Étude : les grands groupes français restent très loin de la diversité
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Le constat est sans appel. La moitié des 120 plus grandes sociétés cotées à la Bourse de Paris n'ont aucune diversité ethnique dans leurs instances dirigeantes, selon une étude de deux cabinets spécialisés dans le recrutement et les discriminations au travail dont les résultats ont été publiés vendredi, à trois jours du sommet de l'inclusion économique à Bercy.
Les analystes ont examiné, en s'appuyant sur les recommandations de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), les comités exécutifs et conseils d'administration des sociétés cotées au SBF120 au 1er novembre, au prisme notamment de la couleur de peau, du nom de famille et de la nationalité d'un total de 3.159 membres. Deux critères ont été déterminés : une mesure de « diversité visible » en comptant les personnes perçues comme « non-blanches », et un taux de patronymes à « consonance extra-européenne » telles qu'arabe, africaine, asiatique, ou indo-pakistanaise.
L'étude souligne qu'une entreprise analysée sur deux a des instances dirigeantes intégralement blanches, et dont tous les membres ont des noms et prénoms à consonance européenne.
« Il y a des mécanismes systémiques qui font qu'on ne part pas tous avec la même chance et qu'on passe à côté de gens motivés, qui ont le talent, la compétence et qui se retrouvent confrontés à des plafonds de verre », dénonce Inès Dauvergne, PDG de Me&YouToo.
Quelque 6,5% des profils passés en revue sont « ethniquement divers » dans les comités exécutifs, et 6,8% dans les conseils d'administration, en augmentation respectivement de 0,5 point de pourcentage et 0,6 point par rapport à 2022, année de parution de la première édition du rapport.
La composition du SBF120 a marginalement changé dans le même temps, avec une quinzaine d'entreprises remplacées.
A noter que les statistiques ethniques sont, de façon générale, extrêmement encadrées et très rares en France, ce qui complique la mise en perspective des chiffres.
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Pour sortir du « tabou », Mme Dauvergne préconise d'« obliger les entreprises à une certaine transparence », afin de « valoriser les bons élèves », et faire en sorte que celles « qui ne font rien se sentent mal à l'aise par rapport à leurs futurs candidats, à leurs salariés, à leurs donneurs d'ordres ».
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(Avec AFP)
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