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Européennes : « seule solution », « prise de risque »... Les réactions politiques après la dissolution annoncée par Emmanuel Macron

latribune.fr

Publié le 09 juin 2024 à 21:09 - Mis à jour le 10 juin 2024 à 04:00

Emmanuel Macron a convoqué des élections législatives les 30 juin et 7 juillet après la victoire écrasante de l'extrême droite aux élections européennes.

Emmanuel Macron a convoqué des élections législatives les 30 juin et 7 juillet après la victoire écrasante de l'extrême droite aux élections européennes.

Sarah Meyssonnier

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Emmanuel Macron a annoncé dimanche la dissolution de l'Assemblée nationale, un coup de tonnerre politique et un pari ultra risqué dans son deuxième quinquennat, après l'écrasante défaite face au Rassemblement national de Jordan Bardella, large vainqueur des élections européennes en France.

Le monde politique est en ébullition après l'annonce de dissolution de l'Assemblée nationale par Emmanuel Macron ce dimanche soir. Le président de la République a convoqué des élections législatives les 30 juin et 7 juillet après la victoire écrasante de l'extrême droite aux élections européennes. Le Rassemblement national est, en effet, arrivé largement en tête avec 32% des voix, seize points devant Renaissance (15,4%).

« C'est une situation à laquelle je ne peux me résoudre », a justifié Emmanuel Macron dont l'entourage a assuré : « On ne se trompe jamais en donnant la parole au peuple »

De son côté, Marine Le Pen a affirmé, peu de temps après la prise de parole du chef de l'Etat, que le Rassemblement national est « prêt à exercer le pouvoir si les Français nous font confiance lors de ces futures élections législatives. Nous sommes prêts à redresser le pays, prêts à défendre les intérêts des Français, prêts à mettre fin à cette immigration de masse, prêts à faire du pouvoir d'achat des Français une priorité, prêts à entamer la réindustrialisation du pays », a martelé la responsable d'extrême droite. Le RN « se battra » pour que Jordan Bardella « arrive à Matignon », a confirmé Louis Aliot.

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Une courte majorité de Français favorable à la dissolution

Bardella pointe le « désaveu cinglant » du camp présidentiel

La tête de liste RN aux élections européennes, Jordan Bardella a, d'ailleurs, été le premier à prendre la parole à l'annonce des résultats à 20 heures. Il a demandé « solennellement » à Emmanuel Macron « d'organiser de nouvelles élections législatives », après le « désaveu cinglant » subi par le camp présidentiel. « Nous accueillons ce résultat avec humilité, avec gravité et avec un esprit empreint d'une très haute responsabilité », a déclaré Jordan Bardella.

Selon lui, en donnant plus de 30% des voix au parti de Marine Le Pen, les Français « ont plébiscité la reprise en main de notre politique migratoire, le retour de l'autorité de l'Etat (...), la préservation de leur pouvoir d'achat, la défense de nos emplois, de nos industries et de nos agriculteurs face à la concurrence déloyale ». « Ces priorités sont celles que porteront les députés européens » du RN, a encore affirmé Jordan Bardella, tout en estimant que les électeurs avaient confié à son parti « l'éminente responsabilité de préparer l'alternance ».

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« Seule solution » pour Eric Ciotti

Du côté des Républicains, la décision d'Emmanuel Macron a été accueillie favorablement. C'était « la seule solution » après les résultats des élections européennes dimanche, a ainsi affirmé Eric Ciotti. Le patron du parti a précisé que LR, arrivé dimanche en cinquième position avec environ 7% des voix, irait seul sous ses « couleurs » aux législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet, « sans aucune forme de coalition, de coopération, de collaboration avec ce pouvoir qui a tant abimé la France ».

François Bayrou, le président du Modem, a, lui, salué une « prise de risque » d'Emmanuel Macron qui a pris la « décision courageuse » de dissoudre l'Assemblée nationale pour « sortir le pays du marasme ».

«Le président de la République prend ses responsabilités. Ça n'arrive pas souvent dans l'histoire de notre pays. Il prend ses responsabilités et il dit aux Français : je vous donne le choix pour l'avenir», a estimé le chef de l'un des partis de la majorité.

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Vers une rassemblement de la gauche ?

À gauche, La France insoumise n'a pas manqué, elle non plus, de réagir assurant ne « pas craindre le peuple », a déclaré Jean-Luc Mélenchon. « Puisqu'il y a une élection, (c'est l'occasion) de réaffirmer très haut et très fort, que quand on est insoumis et insoumises, on ne craint pas le peuple. C'est le contraire », a déclaré celui qui s'exprimait devant des militants au QG de LFI à Paris.

« Cette dissolution exigée par Jordan Bardella restera une tache » sur la présidence Macron, a de son côté déclaré Raphaël Glucksmann, la tête de la liste PS-Place publique arrivée en troisième position aux élections européennes. Raphaël Glucksmann, sa tête de liste s'est dit dimanche « fier » de sa troisième place aux élections européennes, sans avoir « l'âme à la fête » du fait du score des listes d'extrême droite. « Aujourd'hui, l'extrême droite représente 40% en France », a-t-il déclaré devant ses partisans, évoquant « une vague qui ébranle profondément nos démocraties ». « Nous leur tiendrons tête en Europe », a-t-il martelé dans son discours à son QG de campagne à Paris.

Le président Emmanuel Macron, « élu à deux reprises pour faire barrage à l'extrême droite », est désormais « disqualifié », a ajouté le Premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure dimanche sur TF1. « Ça n'est jamais arrivé qu'un parti au pouvoir fasse moins de la moitié que son principal concurrent et en l'occurrence, l'extrême droite. »

Quant à un possible rassemblement, le premier secrétaire du PS Olivier Faure a invité la gauche à travailler à un « rassemblement utile ». « Il y a un rapport de forces ce soir qui a évolué » entre les partis de gauche après les européennes, a souligné le député socialiste. Il a appelé « chacun à réfléchir aux meilleures conditions pour un rassemblement qui permette d'avoir un projet, qui permette d'être entendu par les Français ».

La tête de liste des Ecologistes aux européennes Marie Toussaint a, elle aussi, indiqué que des « discussions [viendront] très certainement dans les heures qui viennent » entre les partis de gauche. « On a une coalition des gauches et des écologistes qui existe aujourd'hui et qui, je le crois, si elle sait se reprendre, est en capacité de mener cette bataille » des législatives, a ajouté Marie Toussaint.

LFI dénonce la « déroute cinglante du macronisme »

Manon Aubry, a estimé que le « score historiquement faible » de la liste de la majorité était « d'abord la défaite et la déroute cinglante du macronisme ». « Il doit renoncer à la réforme de l'assurance chômage, aux coupes budgétaires dans les service publiques et reconnaître l'Etat de Palestine », a-t-elle énuméré. Et d'insister : « le pays veut tourner la page ». Concernant la première place occupée par le RN, le parti a « été installé comme opposition favorite par le pouvoir en place », a dénoncé Manon Aubry, accusant ce dernier « de reprendre des éléments de programme de la liste de Jordan Bardella ».

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Marie Toussaint a quant à elle déploré une « défaite sèche, amère » pour une « écologie en berne » lors des élections européennes qui ouvre, selon elle, « la porte à tous les risques ». « Face à la guerre menée à l'écologie, nous avons tenu bon, mais nous reculons et nous reculons nettement », a admis la candidate écologiste, expliquant avoir sous-estimé « la force des lobbies et la bataille culturelle qui est menée en permanence contre nous et contre le vivant ».

(Avec AFP)

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