit le 13/09/2018 à 4:36 :
"Mieux qu'il y a trois ou quatre ans...." Sacree penicault.
Cette equipe a les bras casses, mais pas la langue.....de bois.
Réponse de le 13/09/2018 à 7:33 :
Bras cassés, je ne sais pas. Mais, pas plus que les précédentes, dotée de la baguette magique qui permettrait, sans douleur, de se débarrasser des conséquences des choix désastreux des 35 dernières années (35 heures, déficits chroniques, sphère publique hypertrophiée,...).
a écrit le 12/09/2018 à 23:18 :
C'est normal Mr macron valorise l'auto-entreprenariat (bête de somme payée au lance pierre).
a écrit le 12/09/2018 à 21:56 :
Se consoler en se disant que ça ne va pas plus mal qu'au Royaume-Uni (qui est empêtré dans son brexit dont il n'arrive même pas à définir les contours à un point tel que la sortie sans accord devient chaque jour un peu plus probable) c'est vraiment chercher à se rassurer à bon compte. La vérité, c'est que l'explosion des taxes sur les carburants et le gaz ont plombé le petit souffle de croissance qui était revenu en France. L'annulation des hausses de taxes des quinquennats Hollande et Macron serait sans doute de nature à relancer la croissance.
a écrit le 12/09/2018 à 14:48 :
Avec Macron, on devait avoir le retour de la confiance donc des emplois, du pouvoir achat car ce nul de FH avait tout plombé et,et..... C'est tout le contraire, en quelques mois Macron a plombé la croissance en plombant la consommation, l'investissement etc...
Moralité rendez-nous FH !!! mdr
Réponse de le 12/09/2018 à 15:11 :
Est-ce de la provoc … ou de l'idolâtrie inventive pour Normal 1er ..? pourtant l'ardoise du même boulet Normal 1er ,d'environ 2300 Milliards d'Euros pour la partie visible ….plombe largement les actions de de ce gouvernement depuis 13 mois environ…...
Réponse de le 13/09/2018 à 11:04 :
Macron a maintenu voire aggravé les mauvaises décisions prises sous le quinquennat Hollande (contribution climat énergie, hausse faramineuse de la fiscalité du gazole, fermeture de Fessenheim, prélèvement à la source...). Comment peut-on croire qu'il obtienne des résultats fondamentalement différents ? Et l'arrêt de NDDL montre qu'il est au moins aussi lâche que son prédécesseur.
Réponse de le 14/09/2018 à 17:29 :
n'importe quoi comme si l'effet donald trump était bénéfique à la croissance mondiale et française, le pb trump est un des éléments principaux de la décroissance. tant que vous ne verrez les pb que par des biais politique, rien ne pourra être fait et nous n'aurons pas de futur !
a écrit le 12/09/2018 à 12:53 :
la production industrielle a baissé en Europe en juin et juillet (Eurostat), notamment en Allemagne. l'économie du continent semble ralentir. la production industrielle a cependant augmenté en France en juin et juillet. et sur 1 an, la France fait mieux que la moyenne européenne et mieux que Allemagne, Irlande, Espagne, Italie, Portugal, Pays-Bas, Suède ou UK.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :